Alors que j’ai assisté à une conférence lors du Digital Paris qui s’est tenu les 11 et 12 avril dernier, j’ai eu l’opportunité de découvrir Rodolphe Roux lors de son intervention à la conférence « Le Brand Content face aux défis du SOLOMO et des nouvelles interactions clients ».

Cette manifestation, dédiée à l’univers du marketing et de la communication digitale, permet de rassembler différents acteurs (prestataires, agences et annonceurs) pendant deux jours et de débattre de l’e-commerce, du mobile marketing et du social media à travers des conférences et des workshops.

Rodolphe Roux, Directeur Marketing Digital au sein du Groupe SEB, est donc notamment intervenu sur un sujet tendance du moment : le Brand Content, le SOLOMO et les évolutions des internautes.

J’ai donc le plaisir de vous faire découvrir Rodolphe Roux à travers ses expériences professionnelles, ses missions au sein du Groupe SEB ainsi que son opinion sur le Brand Content ; de son concept à ses avantages en passant par les risques de ce nouveau média et son utilité pour les marques.

Elise Boisquillon : Bonjour Rodolphe. Directeur Marketing Digital au sein du Groupe SEB depuis février 2011, pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel ?

Rodolphe Roux : Bonjour. J’ai un parcours inversé à un parcours « habituel ». J’ai en effet crée mon entreprise à la sortie de mon école en 1997, une agence spécialisée dans les moins de 30 ans qui se nommait Regenere. Cette agence avait une approche sociologique, elle plaçait la réflexion marketing jeune au centre des problématiques des marques. J’ai ensuite revendu cette société cinq ans après au Groupe Aegis Media France (plus connu sous le nom de son enseigne Média : Carat)

J’ai ensuite travaillé 3 ans chez Aegis, en tant que Directeur du développement du pôle marketing opérationnel. Puis  j’ai rejoint le Groupe Fullsix en tant que Directeur Général de la filiale Sixanco pendant deux ans. Une agence que j’ai fait passer de 10 à 150 salariés en deux ans seulement et qui s’est développée dans plusieurs pays.

Par la suite, j’ai souhaité prendre du recul et j’ai fait deux ans de conseil digital en créant mon entreprise dans les domaines du recrutement et du coaching de structure entre autre.

Dans le cadre des mes activités, j’ai fait beaucoup de networking et parfois de la cooptation de personnes. C’est finalement assez naturellement qu’à mon tour j’ai été « chassé » par le Groupe SEB.

Cela fait maintenant un an et demi que j’ai rejoint le Groupe en tant que Directeur Marketing Digital avec des missions à la fois fermées car je travaille sur la partie digitale et son environnement, et à la fois ouvertes car je dois faire face à de nombreuses problématiques d’ordre juridique, RH, corporate, e-commerce… Le service dont j’ai la charge se compose de quatre piliers qui sont :

  • Les contenus : comment raconter des histoires
  • La mediatisation : comment les faire connaître
  • L’e-business : qui consiste à faciliter le développement commercial via les réseaux de distribution online
  • La mesure de cet écosystème : l’e-reputation

La vraie complexité consiste à mener à bien mes missions dans les 83 pays où sont présents les produits du Groupe SEB notamment en adoptant des approches culturelles très différentes.

EB : Présent au Digital Paris qui s’est déroulé mi-avril, vous avez participé en tant qu’intervenant à la conférence « Le Brand Content face aux défis du SOLOMO et des nouvelles interactions clients ». Comment définiriez-vous le « brand content » ?

RR : Je partirai de deux postulats de départ.

Tout d’abord, pour moi, les consommateurs sont devenus de véritables experts en communication, en promotion et en consommation. Le développement du digital les incite à acquérir des compétences sans forcément en avoir conscience. Par exemple, ils comparent les produits sur des comparateurs de prix et recherchent des informations et avis sur des forums afin de trouver le produit au meilleur rapport qualité/prix ; et pour eux c’est devenu naturel.

Deuxièmement, la marque doit faire les efforts nécessaires pour que ses consommateurs soient fidèles.

De ce fait, je définirai le Brand Content comme tout ce qui est construit pour le consommateur et qui va lui donner envie d’acheter le produit. Pour certains produits du Groupe SEB, il y a bien entendu la publicité, mais nous travaillons aussi sur l’univers des produits en proposant des recettes de cuisine, des vidéos pour expliquer le fonctionnement des produits… Il faut jouer sur les avantages des produits : trouver les leviers qui permettent d’être intéressant, ludique et amusant : en un mot, je résumerai le Brand Content par « Empathie ».

EB : Voyez-vous des règles incontournables à respecter pour que les marques et entreprises utilisent efficacement le Brand Content dans leurs stratégies de communication et quelles sont-elles ?

RR : Il faut être vrai. C’est important pour le consommateur qui lit et décrypte tout car il vérifie tout. Une marque doit donc s’engager dans une procédure « vraie ».

EB : Lors de cette conférence, vous avez indiqué « Plus l’expérience digitale devient riche plus l’utilisateur voudra la poursuivre dans le réel ». Avez-vous un exemple de marque qui ait récemment réussi à faire participer les internautes à une « expérience unique » grâce au Brand Content ?

RR : Red Bull. La marque a créé un territoire d’extrême liant la magie au quotidien. Elle sait associer performances marketing et partenariats adaptés et trouver des événements ou des sportifs de manière très audacieuse tout en prenant des risques importants. Red Bull surfe sur un véritable territoire d’expression en friche et vraie animée par beaucoup de conviction.

EB : Le Storytelling repose sur l’art de raconter une histoire alors que le Brand Content consiste à créer des contenus sur le web par les marques elles-mêmes pour atteindre leurs objectifs. Selon vous, quel est le risque majeur du Brand Content pour une marque ?

RR : Je dirai qu’il y a trois risques majeurs.

  • En amont de l’histoire du storytelling : on peut se tromper d’histoire et ne pas être en phase avec les consommateurs.
  • Se contenter du storytelling : il ne remplace pas l’écosystème de la communication et donc ne doit pas être sur ou sous-médiatisé.
  • C’est le consommateur qui décide au final. Peut-être préfère-t-il le produit dans une couleur plutôt qu’une autre, il est donc important d’intégrer leurs feedbacks. Pour les acteurs de l’industrie, ce risque peut avoir des conséquences très lourdes. Il est donc primordial de prendre en compte toute la chaîne industrielle que ce soit la production, les marchandises, les matières premières ou la sécurisation par exemple.

EB : Pensez-vous que les réseaux sociaux jouent un rôle primordial pour une marque et pour quelle(s) raison(s) ?

RR : Cela peut paraître surprenant mais je ne pense pas que ce soit primordial. Même si les consommateurs recherchent des informations et partagent, l’acte d’achat prime.

Mais il est important de mettre en place une stratégie sur les réseaux sociaux. Le Groupe SEB joue beaucoup sur les innovations produits à travers ces canaux de communication. Nous avons pris beaucoup d’initiatives sur les réseaux sociaux afin d’augmenter le nombre de fans sur Facebook, de créer des échanges avec les consommateurs, de demander les avis des fans ; nous engageons la conversation et les opinions dans le cadre d’études.

Les réseaux sociaux doivent servir à mettre en place une approche « tactique », c’est-à-dire relayer les bons contenus, avec les moyens financiers et humains nécessaires. L’objectif étant d’optimiser le marketing relationnel pour être fidèle à ses consommateurs.

EB : Comment voyez-vous l’évolution des interactions entre les marques et les utilisateurs dans les années à venir ?

RR : Si je prends l’exemple au sein du Groupe SEB, nous tendons vers la création de produits intelligents pour développer de nouvelles interactions et une communication instantanée : c’est une relation nouvelle qui se met en place avec les enjeux du numérique, le tout étant de savoir associer le consommateur, les produits et de vivre dans cet écosystème de la communication.

On peut déjà le remarquer par exemple avec les voitures qui sont de plus en plus équipées avec des fonctionnalités additionnelles ; une application permet notamment d’échanger avec d’autres conducteurs pour indiquer si l’on cherche ou si l’on quitte une place de parking.

EB : Pour que nos lecteurs puissent vous suivre sur le web, comment peut-on vous contacter et échanger sur le web ?

RR : Sur Twitter (https://twitter.com/RodolpheRoux) ainsi que sur mon blog (http://lesdoigtsdanslenet.over-blog.com/) et les outils que j’utilise au quotidien.

EB : Merci Rodolphe pour cette interview sur Business Actor.

 

Pour en savoir plus sur le Groupe SEB et ses innovations, découvrez sa récente chaîne Youtube Tefal Brand Channel animée par Jamie Oliver en personne, un magazine Tefal audacieux présentant les différents produits de la marque ainsi qu’une web série expliquant comment utiliser les produits Tefal dans différents pays.

Vous pouvez également en découvrir plus sur le profil LinkedIn de Rodolphe Roux (http://www.linkedin.com/pub/roux-rodolphe/9/182/606).