Leur projet « SENGTAI » a commencé à Shanghai en 2009 et ce n’était pas prévu… Tous les trois partis en Chine chacun de leur côté, pour voir du pays et lancer leur carrière, ils ne se doutaient pas qu’ils allaient revenir en France plus vite que prévu, pour importer leur idée. Louis-Florent Beng, Maxime Roumi et Sébastien Pruvost, 3 trentenaires aux idées claires, nous racontent leur vie de ces 3 dernières années.


Maxime Pollet : SENGTAI, ça veut dire quoi ?

Louis-Florent Beng : C’est proche d’un mot chinois qui intègre la notion d’environnement. En fait SHENGTAI (avec un H) signifie écologie en Mandarin. Rapidement c’est devenu SENGTAI pour faciliter un peu la prononciation. Donner un nom d’origine chinoise à notre marque, c’est également revendiquer une qualité de production d’un matériau travaillé depuis des siècles dans ce pays.


Maxime Pollet :
En quelques mots, SENGTAI c’est :

Maxime Roumi : Du mobilier de qualité, design et propre pour un prix abordable. C’est à la fois une démarche mais aussi un challenge d’arriver à démocratiser les produits éco-chic. D’ailleurs, nos clients viennent majoritairement d’abord pour le design mais reviennent aussi pour le bambou.


Maxime Pollet :
Pouvez-vous nous présenter votre business model : vente de mobilier design, mais encore ?

Sébastien Pruvost : Nous fabriquons dans notre atelier et revendons directement au client final. Aucun intermédiaire – Aucun fournisseur. Le canal e-commerce qui est encore quelque chose de récent pour nous permet de rendre rapidement notre offre accessible à tous. Cela nous motive pour faire progresser l’offre et ouvrir rapidement le site à d’autres pays. Et si nos clients sont principalement des particuliers, nous travaillons également avec des prescripteurs de type architectes d’intérieur ou décorateurs sur des chantiers privés ou des projets d’hôtels, restaurants…


Maxime Pollet :
Quelle est la particularité de votre mobilier ?

Maxime Roumi : Nous travaillons le bambou. C’est un matériau recyclable et durable avec des propriétés très avantageuses (résistant, pousse rapide, sans engrais ni pesticides). Lorsque j’ai parlé pour la première fois à mon entourage de lancer une gamme de mobilier en bambou, mes proches restaient dubitatifs. Ils avaient tous à l’esprit le mobilier ethnique en bambou sous forme de rondins qui marchait bien dans les années 90. Nous sommes parvenus à imposer une autre approche. A travers les formes (lignes pures, courbes) et les couleurs laquées, nous avons réussi à associer bambou et mobilier contemporain.


Maxime Pollet :
Comment vous est venue cette idée ?

Louis-Florent Beng : Je travaillais pour le compte d’une société française installée à Shanghai et j’avais bien quadrillé la Chine au cours de mes différents déplacements. L’un des projets m’a conduit dans les régions un peu reculées du Zhejiang où j’ai découvert un petit atelier qui travaillait le bambou de manière artisanale. Les produits étaient plutôt moches mais la matière m’a séduit et donné envie de creuser l’idée. Sébastien qui travaillait déjà avec moi m’a rejoint tout de suite.

Et notre rencontre avec Maxime s’est faite lors d’une soirée entre expatriés français. Il était designer dans un cabinet d’architecte. Rapidement il a nous a proposé des premières esquisses qui nous ont confortés en termes de vision du design.


Maxime Pollet :
A quel moment avez-vous vraiment cru à votre projet ?

Louis-Florent Beng : Nous y avons vraiment cru à la première commande, celle d’un distributeur australien. SENGTAI en était à l’état de projet amélioré. On avait rapidement bricolé un site Internet. Ce n’était pas la commande du siècle mais cela nous a définitivement convaincu.


Maxime Pollet :
3 associés dès le début, c’est une bonne équation ?

Sébastien Pruvost : Parfois les échanges ont pu être vifs, et si nous ne partageons pas toujours la même opinion, il en ressort systématiquement des avancées positives. Depuis le temps on se connait parfaitement.


Maxime Pollet :
La Chine, c’est quoi pour vous ? Une terre d’accueil, le pays natal de SENGTAI ou un moyen d’aller plus vite ?

Louis-Florent Beng : Je sais que je ne vais pas me faire que des amis en disant ça mais si je n’avais pas passé du temps là-bas je ne suis pas certain que je me serais un jour lancé dans l’entrepreneuriat. On y entend souvent parler de success story rapides de façon quasi permanente. Au bout d’un moment j’ai fini par me dire «pourquoi pas moi ?».

Maxime Roumi : Un autre monde. Comme pour tous les pays, il faut y passer un peu de temps pour comprendre son fonctionnement, ses opportunités et ses pièges. Dans notre cas, nous produisons en Chine par nécessité plutôt que par envie car le savoir-faire et le bambou que nous utilisons viennent de Chine.


Maxime Pollet :
D’après vous, quel aura été l’élément essentiel de votre réussite ?

Maxime Roumi : Ne jamais douter du potentiel du projet.

Louis-Florent Beng : Ne pas douter, c’est exact. Être trois aide aussi à se motiver les uns les autres et à rester lucides.

Sébastien Pruvost : Réaliser qu’on ne passe pas du point A au point B en une ligne droite a aussi été un facteur de succès. Sans flexibilité, nous n’en serions pas là !


Maxime Pollet :
Avec 3 ans de recul, avez-vous toujours la même motivation ?

Maxime Roumi : On prend des coups et on apprend. Si c’était simple tout le monde serait entrepreneur ! Notre motivation est crescendo car elle est nourrie par les projections du projet. Et là, on touche au but !


Maxime Pollet :
La finalité, c’est quoi pour vous : la gloire, l’argent, la satisfaction personnelle,… les femmes ?

Sébastien Pruvost : La satisfaction d’affronter les moments de vérité et celle de mesurer les résultats d’un travail d’équipe, sur le long terme.

Maxime Roumi : Donner du sens à ma passion, le design contemporain.

Louis-Florent Beng : Une douce revanche sur l’éducation nationale (rires)


Maxime Pollet :
Quelles sont vos perspectives de développement d’ici 5 ans ?

Louis-Florent Beng : D’ici là, notre toute récente première levée de fonds devrait en appeler d’autres pour nous accompagner dans le développement de notre marque sur le plan international : d’abord l’Europe, puis les autres continents si nous n’épuisons pas toutes les réserves de bambou chinois !

Maxime Roumi : Être présent sur les marchés les plus importants du monde avec une offre toujours plus large et exclusive.


Maxime Pol
let : Merci à vous trois pour cet entretien. Où pouvons-nous vous retrouver sur la Toile ?

Les 3 : Vos lecteurs peuvent visiter notre site, et aussi consulter notre page Facebook, Merci à vous !