Daniel Vasella, 59 ans, est l’ex-président du géant pharmaceutique suisse Novartis, 3ème groupe mondial ; son mandat a pris fin en février 2013. Aujourd’hui on apprend que l’ex-PDG va quitter le pays pour s’installer aux États-Unis.

L’information pourrait paraître anodine, si l’on ignore le montant du « parachute doré » à hauteur de 72 millions de francs suisses (60 millions d’euros), que devait lui verser Novartis (pour se garantir qu’il n’aille pas rejoindre la concurrence). Rendu publique, le montant pharamineux de cette indemnité avait fait scandale en Suisse la semaine dernière, à tel point que Daniel Vasella avait dû annoncer qu’il y renonçait – ce qui du coup le libère de cette clause de non-concurrence – sans pour autant apaiser la tempête médiatique autour de son nom.

L’affaire était d’autant plus délicate que la Suisse vient on le sait d’adopter massivement le 3 mars dernier par référendum (à 68% des voix de ses électeurs, soit un niveau historique), une proposition de loi interdisant les parachutes dorés et limitant les salaires abusifs des grands patrons, sous peine de poursuites pénales. D’où les réactions indignées dans le pays quant à cette indemnité, provenant tant des opposants que des détracteurs de la proposition, et même des grands patrons du pays.

En 17 années passées à la tête de Novartis, Daniel Vasella aura touché – selon les estimations – entre 200 et 400 millions de francs suisses (entre 162 et 324 millions d’euros), ce qui en aura fait le patron le mieux payé de Suisse. Il justifiait le montant de ses revenus par les « us et coutumes habituels dans les grands groupes pharmaceutiques ». En outre, il cumulait à la fois les fonctions de Directeur Général et de Président du Conseil d’Administration, une double casquette très critiquée.

Ce départ annoncé vers les États-Unis, même si la date n’en est pas encore fixée, ressemble donc fort pour l’ex-grand patron à une subite envie de « se faire oublier »…