Edouard Leclerc s’est éteint ce lundi 17 septembre à l’âge de 85 ans, à son domicile de Saint-Divy, près de Landerneau (Finistère). Fondateur des enseignes du même nom, ce pionnier de la grande distribution à bas prix, amateur de défis économiques et chantre du combat contre la vie chère, avait toujours placé la défense du consommateur en tête de ses préoccupations.

Né le 20 novembre 1926 à Landerneau, Edouard Leclerc, après de courtes études de séminariste, y ouvre sa première épicerie en 1949, dans laquelle il vend des produits de première nécessité. Le succès est très vite au rendez-vous car il applique un principe commercial très simple, mais révolutionnaire pour l’époque : acheter directement sa marchandise au producteur, pour court-circuiter les intermédiaires, supprimer leurs marges, et pouvoir ainsi vendre au prix de gros. En outre, il autorise ses disciples et franchisés à utiliser son nom gratuitement, pourvu qu’ils respectent sa conception de la distribution.

 

A la conquête de la France

Edouard Leclerc en 1959 lors de l’inauguration du premier magasin en région parisienne à Issy-Les-Moulineaux

L’enseigne bretonne s’étend peu à peu à tout le territoire national, et se structure en 1964 par la création de l’Association des centres distributeurs E. Leclerc (ADCLec) et en 1970 de la centrale d’achat nationale Galec. Au grand dam souvent de ses concurrents voire même de certains hommes politiques de l’époque qui lui reprochent de « tuer le petit commerce ». Ce à quoi Edouard Leclerc répond flegmatiquement « Le commerce détourne 50 % du pouvoir d’achat…« 

Patron médiatique, il se pose en défenseur du consommateur et pourfendeur des monopoles, et n’hésite pas à vendre moins cher qu’autorisé pour faire plier les pouvoirs publics. La tactique marchera pour les carburants, pas pour le prix unique du livre. Ses méthodes seront largement reprises voire amplifiées par l’un de ses trois enfants, Michel (qui va accoler son prénom à celui de son père pour se prénommer désormais Michel-Edouard) co-président du groupement à partir de 1988 et président depuis 2003.

 

Un bel exemple de réussite

Leclerc, première enseigne française de distribution alimentaire, a élargi son activité à de nombreux autres secteurs : carburants, bijoux, voyages, parapharmacie et biens culturels, devenant notamment le deuxième libraire de France derrière la Fnac. Mi-2011, le groupement comptait 686 magasins en France, mais son fondateur n’en détiendra que deux en propre, à Landerneau et à Brest. La modeste épicerie fondée en 1949 avec un capital de 5.000 francs a donné naissance à un groupement dont les ventes ont atteint 40 milliards d’euros en 2010, implanté outre la France en Espagne, en Italie, en Pologne, au Portugal, en Andorre et en Slovénie. Leclerc regroupe aujourd’hui 530 adhérents et emploie 96.000 personnes.

La classe politique toute entière salue la destinée exceptionnelle de ce patron visionnaire, toujours prêt à se lancer dans de nouveaux combats pour lutter contre la vie chère. Dans un communiqué, la Présidente du Medef Laurence Parisot a fait part de sa profonde tristesse « Edouard Leclerc était doté d’un esprit entrepreneurial hors du commun et a su inventer un modèle unique au monde. »

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