Florent Hernandez : Bonjour Thibault, merci d’avoir accepté notre invitation sur Business Actor, pourrais tu commencer par te présenter ? Quel a été ton parcours pour en arriver à l’entrepreneuriat ?
Thibault Honegger : Bonjour Florent, merci à toi de ton invitation.

Rapidement mon parcours : Je suis diplômé de l’école Centrale de Nantes en 2007. En fait, je rêvais depuis longtemps de faire des microrobots pour aller aider le corps humain à combattre des agents infectieux (virus, bacteries..) un peu comme dans la série télé « La vie » que je regardais quand j’étais petit….

Je suis donc ensuite parti sur Grenoble pour me spécialisé en Biologie en effectuant un M2 Nanobiotechnologies à l’université de Grenoble en 2008 et naturellement continué en thèse dans un laboratoire CNRS de micro et nanotechnologies appliqué à la santé. Pendant 3 ans, j’ai développé des technologies micro/nano pour fabriquer des particules qui permettent d’interagir avec des cellules humaines dans les laboratoires sur puces (lab-on-chip). Je suis parti en 2012 en post-doctorat au MIT à Boston pour appliquer ces technologies aux cellules nerveuses. Je suis resté 2 ans aux US et j’ai montré qu’il était possible de controler les connexions de neurones dans une puce pour reproduire les connexions d’un cerveau humain. Cette année en 2014, je suis revenu à Grenoble au CNRS, en tant que chercheur, pour développer ces technologies. L’objectif à long terme étant de reproduire dans une puce les connexions neuronales du cerveau d’un patient atteint de maladies neuro-dégénératives (Alzheimer, Parkinson…) pour faire du ciblage thérapeutique personnalisé.

Florent Hernandez :Tu as donc récemment lancé Linkio, peux tu nous en dire un peu plus sur le concept ? Sur l’équipe ?
Thibault Honegger : En fait l’idée est née il y a un an avec mon collègue de bureau, Kevin Berton. Sa femme et lui étaient assez embêtés parce qu’étant jeunes parents, à fond dans la gestion du quotidien (les finances, les enfants… et moi-même étant jeune papa je comprenais bien !), ils oubliaient souvent des appareils électriques branchés. Par exemple laisser les lumières allumées ou la télévision, à la limite ca pèse un peu sur la facture d’électricité à la fin du mois, mais surtout ils laissaient des appareils dangereux, comme par exemple le fer à lisser de sa femme ou le fer à repasser. Du coup, ils étaient obligés de revenir chez eux pour les débrancher.

Après une recherche approfondie sur le net, nous ne sommes pas arrivés à trouver une solution qui lui permettait d’éteindre une ou deux prises/interrupteurs sans rentrer dans une solution qui cherche à automatiser toute sa maison, complexe et surtout très cher pour juste quelques prises. Nous nous sommes donc lancés dans la réalisation d’une prise connectée qui permet de voir sur son smartphone l’état de la prise et aussi de pouvoir l’éteindre à distance. Apres quelques jours, la prise version électronique sans packaging. Apres quelques semaines d’utilisation chez eux et chez moi, tout le monde était bien  satisfait. Mais on ne s’en est pas arrêté là. Le besoin rapide s’est fait sentir de créer un interrupteur et une télécommande commandés par le smartphone. C’est vraiment à partir de ce moment-là que l’idée de Linkio est née.

J’ai donc demandé à Francois, Antoine, Timothé, Stéphanie et Serge de rejoindre l’équipe pour vraiment faire un produit qui puisse répondre aux problématiques des 25-40 : simplicité, abordable financièrement et ouvert aux développeurs. Après de nombreux soirs et weekend, la famille Linkio est sortie. Elle est composé d’une prise pour les US, l’Europe et l’Angleterre (alias ‘Le Plug’), d’un interrupteur mural (‘Le Switch’) et d’un replicateur de commande infrarouge qui permet de remplacer toutes tes télécommandes chez toi par ton smartphone (‘Le Remote’). La solution entiere vaut 99€ sans abonnement ni engagement, indépendamment de ton fournisseur internet et surtout très simple à utiliser.

On a décidé de lancer une campagne de financement participatif sur Kickstarter pour tester le concept du produit et composer notre premier portefeuille de clients. Ça sera ensuite François qui porte le projet comme PDG de Linkio.

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Florent Hernandez : Selon moi, le secteur de la domotique n’a jamais réellement pris, pour des cause de coûts notamment. Les installations n’ont jamais été accessible au grand public. Avec les objects connectés, nous assistons à une renaissance de ce secteur. Confirmes tu cela ? Les objecte connectés sont-ils le renouveau de la domestique ? L’outil qui va pouvoir démocratiser cela ?
Thibault Honegger : Tu as raison en partie. La question du coup est primordiale, mais pas seulement. On le sait tous que la « domotique », je préfère le terme de « maison intelligente » est l’avenir. On peut rêver mais dans plusieurs années il est fortement probable par exemple que ta maison allume ton chauffage avant que tu ne reviennes chez toi et ce de manière autonome en localisant ton activité par ton smartphone. Linkio propose un premier pas vers cette maison en proposant ‘un soupçon’ d’automatisation pour faciliter notre vie au quotidien. Un peu comme un pack de simplification de vie. Je suis persuadé que les objets connectés d’aujourd’hui qui feront la maison intelligente de demain. Et pour démocratiser ces objets, la simplicité et le cout sont critiques, et c’est sur ces deux aspects que Linkio se démarque par rapport aux concurrents qui cherchenet à enfermer les utilisateurs dans un ecosysteme. A titre d’exemple, pratiquement toutes les solutions commerciales obligent l’utilisateur à passer par leurs serveurs. Cela pose un probleme critique de privatisation des données utilisateurs (personnellement je n’ai pas envi que Google sache quand je vais allumer la lumière de ma salle de bain) et de pérennité dans le temps (si leurs serveurs ne marchent plus, tu ne peux pas allumer ta lumière…). Nous avons fait le choix de deporter toutes les données et le contrôle sur Le Hub, chez l’utilisateur, et nos serveurs ne servent qu’a faire le lien avec leur smartphone.

Florent Hernandez :Quel pour toi l’avenir des objects connectés ? Comment vois tu ce marché dans 5 ans ?
Thibault Honegger : On a vraiment plein d’idées à Linkio ! En dehors d’augmenter la gamme de nos produits – en exclue pour toi nous allons présenter dans quelques jours nos prises murales et nos doubles interrupteurs -, je pense que l’avenir des objets connectés c’est de développer des environnements utilisant ces objets connectés pour répondre à des problématiques du quotidien : enfants, personnes âgées, handicapés… Je te donne rendez vous dans quelques moi pour te présenter les solutions que l’on proposera.

Sur le plus long terme, les objets connectés seront à mon avis composé du gros électromenager (frigo, lave vaisselle, fours…). Les industriels du secteur ne sont pas encore allé sur ce marché (clairement integré des puces qui permettraient de programmer ces équipements à distance) à mon avis parce qu’il n’existe pas encore de standard d’objets connectés. Quand on voit les solutions qui émergent comme z-wave, le problème principale c’est le cout d’accès qui est directement répercuté sur les client. C’est pourquoi nous avons fait le choix de développer notre propre solution de communication qui sera ouverte et programmable par n’importe qui. A titre d’exemple, nous commercialison le DevKit à 10€ et qui permet de relier n’importe quel instrument à l’environnement Linkio.

Florent Hernandez :Peux tu enfin nous donner quelques liens ou nous pourrions retrouver Linkio sur le web ?
Thibault Honegger : Bien sur ! Notre site internet, http://www.linkio.net et la campagne kickstarter : http://ks.linkio.net.

Pour nous contacter directement, contact@linkio.net