Avec Obama, il est l’un des noms les plus cités dans les médias ces dernières semaines. Louis Gallois, ancien PDG d’EADS, est la tête d’affiche du gouvernement avec son rapport de compétitivité de 74 pages, publié lundi 5 novembre dernier et attendu de tous.

Suite à sa nomination le 6 juin 2012 dernier au poste de commissaire général à l’investissement en Conseil des ministres, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault le charge de la rédaction d’un rapport sur la compétitivité française. Avec l’annonce de ce rapport, l’homme du moment fait couler beaucoup d’encre pour aujourd’hui remporter une victoire, voyant une partie de son rapport repris (donc approuvé) par Jean-Marc Ayrault dans son projet sur la compétitivité.

Mais avant de faire un tour rapide des points principaux du rapport de compétitivité proposé par Louis Gallois, revenons sur l’homme.


Qui est Louis Gallois ?

Louis Gallois est né le 26 janvier 1944 à Montauban dans le Tarn-et-Garonne.

Après l’obtention de son diplôme à HEC en 1966, il intègre l’ENA et sortira de la promotion Charles de Gaulle de 1972 dont faisait également partie Alain Juppé, maire de Bordeaux et ancien premier ministre, et Dominique Perben, ancien ministre des Transports. Il démarre sa carrière à la Direction du Trésor où il occupera plusieurs postes allant de cabinets en ministères. En 1981, il est nommé  directeur de Cabinet du ministre de la Recherche et de la Technique de l’époque, Jean-Pierre Chevènement.

Par la suite, il va successivement prendre la tête de plusieurs entreprises dans le secteur des transports et de l’aéronautique. Président de la SNCF de juillet 1996 à juillet 2006 où il a déclaré avoir atterri un peu par hasard,  il rejoint ensuite le groupe EADS dont il sera nommé co-président en 2006 pour ensuite devenir le PDG d’Airbus quelques mois plus tard, la même année. Le 16 juillet 2007, il est nommé PDG d’EADS, jusqu’au 31 mai 2012.

Au cours de ces années d’entrepreneuriat, sa carrière politique se fait plus discrète, mais il revient progressivement sur le devant de la scène, notamment avec la fondation en 2011 de « La Fabrique de l’Industrie », un laboratoire d’idées, destiné à ouvrir et stimuler la réflexion sur les enjeux et les perspectives de l’industrie. Par ailleurs, on le sait moins, il est également président de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), une fédération française d’organismes et d’associations proposant aux personnes en situation en grande détresse sociale un accueil, un hébergement et une aide à la réinsertion sociale.


Un rapport de compétitivité très attendu

Avant sa parution, les spéculations autour de ce rapport avaient le goût de la morosité du pays. Un pays qui a vu son taux de chômage atteindre un sommet historique en septembre, un pays en récession, un pays qui traverse une crise que nul ne peut ignorer. Pourtant, force est de constater que même les plus pessimistes semblent (pour le moment) approuver la plupart des mesures proposées dans ce rapport. Deux jours après sa parution, les débats autour de ces mesures continuent d’aller bon train. Force est de constater toutefois, que ces annonces rassemblent plus qu’elles n’opposent.

En résumé, Louis Gallois propose dans son rapport, dont le constat sévère annonce un pays en alerte, 22 mesures pour stopper le décrochage que subit la France. Parmi elles, sa proposition phare, celle du « choc de compétitivité » est la baisse de 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB, des cotisations sociales, de préférence en un an, au plus en deux ans. Les cotisations famille et maladie versées par l’employeur seraient réduites de 20 milliards, celles des salariés de 10 milliards. Ces baisses ne cibleraient pas que les bas salaires mais s’appliqueraient également à ceux représentant jusqu’à 3,5 fois le SMIC (près de 4 990 euros). Pour assurer le financement de la protection sociale, 20 à 22 milliards d’euros seraient récupérés en augmentant la CSG de 2 points, 5 à 6 milliards d’euros en relevant la TVA de certains produits qui bénéficient de taux réduits, et 2 à 3 milliards en jouant sur la fiscalité anti-pollution (taxe carbone) et celle des transactions financières, de l’immobilier et des niches fiscales.

Par ailleurs, surfant discrètement sur la vague du « Made in France » prôné fièrement par un Arnaud Montebourg en marinière, il souhaite mettre en place des mesures pour un redressement industriel de la France et la création d’une « marque France », sorte de déclinaison du « Made in France »  à promouvoir dans le monde, avec comme objectif premier d’effectuer une montée en gamme.

Ce rapport de compétitivité pourra-t-il participer au redressement du pays ? Ou est-il, comme le jugent nos voisins allemands, une bonne idée mais qui ne va pas assez loin ?

Les débats ne font que commencer. Un homme et des mesures à suivre…