Arrivé il y a à peine 2 mois au poste de PDG de RIMThorsten Heins se trouve confronté à une crise grave du groupe canadien en grande partie due à l’effondrement des ventes de Blackberry. Des ventes en chute de 25% au quatrième trimestre, plongeant les comptes de RIM dans le rouge, ce qui pose désormais la question de l’orientation stratégique du groupe : un tournant majeur sur le marché des smartphones.

Thorsten Heins a fait ses premières armes chez Siemens, en tant que Directeur de la R&D, avant de rejoindre RIM en 2007. Tout d’abord en tant que Responsable du développement des produits RIM, puis en évoluant vers des postes au sein du département marketing. Il a donc suivi toute l’évolution du Blackberry, de ses années glorieuses à sa descente vertigineuse. Nommé en janvier dernier PDG de RIM, il remplace les fondateurs Jim Balsillie et Mike Lazaridis avec pour mission de relancer l’entreprise en perte de vitesse.

La crise du blackberry trouve une partie de son explication dans le succès de ses concurrents directs: Apple et son Iphone, et Google avec son système Android. En effet, Apple pèse aujourd’hui près de 24% du marché mondial des smartphones, tandis que les parts de marché de RIM sont passées de 15% à 9% en un an. Ajoutez à cela le dynamisme de Google et des géants tels que Samsung pour sortir des appareils toujours plus performants et ludiques, et vous avez les raisons de la chute de RIM. Et au-delà des smartphones, la firme canadienne a aussi dû enregistrer un cuisant échec avec sa Playbook, sa tablette qui devait venir concurrencer les Ipad et autres Galaxy Tab de Samsung : il n’en fut rien, dans une période où même le monde de l’entreprise, pourtant fervent défenseur du Blackberry, ferme petit à petit ses portes aux smartphones dits « professionnels ». RIM paye donc ses mauvaises orientations marketing, en ayant choisi de se positionner comme la référence des smartphones pour l’entreprise, en jouant à fond la carte de la sécurité, en préservant très longtemps ses claviers physiques là où la majorité des concurrents avaient adopté le tactile…

RIM n’a donc pas su anticiper que même les professionnels voulaient des interfaces ludiques, une navigation internet fluide, des jeux, et des applications toujours plus nombreuses : face à l’Android market (Google Play désormais) ou à l’App store d’Apple, là encore Blackberry App World fait pâle figure. 

Thorsten Heins a donc choisi de réaliser un audit complet des activités de RIM, pour étudier la possibilité de créer des partenariats : « Nous menons actuellement une revue de nos activités et des opportunités stratégiques qui s’offrent à nous, telles que des partenariats, des co-entreprises et la vente de licences ». L’incertitude persiste toutefois quant à la capacité de RIM à pouvoir créer un environnement concurrent d’Apple ou d’Android, alors même que Microsoft et Nokia projettent de créer ce troisième larron ensemble. Et on parle de plus en plus d’une cession de RIM et de son savoir-faire … Samsung, HP, Dell ou encore Nokia sont sur les rangs pour une probable vente de l’entreprise canadienne.

Et même si Thorsten Heins rappelle qu’une cession « n’est pas la principale direction » , les prochains mois d’activité de RIM pourraient bien sceller le sort du Blackberry : sans une hausse spectaculaire et rapide des ventes, les finances de RIM ne pourront supporter d’autres choix stratégiques que la cession.