Le journaliste Olivier Mazerolle, ancien directeur de la rédaction de France 2, et éditorialiste politique sur la chaîne d’informations en continu BFM TV, vient de rejoindre à la demande de Bernard Tapie la direction du groupe de presse La Provence.

 

Un spécialiste de l’audiovisuel

Né en octobre 1942 à Marseille, Olivier Mazerolle a démarré sa carrière comme chroniqueur judiciaire à Europe 1 de 1965 à 1970. Puis il passe chez RMC où il finit par obtenir le poste de rédacteur en chef adjoint en 1977.

Commence ensuite pour lui une longue carrière chez RTL : de la direction du service étranger (en 1980), il accède en 1986 à la direction de l’information de la station, puis en mars 2000 il en devient le directeur général adjoint. Il co-présente notamment l’émission Le Grand Jury RTL – Le Monde – LCI de 1993 à 2001.

Le 26 mars 2001 il rejoint la direction de France 2 ; il a pour mission notamment de redresser les audiences des JT, toujours à la peine derrière ceux de l’éternelle rivale TF1, notamment sur le créneau du 13 heures. Pour ce faire, il débauche David Pujadas de LCI et lui confie les clés du 20 heures ; ce dernier parvient à réduire relativement les écarts d’audience avec la première chaîne.

Parallèlement, Olivier Mazerolle crée plusieurs émissions politiques : Question Ouverte (co-présentée par lui-même et Alain Duhamel, de 2001 à 2002), puis à partir de septembre 2002 100 minutes pour convaincre, un rendez-vous politique mensuel en première partie de soirée, dont les audiences dépendent fortement de l’actualité et des invités.

Sa carrière à la tête de France 2 prend fin brutalement le 3 février 2004 : mal informé (voire manipulé par l’entourage de l’intéressé…), il demande à David Pujadas d’annoncer en direct lors du 20 heures le retrait de la vie politique de l’ancien premier ministre Alain Juppé. Or celui-ci est au même moment invité sur le plateau du 20 heures de TF1, où il annonce exactement le contraire. A la suite de cette bourde médiatique, Olivier Mazerolle démissionne de son poste une semaine après ; il conserve toutefois ses fonctions de présentateur au sein de France 2.

 

L’aventure BFM TV

En novembre 2005, à la demande d’Alain Weill, patron de NextRadio et de RMC, (qui estime que Mazerolle a payé bien cher sa faute sur France 2) il participe au lancement de la chaîne d’information en continu à vocation économique BFM TV sur la TNT. Il présente le journal de 20 heures, puis une grande interview « personnalités » à 20h30 : Mazerolle Direct.

Il gardera la tranche 20h-21h jusqu’en 2008, présentant en parallèle l’émission La Tribune BFM le dimanche soir de 18 à 19 heures. Il devient ensuite éditorialiste politique, laissant le journal de 20 heures aux mains de Thomas Sotto, et conservant l’antenne du dimanche soir, pour une émission allongée jusqu’à 20h00.

C’est donc la tête haute qu’Olivier Mazerolle peut quitter BFM TV ; en collaboration avec toutes les équipes, il en aura fait la première chaîne d’information de France. Alain Weill est en pleinement conscient, et n’a pas cherché à le retenir, précisant même que ce poste va « donner un deuxième souffle à sa carrière (…) et l’antenne lui restera ouverte quand il veut« .

 

La Provence, un nouveau départ ?

A près de 70 ans, c’est là un vrai challenge qui est proposé à Olivier Mazerolle par Bernard Tapie. En lui proposant de « descendre » sur Marseille d’abord, et ensuite de prendre les rênes d’un groupe de presse écrite, plutôt mal en point, et qui attend avec une méfiance certaine de voir à l’œuvre ses nouveaux dirigeants.

Si l’affectation géographique ne peut que ravir celui qu’on surnomme « L’OM » tant il a conservé ses racines marseillaises, la tâche qui lui est confiée reste cependant ardue. Le groupe GMH (Groupe Hersant Media) détenu à parité par la famille Hersant et Bernard Tapie, possède en sus de La Provence, le titre Nice-Matin.

Aujourd’hui les deux quotidiens souffrent d’une baisse inquiétante de leur diffusion, et c’est l’ensemble du personnel qui devra être remobilisé autour d’un vrai projet d’entreprise. Olivier Mazerolle devra convaincre qu’il est bien l’homme de la situation.