Business-Actor vous propose de découvrir l’interview de Louis-Serge Real del Sarte, directeur de la communication digitale pour de grands groupes, fondateur d’YLFLY et d’easyNetwork, co-fondateur du Cabinet ReaClic et du site easyBourse revendu à La Banque Postale.

Hervé Ferro : Bonjour Louis-Serge Real del Sarte, merci d’accorder un peu de temps à Business Actor. Pouvez-vous commencer par vous présenter brièvement ? Quel a été rapidement votre parcours pour arriver là où vous en êtes aujourd’hui ?
Louis-Serge Real del Sarte: Passionné par la mise en relation depuis fort longtemps, je suis aujourd’hui consultant en réseaux sociaux pour les entreprises et travaille seul, depuis huit mois, lors de la création d’YLFLY. Pour mieux comprendre ce virage digital, après une carrière financière et un poste de Directeur Europe de salle de marchés durant huit ans, j’ai été avant tout un « networker » assidu et avisé, membre de plus de cent Cercles et clubs dont certains prestigieux, fondateurs de certains,  avec la difficulté croissante que vous pouvez imaginer de la gestion du carnet d’adresses.

Lorsque les Viaduc devenu Viadéo, OpenBC devenu XING et autres Linkedin apparurent de 2003 à 2005, j’ai vu la formidable opportunité d’outsourcer la pertinence et la mise à jour de mes dizaines de milliers de contacts, fruits de ces réseaux fréquentés naguère. La mise en avant en 2006 de l’émission Zone interdite qui m’a été consacrée sur M6, mes titres d’Ambassadeurs de Viadéo, puis Spock et XING ont permis d’accroitre ce relationnel en ligne avec 10 ans de pratique, et de passer du « mortar » au clic, saisissant également toutes les occasions d’innovations comme la première cybercarte de visite téléchargeable en ligne, ou en 2014 la première biographie numérique. Lien : http://www.evolubook.com/flipbooks/louis-serge/  C’est un long travail dont les retours ont été favorables, une très belle idée de la société Evolubook.

entre

 

Pour ceux qui veulent plus de détail j’ai tenté d’être plus explicite sur mon profil Viadéo :

http://fr.viadeo.com/fr/profile/louis-serge.realdelsarte

 

Hervé Ferro : vous possédez à ce jour le plus puissant carnet d’adresses des 60 millions de membres sur VIADEO, celui qui a également le plus grand nombre de contacts directs en ligne en Europe en additionnant vos relations Linkedin, XING , de vos groupes et tous les réseaux sociaux où vous êtes présents, alors pourquoi ne pas avoir voulu créer votre propre réseau social ?
Louis-Serge Real del Sarte: Vous ne croyez pas si bien dire, je l’ai fait naguère avec easyNetwork sur NING, un site de réseau au final déficient et en déclin,  mais la mise en relation, le networking et faire la publicité des autres sont deux métiers distincts, car monter une plateforme est vrai challenge et je ne suis pas informaticien. Je pense indispensable de travailler la matière que l’on maîtrise parfaitement. A contrario j’ai aidé les autres en laboratoire comme le nettoyage de MySpace de Ruppert Murdoch, devenu un dépotoir d’avatars  alors que c’était naguère le premier réseau social vertical à thématique musicale. J’ai aidé XING, Viadéo et bien d’autres comme l’allemand Decayenne, l’américain Spock ou le réseau social des expatriés Internations.org.  Plus récemment j’ai aidé à construire uDiversal en amont, en trouvant la plateforme, en construisant les CGU, en suggérant les améliorations nécessaires. Le site, perfectible grandit. uDiversal est un réseau professionnel qui a pour objectif de valoriser toutes les compétences pour mettre un terme à toutes les formes de discriminations qui peuvent prendre place dans le monde du travail. C’est un outil moderne et très innovant, car il répond à un réel besoin des entreprises et des candidats d’aujourd’hui en proposant une plateforme d’échanges et d’informations inédite, gratuite et ouverte à tous, à l’heure où le web 2.0 devient un élément incontournable de la recherche d’emploi et du processus de recrutement. Ce nouveau réseau social est intéressant car il aborde des thématiques qui sont d’actualité afin de nourrir le débat pour briser les tabous. Après le leader Viadeo et son petit frère Amplement, c’est le dernier réseau social français de l’innovation sociale. Je lui souhaite longue vie. https://www.udiversal.com/login/

Hervé Ferro : pouvez-vous expliquer à nos lecteurs l’intérêt d’être présent sur plusieurs réseaux sociaux et de multiplier le nombre de contacts ?
Louis-Serge Real del Sarte: Cette question revient fréquemment et fait débat mais la seule réponse pertinente réside dans le nombre. Le « quantitatif » en prenant soin de ne pas vous éloigner du « qualitatif ». Avoir un très grand nombre de contacts directs permet de créer des liens faibles (connexion d’un contact jamais vu de visu), et de cacher ses liens forts (clients, sources d’information, prospects, Ressources humaines, talents, ..). Pour cela il faut être ouvert, disponible, multiculturel,… l’antiracisme. Pour le ROI, les contacts faibles apportent des résultats probants. Avec des pointes à 30 000 visites quotidiennes sur Viadéo contre 150 sur Linkedin ou seuls 15% des membres sont Premium contre 60% sur Viadéo, le nombre de propositions, questions, spams aussi, messages amicaux démontre que plus vous avez de contacts, plus vous pourrez espérer véhiculer vos messages et recueillir des opportunités. Cela prend du temps et un réseau ne se construit pas dans un but précis de court terme comme la perte d’emploi. L’épée de Damoclès existe avec l’arrêt brutal d’un réseau social ou vous vous êtes beaucoup investi comme PLAXO ou j’avais environ 18 000 contacts, l’un des plus beaux carnets d’adresses d’un français au Canada, ou bien lors du rachat de Unyk au Canada, AppnaCircle en Inde et Tianji en Chine, les trois ayant été rachetés par Viadéo, ce qui explique sa puissance légitime à l’international et le fait de m’être retrouvé un beau jour avec quatre profils sur Viadéo des suites de ces rachats. Peu importe, mais en conclusion, mieux vaut ne pas mettre tous ses contacts dans le même panier !

Pour expliquer le quantitatif : que deviendrait un quotidien sans lecteur, une page twitter sans followers, une page facebook sans fan et un compte Viadéo où l’on se contenterait de juste répliquer son carnet d’adresses. Ma problématique réside dans le fait que je ne peux inviter mes deux millions de contacts directs sur un réseau social professionnel du fait de leurs limites pour éviter l’import de fichiers. La clé de voûte du système réside dans le « N+2 », ce contact que vous ne connaissez pas et qui sera prévenu de vos faits et gestes, de votre activité et surtout de vos publications par un contact commun. En effet lorsque vous publiez régulièrement sur les réseaux sociaux professionnels, vous devenez un véritable média et lorsque vos contacts directs adoubent vos écrits et les rendent visibles, ils transmettent vos informations à leurs propres carnets d’adresses en ligne, vous faisant indirectement cette publicité. Récompensé de vos efforts, ils vous demanderont à leur tour en contact direct. Un cercle vertueux.

Hervé Ferro : quelle est votre vision de cet avenir digital qui s’impose, et vos conseils aux entreprises ?
Louis-Serge Real del Sarte: Pour être synthétique : être influent en marketing relationnel suppose dans un premier temps de définir votre problématique et choisir les cibles, donc d’investir les bons espaces de réseaux sociaux personnels, verticaux, professionnels, de vidéos et d’images, car il s’en crée chaque jour, sans oublier l’arborescence du site internet, le blog et l’application mobile,  ensuite le plus dur, le plus couteux sur facebook, ou le plus long sur les réseaux sociaux professionnels sera d’augmenter son carnet d’adresses, ses fans et followers selon des stratégies concordantes avec le modèle économique de l’entreprise et de ses besoins, BtoB, BtoC ou CtoC.

Enfin après la formation des salariés pour les pousser à devenir les meilleurs ambassadeurs en ligne et les inciter à bien relayer l’information pour la « partager avec fierté », après viendra la prévention et la protection, avec la mise en place d’une charte des réseaux sociaux et tout le juridique, il conviendra ensuite de bien définir la ligne éditoriale et son rythme et de la faire adouber par la direction générale. Il faut donc réfléchir à ce que vous souhaitez dire à ce carnet d’adresse construit à la force du poignet sur les réseaux sociaux professionnels (quali) et à coup de jeux concours sur facebook (quanti). Créer un groupe et fédérer une communauté sur le leader français Viadéo prend beaucoup de temps tout comme l’adhésion à sa page société ‘corporate’ car nous sommes sur un espace personnel, avec des droits et des devoirs si, et uniquement si vous avez mis la charte en place avec toutes les idées que seuls les grands utilisateurs pourront vous suggérer. Comme par exemple : ne pas dire du bien d’un collaborateur avant qu’il n’ait quitté le groupe et attendre six mois au risque que cette recommandation ne se retourne contre vous en cas de litige… ou imposer le changement de fonction d’une personne dans les trente jours suivant son départ. Difficile sinon d’imposer un changement que même Viadéo ou Linkedin ne pourront sur un plan juridique prendre en considération.

L’e-réputation se joue sur facebook, Youtube et Twitter mais l’avenir appartiendra à l’entreprise qui investit intelligemment les réseaux sociaux professionnels, (page corporate, ligne éditoriale etc..). Comme on l’a vu avec le rachat de Pulse par Linkedin pour maintenir ses membres en ligne, l’information accapare votre attention d’utilisateur et il en résulte un véritable business pour l’émetteur d’où la création des programmes d’influenceurs.

yifiHervé Ferro : merci Louis-Serge pour ces réponses, comment peut-on vous contacter ?
Louis-Serge Real del Sarte: Contact@YLFLY.com