Bien qu’attendue, l’annonce aura tout de même connu un certain retentissement dans les milieux d’affaires ; Sir Lindsay Owen-Jones (67 ans, « LOJ » pour les intimes) quitte définitivement L’Oréal, après plus de 20 années passées à la tête du géant des cosmétiques. Il en était encore le président d’honneur depuis 2011.

Entré en 1969 chez L’Oréal, Lindsay Owen-Jones y aura effectué toute sa carrière, jusqu’à en devenir le PDG en 1988. Sous sa houlette, et notamment grâce à une politique d’acquisitions tous azimuts, le groupe est devenu en 20 ans le numéro un mondial du secteur, présentant chaque année une croissance à deux chiffres de son bénéfice net.

Cependant, dès 2006, LOJ avait initié le « passage de témoin » de manière graduelle, en offrant d’abord la responsabilité opérationnelle de L’Oréal à Jean-Paul Agon, puis en le nommant PDG en 2011. Ce dernier a su depuis imprimer sa propre marque, d’abord en redressant les comptes durement affectés par la crise en 2008, ensuite en pilotant le développement du groupe à l’international, notamment dans les pays émergents, avec pour objectif la conquête d’un milliard de nouveaux consommateurs d’ici à 2020.

Avec le départ de Lindsay Owen-Jones, c’est donc une page majeure de l’histoire de L’Oréal qui se tourne définitivement. Celui-ci a estimé que le temps en était venu, tel qu’il l’écrit dans sa lettre de démission :

« accorder un certain crédit à ceux qui pensent qu’un ancien président ne doit pas prolonger à l’infini sa présence au conseil » / « qu’est venu le moment (..) de compléter le passage de témoin entre générations initié en 2006 et réalisé par étapes, sans la moindre faille, depuis… »

Passionné de sport automobile, Lindsay Owen-Jones a remporté plusieurs titres en Europe dans des compétitions de voitures historiques. Il a aussi couru les 24 heures du Mans en 1994, 95, et 96, où son équipe a décroché une honorable 5ème place. Il est également féru de voile et participe régulièrement à des courses nautiques, avec son propre monocoque de 24 mètres. Pour finir, il est lui-même pilote d’hélicoptère, un moyen pratique pour se déplacer entre ses nombreuses propriétés.

Sa fortune personnelle était estimée à plus de 400 millions d’euros en 2012 ; fin 2012, sous la pression fiscale, Lindsay Owen-Jones a discrètement quitté la France pour s’établir dans le canton de Lugano en Suisse.