Après avoir obtenu l’accord de l’Agence Fédérale Américaine en charge de la concurrence en juin, puis celui de la Commission Européenne le 7 octobre dernier, Microsoft vient d’officialiser le rachat de Skype pour 8,5 milliards de dollars.

 Il s’agirait de la plus grosse acquisition de l’histoire de la firme Redmond qui n’avait pour l’instant pas su se démarquer par les technologies VoIP.

En s’offrant le leader de la voix sur IP, Microsoft fait un joli pied de nez à ses rivaux et reste fidèle à sa stratégie.

Le feu vert de la Commission Européenne :

Il n’aurait pas été surprenant que la Commission Européenne hésite un peu plus longtemps avant de donner son accord au géant de l’Informatique.

En effet, l’Europe avait déjà sanctionné ce dernier pour ses pratiques anticoncurrentielles et sa domination anormale du marché.

Concernant le rachat de Skype, la commission a pourtant estimé que « celui-ci n’entraverait pas de façon significative le jeu d’une concurrence effective dans l’Espace économique européen. »

Si d’autres acteurs se sont déjà positionnés comme Google avec Google Talk et Apple avec Facetime, la société Microsoft a tout de même assuré à la Commission Européenne que Skype resterait disponible sur les plateformes concurrentes.

Historique de Skype :

Skype Technologie a été créée en 2003 par le suédois Niklas Zennström et le danois Janüs Friis. Il s’agissait alors d’une entreprise indépendante de télécommunications basée au Luxembourg et principalement connue pour son système de VoIp.

En 2005, l’entreprise est rachetée par eBay pour 2,6 milliards de dollars puis revendue intégralement à un groupe d’investisseurs en 2010.

En mai 2011, Microsoft annonçait le rachat  de Skype pour un montant de 8,5 milliards de dollars. Proposition nettement plus intéressante que les 4 millions de dollars qu’auraient proposé Facebook et Google pour son acquisition.

L’avenir de Skype chez Microsoft :

L’ancien PDG de l’entreprise Tony Bates restera aux commandes de la division Skype sous les ordres du numéro un de Redmond, Steve Ballmer lui-même.

Dans un premier temps, Skype ne devrait pas subir de modifications lourdes autres que de légères corrections et un petit ménage  du côté de la concurrence : les liens vers Google qui ne sont, bien entendu, plus nécessaires pour la nouvelle division, voire même « polluants » pour Microsoft auraient déjà été supprimés sur les nouvelles mises à jour de Skype.

Pour la suite, nous pouvons nous attendre à l’arrivée des applications Skype dans les Windows phone, ce qui pourrait favoriser l’augmentation des ventes des téléphones de la marque encore délaissés par les utilisateurs de smartphones.

Il serait également prévisible que les nouvelles technologies VoIP soient exploitées pour le Xbox Live et pour améliorer Lync (offre entreprise).

À plus long terme, les technologies Skype seront intégrées dans un ensemble de produits Microsoft.

Une question reste tout de même en suspend : Quel est l’avenir de Live ?

Vu l’investissement et l’image de marque que représentent Skype, nous pourrions tout à fait envisager que son acquisition raccourcisse la durée de vie de Live…