Aujourd’hui nous recevons Xavier Heude, fondateur de PEERS Direct Investment, un nouveau label visant à favoriser les investissements responsables.

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Gary Bismuth : Bonjour Xavier Heude, pouvez-vous présenter votre parcours initial ?

Xavier Heude : Bonjour Gary Bismuth. Merci pour cette opportunité de présenter PEERS Direct Investment. Mon parcours est principalement marqué par un volet professionnel et un volet social, tout aussi important. Sur le plan professionnel, j’ai fait du crédit aux entreprises (PMEs) dans le cadre d’une expérience bancaire, ainsi que de la consultance et de la gestion de projets dans divers domaines. Sur le plan social (à titre bénévole), je suis activement impliqué dans plusieurs ONGs.


Gary Bismuth :
Comment est né PEERS Direct Investment ? Quel est le concept ?

Xavier Heude : Si le modèle économique actuel a permis jusqu’à aujourd’hui un développement important de la richesse matérielle (y.c. une amélioration prodigieuse de la santé) d’une grande partie de la population mondiale, il faut reconnaître que ce modèle semble avoir atteint ses limites. L’accumulation de la richesse matérielle s’est faite en partie aux dépens de l’environnement naturel et de nouveaux problèmes surgissent : pression démographique, instabilité politique liée à certains manques de ressources naturelles non renouvelables.

Pour résoudre ce problème, il faut favoriser les initiatives économico-sociales qui s’engagent réellement dans un processus de développement socialement responsable à l’échelle universelle et qui mettent l’accent sur l’éducation. Le manque d’accès à l’éducation, ainsi que le contenu même des programmes d’éducation existants, sont parmi les principaux freins au développement durable de notre monde.

Dans ce contexte, PDI vise à labelliser – et donc à donner une visibilité – à toutes les formes d’initiatives (entreprises, associations, projets …) qui démontrent un réel engagement au-delà des simples déclarations de principe. Le concept est ambitieux, mais fondamentalement pertinent à mon sens.


Gary Bismuth :
A quels types d’investisseurs et de projets le label PDI est-il destiné ?

Xavier Heude : Le label est destiné à éclairer les investisseurs qui se posent la question de savoir comment leur argent est utilisé. Un projet d’investissement ou une organisation labellisés PDI leur permet d’être sûrs que leur investissement soutient des activités générant un impact positif sur la société, tant d’un point de vue du développement personnel, de la protection physique et psychologique des personnes, que de l’environnement.


Gary Bismuth : Comment mesure-t-on les « impacts positifs » ?OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Xavier Heude : L’impact des activités d’une organisation ou d’un projet peut se mesurer à l’aide d’indicateurs généralement structurés en 3 parties : E pour environnement ; S pour social ; G pour gouvernance (la fameuse approche ESG).

Le label PDI s’inspire de cette approche internationalement reconnue, mais avec un focus plus particulier sur les notions d’engagement et d’éducation, qui me semblent fondamentales pour ne pas tomber dans le « green / social washing ».

 

Gary Bismuth : Vous avez déjà testé cette méthode, pouvez-vous nous donner quelques exemples ? Quelles en ont été les conclusions ?

Xavier Heude : Depuis 1 an, des projets d’investissement sont en cours d’analyse, en vue d’une labellisation en 2013.

Pour exemple, un élevage de buffles aux Philippines, pour la production de lait, s’appuyant sur un réseau de fermiers locaux démunis. Ces derniers sont assistés dans leur tâche quotidienne d’élevage des animaux et la vente du lait leur permet d’améliorer significativement leur revenu.  Il y a une appropriation totale de l’activité par la population locale.

Quelques organisations au Luxembourg ont été labellisées pour la première fois en 2012. Voir la page des partenaires labellisés.


Gary Bismuth : Pour terminer, pourquoi pensez-vous qu’un investisseur devrait se préoccuper qu’un investissement soit socialement responsable ?

Xavier Heude : Il en va tout simplement de la protection de ses avoirs. Ce qui n’est pas socialement responsable n’est par définition pas durable. La crise financière actuelle l’a démontré une fois de plus.

Dès que le gain financier se fait au détriment d’autrui (cas des subprimes américains, mais aussi de la spéculation sur des instruments financiers déconnectés de tout sous-jacent économique), il est forcément néfaste.  Tôt ou tard, il se passe un phénomène d’auto-correction qui nuit in fine à l’investisseur. L’appât du gain n’est pas à blâmer, dès l’instant qu’il s’agit de bon profit pour tous.


Gary Bismuth : Merci pour cette interview.