Yohann Duclos a fondé la société Odbi, spécialisée dans le coaching, le développement personnel et la formation. Formé à plusieurs outils, modèles, disciplines et méthodes d’accompagnement, il publie sur son blog generationcoaching.fr et partage des propositions, des inspirations, des techniques, des concepts et études de cas pour aider les coachs en devenir à se professionnaliser, et les coachs experts à superviser leur pratique. Créateur du certificat de professionnalisation au coaching « devenir coach », il revient pour Business Actor sur le métier de coach, le coaching en France…

Yoann Forgeneuf : Bonjour Yohann, pouvez vous nous présenter ODBI en quelques mots ? (année de création, structure, prestations…)

Yohann Duclos : J’ai créé ODBI en 2006 et après quelques ajustements sur son positionnement, ODBI (prononcez haut-débit), est aujourd’hui une organisation qui exerce son activité dans 3 secteurs de vie : le sport, le business et la vie personnelle. Centrées sur le développement du bien-être, l’accélération de la performance et l’activation des potentiels humains, nos prestations de services s’appuient sur plusieurs leviers d’accompagnement tels que :

  • La formation
  • Le  training
  • Le coaching
  • Le consulting
  • L’assessment

Et d’autres solutions, produits et services…

ODBI concentre  les professionnels des métiers de l’accompagnement qui, chacun dans son domaine de compétences, est accélérateur de développement, d’épanouissement et de performance. Notre philosophie d’intervention est la suivante :

Quel que soit le contexte… Quelles que soient les méthodes… Quels que soient les moyens… C’est toujours l’Homme qui fait la différence !

Gratuitement, nous vous proposons, en vous inscrivant aux clubs business, sport ou life, à travers des témoignages motivants et des textes d’inspirations, comment fédérer vos collaborateurs, développer des relations professionnelles privilégiées, transformer des problèmes en opportunités, atteindre la performance durable et révéler votre plein potentiel.


Yoann Forgeneuf : Selon vous, quel est le rôle du coach professionnel en entreprise ?

Yohann Duclos : Un coach peut endosser plusieurs rôles lorsqu’il est mandaté par une entreprise. Mais si on reste dans le coaching tel que je le pratique, il va permettre à une gouvernance, à un chef d’entreprise, à un manager, de prendre du recul dans les décisions à prendre, de cibler précisément les dysfonctionnements, de mobiliser ses équipes autour d’une vision commune, d’accélérer la mise en œuvre d’actions stratégiques, d’optimiser l’efficacité organisationnelle, d’améliorer la compétitivité de l’entreprise, d’animer et maintenir l’esprit de défi et de challenge … On peut citer encore bon nombre de bénéfices.

Le rôle du coach est de mettre en mouvement dans une direction qui a du sens, la ou les personnes concernées par le projet. Il facilitera la mise en œuvre d’actions dans le sens de l’objectif fixé tout en sollicitant l’intelligence collective de l’entreprise. Adossé à du consulting, c’est une combinaison payante qui peut être complémentaire dans le développement d’une stratégie commerciale, d’une démarche lean manufacturing, de tableaux de bord financiers ou dès lors qu’il y a un enjeu où la dimension humaine est un levier de réussite.


Yoann Forgeneuf : Pour les sportifs, comment le coach (l’entraîneur) peut-il amener un groupe à la performance ? On a beaucoup parlé ces derniers temps de Didier Deschamps face à l’Espagne, dont le coaching aurait permis à l’équipe de se transcender …

Yohann Duclos : Oui, alors là vous prenez une référence qui est exceptionnelle car parvenir, en quelques minutes dans le vestiaire de cette mi-temps, à transformer une équipe ancrée dans ses comportements depuis des mois, relève pour moi de l’incroyable pouvoir de la communication… Un de ces chocs psychologiques comme il en arrive de temps en temps, lorsqu’il y a un changement d’entraîneur par exemple. Sur ce coup, il a trouvé les bons mots dans ce contexte et il a été entendu et compris par ses joueurs qui ont su exprimer leur potentiel optimal. C’est aussi simple que ça et pourtant, ça ne l’est pas toujours !

Qu’y avait-il de différent de d’habitude ?

Qu’a-t-il trouvé pour amener cette équipe à dérouler ce jeu qu’on n’avait plus vu depuis des années ? Tout comme un joueur qui réalise une performance incroyable un jour et tentera de la renouveler sans le pouvoir, et qui ne pourra vous donner une raison précise, Didier Deschamps ne pourra certainement pas vous dire non plus, de manière certaine, pourquoi ça a marché sur ce coup là. A moins que… A moins que son intuition, connaissant parfaitement cette situation puisqu’il l’a vécue en tant que joueur, lui ait permis de mobiliser ses joueurs pour se transcender.

C’est l’alchimie d’une multitude de paramètres connus que l’on va retranscrire parfaitement qui permet de rendre une situation simple. Pour résumer, c’est l’absorption d’un contexte, d’un objectif et son traitement qui permet une retranscription adaptée de l’information. On peut l’appeler aussi l’intelligence situationnelle.

Pour moi, un entraîneur peut donc faire jouer ou déjouer son équipe par un management adapté ou non tout comme en entreprise. Malheureusement, aujourd’hui on rencontre plus souvent des entraîneurs comme des managers qui font déjouer leurs équipes plutôt que l’inverse comme Deschamps sur ce match. Alors, la question est, comment ne pas faire déjouer son équipe ?

Souvent on manage comme on est, et un manager est comprimé entre ses dirigeants qui attendent des résultats et ses joueurs qui ne satisfont pas forcément ses attentes, ce qui complique l’efficacité de la tâche managériale.

Cette forme de pression annihile très sérieusement toutes les chances de l’entraîneur de trouver le bon équilibre communicationnel avec ses joueurs. Les conflits relationnels, le manque de repères, les objectifs trop élevés, gagner à tout prix, la soif de pouvoir, les interactions humaines, etc… sont autant de paramètres pouvant dérouter l’entraîneur et l’éloigner de son efficacité managériale.

Ne pas faire déjouer son équipe repose donc essentiellement sur l’entraîneur qui se doit d’avoir un certain recul pour être au minimum compris de son équipe.

Pour finir, mobiliser et faire évoluer son équipe dans une même direction est de l’art.

Aujourd’hui, on sait que les équipes performantes sur la durée ont conscience des valeurs véhiculées par le club, le groupe et les joueurs ainsi que de l’identité qu’elles représentent collectivement. La conscience collective se porte également sur des objectifs portés par un projet commun et partagé de tous. Enfin, une organisation précise, connue et construite par l’équipe a pour effet de responsabiliser les joueurs qui, une fois sur le terrain sauront faire preuve de créativité et de prise de risque, nécessaire à la performance.

Une équipe qui ne déjoue pas est compétitive, une équipe qui joue est performante et réalise des exploits.


Yoann Forgeneuf : Le métier de coach est parfois décrié, et pourtant de grandes entreprises ou de grands clubs sportifs font appel aux services de coaches. Comment expliquer ce déficit de crédibilité auprès du grand public ?

Yohann Duclos : Je vois plusieurs raisons à cela mais deux d’entre elles méritent de s’y attarder un peu. La première, c’est que tout ce qui est méconnu est par conséquent douteux pour une grande majorité de personnes. Dans le contexte social et économique que l’on connaît aujourd’hui en France, la population a tendance à préserver ses acquis plutôt que d’aller vers l’avant. Inconsciemment, les personnes restent sur leurs certitudes, se recentrent sur ce qu’elles connaissent même si cela est inconfortable, de peur que la situation nouvelle soit encore plus inconfortable. On retrouve donc soit de l’immobilisme soit de l’obstination devant de nouvelles propositions de changement. De plus, la méfiance redouble lorsque les nouveautés comme le coaching sont promues par les médias de manière ridicule et volontairement illustrées ironiquement.

Et c’est pour moi la deuxième raison. Le coaching a été dévoilé auprès du grand public comme une méthode un peu infaillible, utilisée par des coachs donnant des conseils comme s’ils savaient tout ou motivant leurs clients comme des entraîneurs, se définissant comme des coachs. Vous avez donc des coachs en tout, coach scolaire, coach commercial, love coach, etc… Et cette catégorie de coach a su tirer profit de l’élan publicitaire pour peaufiner leur marketing autour du coaching.

Une difficulté supplémentaire auprès du grand public, c’est la différenciation avec les thérapeutes. Sans rentrer dans les détails et pour faire simple, un thérapeute accompagne des personnes en souffrance alors qu’un coach identifie les ressources à partir desquelles s’appuyer pour avancer dans une direction qui a du sens et dépasser éventuellement les limites qui se présentent.

Il y a donc une grande confusion autour de ce qu’est le coaching pour le grand public et c’est compréhensible. En effet, une personne lambda peut se demander comment elle peut trouver les ressources en elle pour régler un problème ou atteindre un résultat  puisqu’elle n’y est pas parvenue jusqu’à maintenant. Il est donc légitime et parfois plus facile de chercher des  solutions à l’extérieur, auprès d’un expert.

Et pourtant… Alors, ce qui explique que de grandes entreprises ou de grands clubs sportifs font appel à nos services, c’est qu’ils ont la connaissance nécessaire pour faire un choix sur le type de prestation en fonction de leur besoin et reconnaissent, bien évidemment, les bénéfices du coaching.


Yoann Forgeneuf : Il est aujourd’hui difficile de choisir un prestataire de coaching, car le métier n’est pas encore réglementé. Comment ODBI se différencie, qu’apportez vous à vos clients ?

Yohann Duclos : Nous proposons un certain nombre de garanties pour nous différencier, apporter à nos clients toute la confiance nécessaire dans le choix d’un partenaire en réussite et assurer une prestation de qualité. Tous les professionnels qui collaborent avec odbi sont formés aux méthodes de coaching et aux grands courants de la psychologie humaine. Ils garantissent le service, la méthodologie et la relation de qualité que nos clients attendent d’un coach, d’un consultant ou d’un formateur.

Sûrs de notre valeur, nous prenons l’engagement de les satisfaire et d’atteindre un résultat avec eux. C’est une preuve d’implication que nous avons souhaité afficher pour garantir notre proximité dans nos accompagnements. Notre première garantie se traduit par la satisfaction ou le remboursement de la prestation. Ensuite, nous avons construit une charte déontologique basée sur les règles des différentes fédérations qui régissent le métier, adaptée aux valeurs que nous véhiculons afin de cadrer toutes nos prestations d’accompagnement.

Nous avons également une qualification OPQF, pour attester de notre capacité à réaliser des prestations de qualité dans le ou les domaines de nos compétences. C’est notre garantie éthique.

Nous garantissons également un suivi. Tout au long de la prestation, nous restons aux côtés de nos clients pour répondre à leurs attentes en fonction de leur progression et cette disponibilité se poursuit post-accompagnement.

Pour finir, nous proposons une garantie financement. Nous savons à quel point l’enrichissement intellectuel, l’évolution et la réussite peut compter dans une vie ; nos clients peuvent répartir les modalités de règlement sur la durée de l’accompagnement. C’est un crédit gratuit qui leur permet de financer la prestation sur plusieurs mensualités sans majoration. Ces garanties sont la preuve de notre volonté à nous inscrire comme un véritable partenaire durable, performant et qualifié.


Yoann Forgeneuf : Quel avenir, selon vous, pour le coaching ?

Yohann Duclos : Le coaching a ses plus beaux jours devant lui. Au sein des entreprises, il apparaîtra à l’avenir et de manière incontournable, dans les lignes de bilan des sociétés, au même titre que les honoraires juridiques et financiers. Il faudra s’y habituer.

Face à la recherche de la performance, de la compétitivité ou du bien-être dans ce monde qui repousse toujours un peu plus les limites humaines, le coaching est une solution pour faciliter et accélérer l’adaptation au changement.
Les moyens de communication actuels et futurs nous permettent de multiplier la réalisation de tâches mais nous submergent d’informations. Si l’avantage se trouve dans le fait que l’on augmente notre efficacité, en contre partie, les outils traitent beaucoup plus rapidement les informations que nous en sommes capables dû à notre mécanique cérébrale et nous mettent face à nos limites. Stress, fatigue, mal-être sont les conséquences de cette recherche de performance. Encore une fois, le coaching se présente comme une option pour faire face à ces nouvelles perspectives.

Dans quelques mois, le marché arrivera à maturation et obligera les autorités à cadrer cette activité qui n’aura pas seulement eu l’effet d’une mode, même si certaines fédérations s’emploient pour organiser le métier.


Yoann Forgeneuf : Quels sont vos projets avec Odbi pour les mois à venir ?

La société poursuit son développement avec le recrutement de collaborateurs. En les aidant à se positionner sur leur marché, nous avons pour ambition de créer un réseau d’experts dans les secteurs du life, du sport et du business de manière à pouvoir répondre à toutes les demandes sur ces 3 axes.

Nous ciblons donc les métiers de l’accompagnement tels que les formateurs, thérapeutes, consultants et coachs, identifiés comme référents dans leur domaine de compétences, pour les aider à concevoir des formations en présentiel et e-learning afin de les proposer dans notre campus.

En parallèle, nous étudions la possibilité d’implanter notre modèle économique au sein de pays voisins tels que la Suisse, l’Allemagne, la Belgique et la Tchécoslovaquie.