Dans l’attente de l’annonce officielle de l’importante commande passée par la compagnie irlandaise à l’avionneur américain Boeing (revoir notre article sur le sujet), revenons sur la personnalité flamboyante du patron de Ryanair, Michael O’Leary, un businessman parfaitement atypique dans un univers habituellement policé.

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Un Irlandais pur jus

Michael O’Leary est né en mars 1961 à Cork, deuxième ville d’Irlande. Il étudie d’abord au Clongowes Wood College, puis au Trinity College, mais en sort non-diplômé. En 1988 il entre comme conseiller chez KPMG, puis rejoint Tony Ryan, le créateur de Ryanair, comme conseiller particulier. A l’époque cette modeste compagnie aérienne irlandaise n’a qu’une dimension régionale, et est de surcroît fortement déficitaire.

Petit à petit Tony Ryan va se retirer des affaires, et laisser les rênes de sa compagnie à Michael O’Leary, qui devient PDG adjoint de 1991 à 1994, puis PDG à part entière à partir de janvier 1994. Sous son règne, Ryanair va se transformer en profondeur pour devenir la première compagnie « low-cost » (en s’inspirant des recettes de productivité mises en place chez Southwest Airlines) et la troisième d’Europe en termes de volume (nombre de passagers transportés) derrière Air France-KLM et Lufthansa.

Michael O’Leary a été nommé «homme d’affaires européen de l’année» en 2001 par le magazine Fortune. Aujourd’hui il est l’un des hommes les plus riches d’Irlande, avec une fortune estimée à 280 M£ (en 2005). Pour l’anecdote, il a acheté en 2004 une licence de taxi pour son propre véhicule, afin de pouvoir utiliser les voies de bus dans Dublin et ainsi améliorer ses temps de trajet…

 

Un patron controversé…

Mais une telle réussite ne va pas sans quelques pots cassés… Michael O’Leary est souvent mis sur la sellette à travers la politique salariale et les pratiques sociales appliquées par Ryanair, qui oblige notamment ses salariés à signer des contrats de travail irlandais, quand bien même ils opèrent à partir d’aéroports situés hors d’Irlande. Or la législation du travail irlandaise est bien moins avantageuse que bon nombre d’autres en Europe, du coup la compagnie doit régulièrement faire face à des procès intentés par des salariés remerciés ou mécontents.

Michael O’Leary a aussi fait en sorte pendant longtemps de décourager toute velléité syndicale au sein de ses effectifs. Une pression permanente est exercée sur tous les salariés, objectifs de rentabilité maximum obligés, quant au simple mot de « grève », inutile de seulement y penser… D’ailleurs Ryanair milite activement pour la suppression pure et simple du droit de grève pour les contrôleurs aériens en Europe !

 

…et adepte de la provocation

Michael O’Leary est également connu pour ses déclarations d’un goût parfois (plus que) douteux – florilège des plus « softs » :

Le consommateur européen ramperait nu sur du verre cassé pour avoir des billets pas chers.

Allons-nous vous rembourser un ticket non remboursable parce que votre grand-mère est morte soudainement ? Non ! Allez vous faire voir. Vos histoires ne nous intéressent pas !

Ainsi que par ses actions hautement médiatisées, telles qu’envoyer en juin 2011 10 roses au syndicat des navigants de la compagnie portugaise TAP, pour les remercier – à l’avance – de leurs futurs 10 jours de grève prévus en juillet 2011, à une période haute de l’année : « Merci de nous aider à augmenter notre chiffre d’affaires ».