La mort de Patrick Ricard, 67 ans, PDG du groupe Pernod Ricard, décédé brutalement fin août 2012 à la suite d’un malaise cardiaque, a ouvert cet été une période de doutes et de spéculations médiatiques quant au nom de la personnalité susceptible de lui succéder dans ses fonctions.


Hésitations sur le choix d’un successeur

Un temps pressenti par les experts pour jouer ce rôle, Alexandre Ricard, son neveu,  est nommé Directeur Général délégué et c’est finalement Danièle Ricard, la sœur de Patrick, qui a été investie par le conseil d’administration, où elle siège depuis 1969, pour reprendre les rênes du groupe en tant que Présidente. Quant à Pierre Pringuet, autre figure clé du groupe, qui fut le bras droit  de Patrick pendant 8 ans, il est maintenu dans ses fonctions de Directeur Général.

Patrick Ricard avait pourtant méticuleusement préparé sa succession. Alors qu’il quittait son poste en 2008 – tout en conservant par ailleurs le titre de Président du conseil d’administration – pour se consacrer à ses passions artistiques, il confiait les véritables rênes du groupe à Pierre Pringuet, seul membre extérieur à la famille Ricard jamais parvenu à ce poste. Désireux de voir un membre de la famille, qui détient encore 14% des parts du groupe, accéder aux fonctions de Directeur général, il comptait sur la durée du mandat de Pierre Pringet, qui devait expirer en 2015, estimant lors de son départ ses neveux pas suffisamment prêts.

 

Patrick Ricard, un autodidacte devenu PDG

Né en 1945, Patrick Ricard était le fils de Paul Ricard, fondateur d’une entreprise familiale à Marseille, spécialisée dans la vente de spiritueux et inventeur du « vrai pastis de Marseille ». Alors que Patrick rejoint l’entreprise paternelle en 1967 en tant qu’attaché de direction après y avoir également été livreur, il en prend la direction générale en 1972, à seulement 33 ans, « aidé » par la mort de Jean Hemard, co-propriétaire du groupe.  Entré ainsi sans véritable diplôme dans l’entreprise, le groupe Pernod Ricard conserve de cette culture d’entreprise préférant la mobilité interne au culte du diplôme. C’est sous sa direction que le groupe, grâce à d’habiles rachats et d’opportunes fusions, devient le n°2 mondial de vins et de spiritueux Cf notre article sur le sujet.

Alors que l’entreprise était qualifiée d’entreprise la plus innovante de France par le magazine Forbes, ses actionnaires pouvaient également se réjouir de ses bons résultats commerciaux et financiers. Dans un contexte économique pourtant morose, Pernod Ricard se porte  plutôt bien. De bons résultats qui s’expliquent par le dynamisme des marchés asiatiques notamment, le maintien de ses ventes en Europe de l’Est et des marques Premium.