C’est un grand monsieur de la scène française qui vient de s’éteindre ce 4 mars. Jérôme Savary, 70 ans, artiste protéiforme et inclassable, mais toujours épris de liberté et surtout d’une certaine idée du théâtre musical, populaire et démocratisé, est mort d’un cancer lundi soir.

Né en juin 1942 en Argentine, Jérôme Savary passe sa jeunesse entre Paris (où il est étudiant aux Arts Déco), New York, et Buenos Aires. En 1965, de retour en France, il monte le Grand Magic Circus (« et ses animaux tristes »), une troupe évoluant aux frontières du théâtre, du cirque, et du music-hall, avec laquelle il produira jusqu’en 2012 des dizaines d’œuvres dont certaines demeurent inoubliables (il reçoit un Molière pour son spectacle « Cabaret » en 1987).

De 1982 à 1986 il dirige successivement le NTP (Nouveau Théâtre Populaire) de la Méditerranée à Montpellier, puis le Centre Dramatique de Lyon. De 1988 jusqu’en 2000 il est à la tête du Théâtre National de Chaillot, puis prend ensuite la direction de l’Opéra-Comique, qu’il va s’employer à dépoussiérer. Il multiplie les créations et les mises en scène, tant en France qu’à l’étranger.

Amateur éclectique de musique et de littérature, d’Offenbach à Shakespeare, Jérôme Savary était également comédien, auteur, réalisateur, écrivain. Chevalier de la Légion d’honneur et des Arts et des Lettres, il se définissait lui-même comme « un grand mélancomique« .