Au tournant de juin 2012, le Français Louis Gallois passe les commandes du groupe d’industrie aéronautique et spatial EADS à l’Allemand Thomas (Tom) Enders. Une formalité ! Le 31 mai, le Conseil d’Administration d’EADS nomme Tom Enders Président exécutif pour une durée de cinq ans. De juin 2005 à août 2007, Tom Enders avait déjà été l’un des deux co-Présidents Exécutifs du constructeur aéronautique européen EADS, au côté de Noël Forgeard.

Des indicateurs au vert

Après cinq années à la tête d’Airbus — le constructeur aéronautique européen, basé à Toulouse —, Tom Enders prend les rènes d’un groupe dont presque tous les indicateurs sont au vert. Les carnets de commandes des différentes entités et filiales d’EADS sont remplis. Toutes rassemblées, les filiales Cassidian (systèmes de sécurité et défense), Astrium (lanceurs et infrastructures orbitales), Eurocopter (hélicoptères civils), ATR (constructeurs aéronautiques) et surtout Airbus ont engrangé, à la fin de l’exercice 2011, quelques 540 milliards d’euros de commandes. Le groupe dispose de plus de 11,6 milliards d’euros de liquidités.

Un parcours politique axé sur la stratégie et l’aéronautique

De 1978 à 1983, il étudie les sciences économiques, les sciences politiques et l’histoire à l’Université de Bonn et à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Il soutient une thèse de doctorat en 1987.

Officier de réserve dans la Bundeswehr (Armée nationale de République Fédérale d’Allemagne), il occupe plusieurs postes de conseiller ou d’officier d’état-major. De 1982 à 1985, il est assistant parlementaire au Bundestag puis travaille jusqu’en 1990 dans divers instituts de recherche (Fondation Konrad Adenauer à Sankt Augustin (Saint Augustin) ; International Institute for Strategic Studies à Londres ; Société Allemande pour la Politique Étrangère (Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik) à Bonn). Il devient par la suite un des collaborateurs du ministre allemand de la défense Gerhard Stoltenberg. Il quitte le parti en mars 2011, exprimant sa critique sur la politique allemande concernant la Libye et la course antinucléaire.

Tom Enders, une réputation d’entrepreneur

En prenant les commandes d’EADS, Tom Enders prend en main la stratégie du groupe. Précédé d’une réputation d’entrepreneur, Enders pourrait, sur le modèle de Boeing, donner le coup d’envoi d’une simplification des structures — au prix d’une fusion entre EADS et Airbus —.

En pratique, le successeur de Louis Gallois devra aussi gérer la délicate mise en oeuvre des programmes de son futur A350 et surtout de son très gros-porteur l’A380, pour lequel l’avionneur n’a enregistré aucune commande ferme suite à la découverte en janvier dernier de micro-fissures sur les ailes de certains appareils. Depuis Airbus est venu à bout de ce problème technique, mais au prix de quelques 260 millions d’euros. En dépit de cela, la filiale d’EADS reste confiante sur les capacités commerciales de l’A380

Tom Enders jouera également un rôle délicat à l’occasion du futur regroupement d’une grande partie des personnels des sièges de Munich et de Paris sur un seul site à Toulouse. Quelque 600 salariés sont concernés sur les 134 000 recensés en mars 2012.