Mark Zuckerberg, le co-fondateur et l’actuel P-DG de Facebook, veut sociabiliser le web tout en rassurant les utilisateurs sur l’aspect de la vie privée.

Il était encore étudiant à Harvard quand il a lancé Facebook, et a laissé tomber ses études pour s’aventurer dans ce projet.  Et sans plonger dans ce débat (« Qui a eu réellement l’idée de Facebook ? ») qui a fait couler beaucoup d’encre, Mark croyait dur comme fer à la socialisation du web au moment où les internautes avaient peur de remplir un formulaire personnel ou d’effectuer des achats sur internet. Il voulait développer Facebook tout en maîtrisant la gestion de la vie privée. A-t-il réussi ?

Dans un billet publié le 29 novembre 2011 sur le blog de Facebook intitulé : «Nos engagements pour la communauté Facebook », Mark a expliqué que Facebook était basé sur le partage de données et le pouvoir de créer et d’assurer un lien entre un internaute et ses amis.

Pour (re)gagner la confiance de ses utilisateurs et celle des organismes qui mettent en doute ses pratiques sur la gestion de la vie privée, il a établit récemment une suite de réformes administratives et techniques que l’on peut effectivement remarquer dans la page de paramétrages.

Il veut que Facebook soit leader dans la transparence et dans la gestion des données partagées. Pour cela, il n’a pas hésité à approfondir ses collaborations avec les organismes de régulation, des avocats, des experts de la vie privée et à respecter les lois en vigueur dans plusieurs pays.

Les dernières nouveautés concernant les utilisateurs et qui sont apparues depuis les derniers 18 mois :

  • Choisir la visibilité d’une nouvelle publication (juste avec l’ami en question, tous mes amis, public ou encore privée…),
  • Mettre en place un outil pour contrôler les anciennes publications,
  • Voir nos « tags » avant qu’ils soient publiés sur notre profil,
  • Créer et regrouper les « amis » dans des listes,
  • Créer un nouveau concept pour les groupes,
  • Mettre en place un outil pour voir notre profil comme si on était une autre personne,
  • Intégrer un double-login pour mieux sécuriser la connexion et éviter le piratage de session,
  • Intégrer le paramétrage du contrôle de la vie privée sur les versions mobiles de l’application Facebook,
  • Pouvoir télécharger toutes nos données Facebook (publications, statuts, photos…),
  • Créer un dashboard pour contrôler toutes les applications installées dans notre profil,
  • Mettre en place des documents et des ressources pour mieux comprendre les politiques mises en oeuvre,

Pour pouvoir gérer et appliquer les nouvelles politiques en interne, il a créé deux nouveaux postes qui reflètent ses intentions d’améliorer la gestion des données :

  • Il a nommé Erin Egan Chief Privacy Officer, en relation avec la politique de la vie privée : une avocate qui a été auparavant associée chez Covington & Burling, un cabinet d’avocats leader dans la sécurité des données et la gestion de la vie privée. Ses missions seront d’accompagner et vérifier l’engagement de Facebook en termes de respect de la vie privée et d’assurer la liaison avec les instances, les législateurs et les experts concernés,
  • Il a réaffecté Michael Richter — qui était conseiller dans le département de la vie privée pour les questions légales — comme Chief Privacy Officer, en relation avec les produits. Ses objectifs seront d’améliorer et de formaliser les programmes « de partage de données et la gestion de la vie privée », et d’assurer leurs applications pour les nouveaux produits et ceux qui existent déjà.

Mais jusqu’où ira Mark dans sa politique de gestion de données surtout avec l’expansion de Facebook (techniquement parlant) et la croissance de nombre de ses utilisateurs ?

Ses intentions de sociabiliser le web en intégrant des applications qui vont dans ce sens (partage de la musique via Spotify ; appels via Skype ) vont rendre techniquement difficile cette tâche — voire la rendre impossible ! —

Les rumeurs parlent déjà d’un smartphone Facebook et pourquoi pas dans l’avenir, une application pour les ordinateurs et même un navigateur !

Va-t-il réussir la gestion de tous ces flux de données ?
Va-t-il réussir son pari de faire de Facebook la plateforme qui gère au mieux le partage de données et la gestion de la vie privée ?

Seuls les mois, voire les années à venir répondront à ces questions.