Après des années d’expérience en management opérationnel et développement commercial, vous avez créé un concept inédit en France, celui de mettre en relation directe des entreprises et candidats ayant des aspirations compatibles, permettant ainsi le développement et l’épanouissement de chacun.
Laurane Lafon: Concrètement, qu’est-ce qui vous a conduit à constater le besoin de ce type de collaboration ?

Jean-Luc Fresel: La décision de créer Élibe provient d’un double constat :

  • Dans un environnement économique de plus en plus complexe et imprévisible, la flexibilité des ressources humaines est une des composantes majeures de la réactivité et de la performance des entreprises.

Si cette flexibilité est plutôt bien gérée pour les métiers d’employés ou d’ouvriers, notamment grâce à l’intérim, les entreprises françaises, malgré des besoins croissants, peinent à déployer de réelles politiques de flexibilité pour les profils de techniciens experts ou d’encadrement intermédiaire.

 

  • Recherchant un nouveau style de vie, certains professionnels expérimentés souhaitent capitaliser sur leurs compétences pour travailler à la carte. Ils aiment multiplier les expériences dans des environnements variés, partager leurs talents et leurs savoirs, maîtriser leurs conditions de travail (contenu, temps, lieu).

Convaincus que la flexibilité du management est un des enjeux majeurs de la politique RH des entreprises pour les prochaines années, nous avons décidé d’apporter une réponse simple à ces deux attentes en créant une plateforme de mise en relation directe et instantanée entre entreprises et candidats dédiée aux missions ponctuelles de niveaux cadres et techniciens experts.

 

Laurane Lafon: Ressentez-vous un frein face à la difficile flexibilité du mode de fonctionnement des entreprises françaises, encore très ancrées dans des structures de travail hiérarchiques traditionnelles ?

Jean-Luc Fresel: Ce frein est particulièrement présent pour les profils de management intermédiaire.

Les entreprises considèrent souvent le recours à ces profils trop coûteux ou trop complexe à gérer pour des missions ponctuelles. Le CDI traditionnel rassure.

Le constat est pourtant interpellant pour cette population hautement stratégique :

– les personnes absentes ne sont pas toujours remplacées, les missions sont redistribuées aux collègues,

– la surcharge de travail en cas d’accroissement d’activité génère du stress, de la démotivation  entraînant inévitablement une perte d’efficacité,

– ne pouvant justifier un poste permanent, certaines entreprises font  l’impasse sur des compétences pourtant nécessaires.

Dans les faits, l’impact du manque de flexibilité du middle management sur la performance globale de l’entreprise est indéniable mais rarement mesuré. Les effets ne sont visibles qu’à moyen terme : taches abandonnées dans la logique de gestion des priorités, manque de présence auprès des équipes ou des clients, manque de recul ou d’expertise dans certaines décisions, surcharge de travail des personnes en poste…

Avec Élibe nous apportons aux entreprises une solution simple et très compétitive pour faire appel à des compétences opérationnelles dans de nombreuses situations : besoin ponctuel de compétences spécifiques, accroissement d’activité, renforcement d’équipes dans le cadre de projets ou de réorganisations, remplacements, tutorats métiers.

 

Laurane Lafon: Selon-vous, comment venir à bout du sentiment d’incompatibilité des mots « flexibilité & sécurité » des formes d’emplois ?

Jean-Luc Fresel: La flexibilité est traditionnellement associée à la précarité.

Mais toutes les formes d’emploi sont désormais exposées comme le démontrent les plans sociaux, les réorganisations, les délocalisations, les ajustements d’effectifs à l’activité…

La sécurité du CDI est devenue illusoire.

Le marché du travail est en pleine mutation.

De nombreux salariés ont parfaitement intégré qu’une carrière est constituée d’une succession de  postes et de statuts différents. La sécurité de l’emploi est désormais plus liée à son employabilité qu’à son statut. Du professionnalisme, des expériences variées, une capacité d’adaptation, le sens de l’engagement sont autant d’atouts pour valoriser son profil.

 

Avec Élibe, nous considérons que les candidats expérimentés qui choisissent la flexibilité du travail à la carte sécurisent leur employabilité sur la durée.

L’intégration temporaire d’opérationnels de niveaux cadres ou experts est sensible pour les entreprises. Le profil des candidats Élibe leur permet de s’intégrer facilement dans les équipes en place pour des missions ponctuelles.

Plus les entreprises intégreront cette forme d’emploi plus la flexibilité sera source de sécurité pour les professionnels positionnés sur des compétences demandées par le marché.

 

 

Laurane Lafon: Avez-vous mis en place un système de feedback vous permettant de savoir si les collaborations entre entreprises et candidats ont été fructueuses ?

Jean-Luc Fresel: Même si nous développons progressivement des outils pour valoriser au mieux le profil des candidats (recommandations, tests on line,…), nous souhaitons clairement nous limiter à la mise en relation. Nous voulons un outil simple, rapide  avec le minimum de contraintes et le maximum de souplesse.

Nous facilitons le contact qualifié, sans annonce, sans tri de cv, grâce à un  moteur de matching puissant qui permet à l’entreprise de contacter en quelques clics des candidats répondant à leurs critères. Charge à eux de valider leur intérêt à travailler ensemble et de définir les conditions de leur collaboration tant sur le fond que sur la forme contractuelle.

Nous sommes néanmoins très sensibles aux feedbacks de nos clients et candidats. Pour cela nous disposons de plusieurs outils de suivi de la satisfaction :

- les messages via notre rubrique « contactez nous » qui sont très utilisés,

- l’activation de notre garantie satisfaction en recréditant immédiatement tout client qui ne serait pas satisfait d’un candidat,

- et bien sûr le meilleur indicateur : la récurrence de connexion de nos clients et la fréquence de mise à jour des disponibilités de nos candidats.

 

Laurane Lafon: Aujourd’hui comment se porte le développement d’Elibe en France ? Pensez-vous que ce concept est extensible aux autres cultures du travail, à un niveau international ?

Jean-Luc Fresel: Élibe est jeune. Les premières semaines sont très encourageantes. Le pari de proposer « la liberté de travailler autrement » séduit de nombreux candidats et entreprises. Une nouvelle communauté de professionnels voit le jour.

Ce concept a tout son sens en France car il apporte une solution pour faciliter la flexibilité du management intermédiaire face à une législation du travail, qui malgré les assouplissements récents, continue à favoriser les contrats traditionnels. Il est possible de l’étendre à l’international en l’adaptant aux législations des pays concernés.

Pour le futur, nous avons identifié d’autres cibles pour lesquelles notre concept pourrait facilement se développer au niveau international. Les idées ne manquent pas mais chaque chose en son temps.

 

 

N’hésitez pas à contacter Élibe: http://www.elibe.fr/