We Are The Shops est un site internet de local shopping permettant de trouver et réserver en ligne les produits de prêt-à-porter que l’on souhaite, puis de finaliser et récupérer ses achats dans les boutiques physiques : « Trouvez en ligne, achetez en ville ».


Lali Dugelay : Bonjour Victor Aumaitre, merci d’accorder cet entretien à Business Actor. Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Victor Aumaitre : Bonjour Lali, et merci à Business Actor pour cette proposition d’interview. J’ai commencé mes études à la faculté de sciences économiques d’Orléans, puis en licence je suis parti en Erasmus pendant un an en Écosse pour effectuer un BA d’économie. En rentrant d’Écosse, j’ai suivi une maîtrise d’économie et de gestion à Assas, pour ensuite rejoindre l’école de Management de Nantes d’Audencia, et finir mes études à Cincinnati.

Après un début de carrière dans le conseil en organisation, puis un premier projet de start-up internet, j’ai rejoint l’agence Digital Nextedia où j’ai eu la chance d’être entouré par de vrais passionnés du Web, qui m’ont très rapidement transmis le virus. J’ai ensuite rejoint un gros tour-opérateur français pour m’occuper du digital sur le marché français, chez qui je suis resté jusqu’à ma rencontre avec Marc-Andreas Albert.


Lali Dugelay : Quel est le profil de vos associés ?

Victor Aumaitre : Marc-Andreas, à l’origine du projet et de l’idée, est diplômé de l’ESSEC puis a été consultant en stratégie dans un gros cabinet à Paris. Au sein de WeAreTheShops, c’est lui qui s’occupe de mettre en place des partenariats commerciaux stratégiques.

Romain Dorgueil, le troisième de la bande, a en charge tous les aspects techniques de développement web, d’administration réseau, de structure de base de données, de gestion des flux produits et du SEO. Il a été pendant plusieurs années le manager technique de SensioLabs, éditeur du framework que nous utilisons sur WeAreTheShops, avant de créer sa société de conseil.

De mon côté je m’occupe dans sa globalité du marketing digital, de la communication et de la mise en place de partenariats stratégiques avec d’autres éditeurs et acteurs du web.


Lali Dugelay : Qu’est-ce que WeAreTheShops ? Quelles prestations propose-t-il ? Quel est le concept ? Concrètement, comment cela fonctionne-t-il (notamment, d’un point de vue technique) ?

Victor Aumaitre : WeAreTheShops est ce qu’on appelle un « product locator ». Nous sommes une place de marché web-to-store spécialisée dans le prêt-à-porter, permettant grâce à son moteur de recherche de trouver les produits des collections présentes en boutiques physiques, et proposant à ses membres de pouvoir réserver en ligne gratuitement ceux-ci, avant de venir faire leurs achats en points de ventes physiques.

Pour le consommateur, WeAreTheShops est en quelque sorte un optimisateur de shopping, permettant avant de se déplacer dans un magasin, de connaître les articles disponibles en stock dans celui-ci, par taille, couleur, de les réserver pendant 24 heures, et de gagner ainsi du temps. Pour les marques, WeAreTheShops est à la fois un nouveau service générateur de trafic et de ventes en points de vente physiques, et un service à valeur ajoutée pour fidéliser ses clients en leur offrant la possibilité de réserver depuis Internet leurs collections en points de vente.

Nous avons fait le choix de nous positionner sur le marché du prêt-à-porter haut de gamme (pour ne citer que quelques marques : Antik Batik, Chattawak, Berenice, Lynn Adler, Ba&Sh, Valentine Gauthier, Curling, Virginie Castaway…), car c’est sur celui-ci qu’il est plus pertinent de répondre à un comportement RoPo qui se justifie tant par la prolifération de l’offre et du nombre de marques, que par le besoin réel de toucher, d’essayer et d’obtenir les conseils d’un vendeur, sachant qu’en plus la récurrence d’achat est importante et les paniers moyens sont élevés…

Nos utilisateurs sont en majorité des habitants des grandes agglomérations françaises, et ont des profils CSP+, 20-45 ans (voir la démo ici).

Techniquement, nous agrégeons les flux de catalogues produits des marques avec ceux provenant des systèmes de gestion des stocks, puis géolocalisons ces données sur les réseaux de boutiques physiques sur notre site.

WATS Noir


Lali Dugelay : Qu’est-ce que le web-to-store (Ropo) ? Vous considérez-vous comme précurseurs dans cet univers ?

Victor Aumaitre : Le web-to-store est une terminologie utilisée pour définir ce qui au final ne date pas d’hier, à savoir le fait d’initier un achat de bien ou de service par une recherche préalable sur Internet pour le finaliser en point de vente physique. Mais le web-to-store est également un énorme marché estimé à plus de 30 milliards d’euros en France, qui touche 60 % des consommateurs et 20 % des achats réalisés, soit un marché trois fois supérieur au e-commerce.

Ce qui prend une tout autre ampleur aujourd’hui, c’est l’évolution technologique qui permet, au-delà des simples informations de localisation ou de recommandations, de fournir l’information de disponibilité d’un produit en point de vente, et de développer différentes solutions de « clic and collect ».

Pendant les dix dernières années, le Web a souvent tourné le dos aux canaux physiques avec lesquels il entrait en concurrence, mais aujourd’hui à l’heure du cross canal, il doit faire partie intégrante d’une bonne stratégie multicanaux et devient un puissant levier de génération de ventes et de trafic en point de vente physique, mais aussi de CRM et de fidélisation.

C’est une vraie révolution qui a déjà démarré et à laquelle nous avons pris part, je pense au time to market parmi les précurseurs en France.


Lali Dugelay : Votre site a été lancé en février 2012. Un an plus tard, où en êtes-vous des objectifs que vous vous étiez fixés ?

Victor Aumaitre : 2012 nous a permis de tester la version béta de notre site mais aussi de notre application iPhone, de remonter les optimisations à y apporter, et surtout de confirmer l’intérêt de notre solution pour nos partenaires et les consommateurs. Nous augmentons chaque semaine le nombre de marques partenaires, et sommes aujourd’hui à une vingtaine et devrions atteindre la quarantaine d’ici à la fin de l’année. Nous avons fait le choix de fermer provisoirement notre version béta pour y apporter de nombreuses optimisations et lancer au premier semestre 2013 la V1 de WeAreTheShops.

Nous sommes actuellement en pleine levée de fonds avec des investisseurs stratégiques que nous sommes allés chercher pour leur réseau et leur connaissance des métiers du web et du retail. En discussion avec plusieurs fonds et business angels en ce moment, nous devrions finaliser celle-ci début 2013.


Lali Dugelay : Vous proposez une offre totalement gratuite pour les utilisateurs. Quel est votre business model ? Quel intérêt les enseignes partenaires trouvent-elles à travailler avec vous ?

Victor Aumaitre : Notre modèle économique est composé de plusieurs briques différentes, du simple commissionnement sur les ventes générées en magasin, à la mise en place de campagnes dédiées aux lancements de collections à la commercialisation de data cross canal dans le cadre de campagne mobile et internet.

Les enseignes du prêt-à-porter ont plus que jamais besoin de rentabiliser leur réseau physique et de générer un maximum de trafic en point de vente face à la concurrence, et la cannibalisation indirecte de leurs nouvelles collections par les sites de ventes privées et de déstockage. Notre solution est toujours accueillie avec enthousiasme par les directions marketing que nous rencontrons et qui comprennent immédiatement l’intérêt, et le modèle économique de commissionnement d’apport d’affaire qui existe historiquement sur le marché du prêt-à-porter.


Lali Dugelay : Qui sont vos concurrents sur le marché ? Comment vous différenciez-vous d’eux ?

Victor Aumaitre : Nous n’avons pas de concurrent direct si nous considérons uniquement notre service web-to-store et le choix de notre niche sur le prêt-à-porter moyen haut de gamme. Il existe d’autres start-up françaises qui proposent des places de marchés équivalentes, mais elles ne proposent pas aujourd’hui d’outil de réservation « clic and collect », et sont positionnées sur du mass market, regroupant aussi bien des acteurs du high-tech, que du prêt-à-porter sans réel positionnement sur cette dernière catégorie  de produit.

Notre différenciation se fait à deux niveaux, à la fois par notre offre, et par le service que nous proposons. Notre volonté est de proposer une offre unique, en regroupant à la fois les plus belles enseignes du prêt-à-porter, mais également les petits créateurs, ou les belles boutiques multimarques. Notre service de réservation d’articles en boutique nous différencie également de nos concurrents, nous sommes perçus par nos utilisateurs comme un personal shopper ; vous recherchez, trouvez ce qui vous convient et après avoir envoyé votre demande de réservation d’article, nous nous occupons de tout, et celui-ci vous attend en boutique.


Lali Dugelay : Quels sont vos objectifs et perspectives d’évolution à court et moyen terme ?

Victor Aumaitre : Nous souhaitons donc d’ici à la fin de l’année passer la barre des 40 partenaires et couvrir ainsi une bonne partie de l’offre des grandes villes, mais également à moyen terme élargir la gamme de notre offre en nous attaquant à d’autres marchés, comme la déco par exemple, mais toujours en conservant notre positionnement haut de gamme.


Lali Dugelay : Exploitez-vous les canaux de réseaux sociaux pour vous faire connaître ? Comment communiquez-vous ?

Victor Aumaitre : Nous utilisons bien entendu les grands réseaux sociaux, comme Pinterest, Twitter et Facebook sur lesquels nous relayons notre actualité, et les articles d’Alice qui s’occupe du blog de WeAreTheShops. Nous animons aussi notre communauté en leur proposant des jeux concours rétribuant leurs contributions à notre page en leur faisant gagner des articles offerts par des marques, comme par exemple Valentine Gauthier avec qui nous avons fait notre premier concours. Nous avons également prévu une grosse campagne de communication sur les réseaux sociaux, qui débutera une fois notre levée de fonds finalisée.


Lali Dugelay : Quelle est la philosophie de l’entreprise ? A quelles valeurs êtes-vous attachés ? Pour quelles raisons pourrait-on avoir envie de travailler chez vous ?

Victor Aumaitre : Notre philosophie est celle je pense de beaucoup de start-up : donner chaque jour le meilleur de nous-mêmes, ne rien lâcher, et anticiper. Notre équipe s’est construite autour de grandes valeurs humaines communes qui sont, au-delà même de la réussite de notre projet ou de nos compétences réciproques, au cœur de notre aventure. Lorsque l’on démarre une aventure entrepreneuriale, il y a des très hauts et des très bas, pas de demi-mesure, et il indispensable que tout le monde regarde dans la même direction, en y mettant son énergie, en se remettant en question, et en ayant plaisir chaque jour à travailler ensemble, c’est pour cela que nous nous sommes trouvés.


Lali Dugelay : Comment nos lecteurs peuvent-ils vous contacter, suivre votre actualité ?

Victor Aumaitre : Si notre service vous correspond, que vous adorez la mode, vous pouvez suivre nos articles sur notre blog et rejoindre nos fans sur Facebook.

Si vous êtes une marque et que vous souhaitez rejoindre notre place de marché et tester notre service, vous pouvez nous contacter par LinkedIn, ou via notre page contact.