Après avoir introduit le SOPA (Stop Online Piracy Act) à la Chambre des représentants des Etats-Unis le 26 octobre 2011, et suite aux nombreuses protestations de ces dernières semaines, Lamar Smith a accepté de mettre le projet de côté afin de trouver une approche plus « appropriée ».

Une loi anti piratage  de grande envergure

Le représentant Républicain appuyé par l’industrie du cinéma et de la musique américaine, souhaitait en proposant cette loi, mettre un terme à la diffusion d’œuvres piratées sur Internet. Une loi qui aurait pu avoir des répercussions conséquentes sur le monde du Web, puisqu’elle aurait permis aux ayant-droits (détenteurs d’un droit de diffusion) de faire appel à la justice pour bloquer ou fermer tout site soupçonné de diffuser des fichiers piratés qu’ils soient aux Etats-Unis ou à l’étranger.

D’après les Républicains, le piratage de données coûterait aux différentes industries concernées plus de 100 milliards d’euros par an. Pour Lamar Smith, il s’agit de protéger l’économie américaine.

Mobilisation de l’opposition

Le 15 novembre dernier, une dizaine de grands acteurs du Web dont Google et Facebook envoient une lettre de contestation aux personnalités appuyant le SOPA. Ces derniers y exposent les conséquences de telles mesures sur la liberté d’expression sans remettre en cause l’importance de la lutte contre le piratage en ligne.

D’après Lamar Smith, ces  opposants masqueraient leur propre intérêt économique derrière le problème de la liberté d’expression. Des répercussions financières presque instantanées également pour les « pro SOPA » comme par exemple pour l’hébergeur Go Daddy qui aurait perdu 20 000 abonnés après avoir été boycotté pour son soutien au projet. L’action est efficace et de nombreux partisans se retirent.

Les Internautes également se font entendre grâce à une pétition à l’encontre de SOPA et la Maison Blanche annonce le 14 janvier qu’elle n’appuiera pas le projet de loi.

Le 18 janvier, après la fermeture du site Megaupload, l’un des sites les plus visités au monde, les Anonymous (une communauté de « hackers » de haut niveau) décident de pirater un grand nombre de sites « clés » comme ceux de la Maison Blanche et du FBI. En parallèle, le site Wikipedia en anglais ferme pendant 24h en guise de protestation sur une proposition de son co-fondateur Jimmy Wales.

La crédibilité de Lamar Smith lui-même prend un coup lorsque le site  américain Vice découvre que l’élu républicain aurait utilisé sur une ancienne version de son site Internet une photographie, sans y mentionner le nom de son auteur. Le photographe avec humour, propose de faire appel à la SOPA si la loi devait passer…

Lamar Smith contraint à écouter la voix des opposants

Deux jours seulement après l’intervention massive de nombreux acteurs du Web, et après avoir perdu le soutien d’un grand nombre de représentants politiques, Lamar Smith a annoncé dans un communiqué de presse publié sur le site de la Chambre des représentants des Etats-Unis, souhaiter mettre le projet SOPA de côté le temps de trouver « un consensus plus large ».

« J’ai entendu les critiques au sujet du projet de loi et les ai sérieusement étudiées. Il est clair que nous devons revoir notre approche en ce qui concerne le problème des voleurs étrangers qui s’approprient et revendent les inventions et productions américaines. »

Alors que la Chambre des représentants renonçait temporairement au SOPA, l’Union Européenne a annoncé ne pas souhaiter bloquer Internet sous prétexte de vouloir protéger les ayants-droits. L’UE aurait qualifié le SOPA de « mauvaise législation »…