Hewlett-Packard (HP) a déclaré mi-novembre une perte supplémentaire de 6,854 milliards de dollars au 4ème trimestre 2012, établissant un lien direct entre ces résultats catastrophiques et l’acquisition d’Autonomy, entreprise spécialisée dans les logiciels d’entreprise, accusée d’avoir gonflé ses comptes lors de son rachat en 2011. Au total pour l’année 2012 (exercice clos à fin octobre), la société californienne prévoit une perte cumulée de 12,65 milliards de dollars.

Nommée à la tête d’HP quelques mois après cet achat, Meg Whitman doit en effet gérer aujourd’hui ce que le journaliste Stéphane Lauer appelait dernièrement sur son blog  » des comptes d’Apotheker”, du nom de l’ex-PDG d’HP,  qui menait alors une politique d’acquisitions par laquelle l’entreprise entendait se moderniser…

Autonomy, éditeur de logiciels britannique, a ainsi été rachetée pour 10 milliards de dollars en 2011. Mais de lourds soupçons pèsent aujourd’hui sur de possibles irrégularités comptables dans cette société, et ont conduit HP à diligenter une enquête et surtout à passer dans ses comptes 2012 une provision de 8,8 milliards de dollars pour y faire face.

Depuis son arrivée, Meg Whitman élabore quant à elle une stratégie qui consiste à préserver les PC, relancer les tablettes et surtout investir dans la recherche et le développement pour renforcer la stabilité du groupe.

 


Une guerrière du business

Issue d’une famille aisée de Long Island dans l’Etat de New-York et diplômée d’un MBA d’économie à Harvard, Margaret Cushing Whitman, dite « Meg », a commencé chez Procter & Gamble, avant d’enchaîner six postes de direction en moins de vingt ans, dont la présidence du site de commerce en ligne eBay de 1998 à 2008.

En 1998, le fondateur d’eBay, Pierre Omidyar, fait appel à elle pour prendre la tête de son entreprise, un site de vente aux enchères américain qui ne compte alors que 30 employés. Contactée pour piloter l’entrée en bourse du site à succès, Meg Whitman va faire d’eBay une multinationale en l’implantant dans 56 villes américaines, puis en Angleterre, en Allemagne, au Japon, en Chine, en Corée du Sud et en Inde. Sensible aux enjeux de la dématérialisation pour ses clients, elle voit rapidement l’intérêt de la sécurisation des paiements en ligne  et achète le site de paiement en ligne PayPal.

Lorsqu’elle quitte l’entreprise, eBay n’est plus une start-up de la Silicon Valley, mais une véritable multinationale employant plus de 15.000 personnes et réalisant un chiffre d’affaires de plus de 8 milliards de dollars. Ses 10 années passées à la tête du site de vente aux enchères valent à Meg Whitman d’être désignée 1ère femme d’affaires du monde par le magazine Fortune en 2004, pour « avoir bâti  le plus important site de commerce en ligne du monde, la plus valorisée des marques Internet et l’entreprise ayant connu la plus forte croissance de l’histoire ».


Une entrée en politique moins fructueuse

Connue pour son succès dans les affaires, Meg Whitman s’est également investie en politique. Républicaine centriste favorable à l’avortement, elle s’est illustrée dans sa course à la candidature pour le poste de gouverneur de Californie en 2010.

Présentée comme la quatrième fortune de cet état par le magazine Forbes en 2007, avec un patrimoine de 1,3 milliards de dollars, elle a énormément investi dans une campagne de communication qui lui aurait coûté plus de 160 millions de dollars. Mais cet investissement personnel n’a pas suffi à la faire élire : elle sera battue par le démocrate Jerry Brown qui obtient 49 % des voix contre 46 % pour la candidate.