Jimi Fontaine nous présente sa jeune société Graphinium, spécialisée dans la création d’applications Open Graph, permettant d’enrichir et de personnaliser l’expérience d’achat grâce aux réseaux sociaux.

 

Lali Dugelay : Bonjour Jimi Fontaine, merci d’accorder cet entretien à Business Actor. Peux-tu commencer par présenter ton parcours et ce qui t’a amené là où tu es aujourd’hui ?

Jimi Fontaine : Après avoir débuté professionnellement il y a une quinzaine d’années en tant que consultant datamining chez IRI-SECODIP (aujourd’hui SymphonyIRI), j’ai démarré dans l’Internet il y a 11 ans chez Voyages-sncf.com en tant que chef de projet CRM. J’ai effectué une grande partie de mon parcours digital, qui est un domaine qui me passionne, dans cette entreprise. A l’époque il s’agissait d’une nouvelle aventure en mode start-up avec 11 salariés. Lorsque j’en suis parti il y a un an, il y avait plus de 450 salariés. Avec le temps, j’ai souhaité créer ma propre structure. Après avoir fait une étude de marché, je me suis lancé dans l’aventure Graphinium, qui bien qu’ayant vu le jour en janvier 2012, est un projet sur lequel nous travaillons depuis un peu plus d’un an et demi.
Aujourd’hui, je suis co-fondateur et président de Graphinium. Mon associé, Nabil Benmira, s’occupe de la partie techno-IT. Il est ingénieur en informatique, architecte lead dans des technologies open source et Java. Nous nous sommes connus chez Voyages-sncf.com. Nous sommes épaulés par un développeur et nous faisons appel à des free-lance ou des consultants ponctuellement selon les pics d’activité.

 

Lali Dugelay : Peux-tu nous présenter Graphinium ? Quelles prestations propose-t-elle ?

Jimi Fontaine : Graphinium propose des solutions de social commerce pour les marques et les agences, afin de rentabiliser leur présence sur les réseaux sociaux (principalement Facebook, mais nous travaillons aussi en R & D sur Twitter). Nous créons des mécaniques permettant de travailler sur l’acquisition client de façon ciblée avec un positionnement particulier : proposer de la recommandation en temps réel sur ces dispositifs, avec une déclinaison d’outils analytiques pour analyser le graphe social et la qualité des communautés, notamment les pages fans Facebook.

Nous développons des modules packagés pour proposer aux acteurs e-commerce ou aux marques d’accéder à des solutions à haute valeur ajoutée en toute simplicité et à une facturation à l’usage. Par exemple, on a créé un widget affinitaire pour inviter ses amis que l’on peut installer en moins d’une demi-journée sur un site d’e-commerce et permettre de faire des propositions d’offres sociales. On part du principe que les amis de mes clients sont mes futurs clients. Comment répondre à cette promesse ? Graphinium propose des solutions clé en main faciles à installer et directement opérationnelles.

 

Lali Dugelay : Peux-tu définir le terme de « social commerce » ?

Jimi Fontaine : Le social commerce consiste à intégrer sa communauté dans le process d’achat Web (avant, pendant et après) grâce à son réseau de connaissances (ses « friends ») soit parce que je demande leur avis à des amis, soit grâce à mes goûts parce que je les déclarés par exemple sur Facebook. Cela se fait depuis très longtemps en fait, c’est une version moderne du bouche à oreille, mais aujourd’hui avec les nouvelles plateformes et le succès de réseaux sociaux du type Facebook, Twitter et les API, on peut accéder à beaucoup d’informations avec le consentement de l’internaute, ce qui nous permet de proposer des expériences beaucoup plus riches et participatives aux clients.

 

Lali Dugelay : Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ?

Jimi Fontaine : A titre d’exemple, imaginons qu’un site e-commerce propose une promotion exclusivement destinée aux personnes qui sont fans de sa page Facebook. Pour pouvoir découvrir l’offre et en bénéficier, on peut proposer au client fans de la page d’inviter ses amis à découvrir cette offre, en échange de quoi il bénéficiera d’une promotion supplémentaire.

Graphinium propose aux marques ce type de dispositif technologique permettant d’inviter les amis qui sont en affinité, en appétence avec le produit. Ainsi, la marque va collecter, si les filleuls souhaitent bénéficier de l’offre, de nouveaux clients. Graphinium permet donc d’aider à l’acquisition de nouveaux clients sur les réseaux sociaux.

Par ce dispositif on va pouvoir capitaliser sur les goûts et les appétences des amis qui se transformeront en clients.

 

Lali Dugelay : Peux-tu définir la notion d’ « open graph commerce » ?

Jimi Fontaine : Il s’agit d’enrichir et de personnaliser son expérience d’achat grâce à son graphe social et d’intérêts. On va prendre en compte les goûts et les intérêts réels que chaque client déclare sur les réseaux sociaux ainsi que les connexions avec ses amis et les goûts de ces derniers, et cela grâce aux API de Facebook notamment. Concrètement, grâce à un Facebook Connect et suite au consentement explicite des utilisateurs, on peut utiliser la richesse de ces informations directement sur des sites en dehors de Facebook, par exemple sur un site de marque ou e-commerce.

 

Lali Dugelay : Comment vous différenciez-vous de vos concurrents ?

Jimi Fontaine : On est encore très peu nombreux sur cette partie. Graphinium est en amont sur l’innovation, et se différencie en faisant de la recommandation d’amis ou de contenu en temps réel (en manipulant ce graphe social et non pas juste en mettant en place de simples plug-in du type Like Box ou de Commentaire).Donc on exploite directement sur les sites digitaux existants toute la connaissance des goûts et des intérêts de l’utilisateur auxquels ce dernier nous permet d’accéder.

 

Lali Dugelay : Quel est le profil de vos clients ?

Jimi Fontaine : Il s’agit plutôt de grands comptes (banque, sites de e-commerce…) ou middle market, et des agences. Nous comptons une dizaine de références, soit dans le monde du marketing, soit des marques qui souhaitent proposer des dispositifs à valeur ajoutée pour des cibles utilisatrices de Facebook (jeune mais pas que), comme Imagin’R. Nous travaillons aussi avec des agences qui utilisent nos outils analytiques d’analyse de communautés. Par exemple, nous avons lancé le premier baromètre des destinations touristiques avec l’agence social média Weliketravel, spécialisée dans le voyage. Nous avons quelques autres gros projets en cours qui seront prochainement en production et sur lesquels nous pourrons communiquer début 2013.

Nos solutions s’adressent à des directions métiers, CRM et digitales, elles sont directement opérationnelles : on fait abstraction de la technologie, même s’il y a un gros investissement en R & D, pour rendre simples les outils.

 

Lali Dugelay : Vous avez également développé votre propre marque, PureConcerts. Pouvez-vous nous en parler ?

Jimi Fontaine : En effet, cette marque nous appartient. Au départ, ce site nous a servi de plateforme de R & D dans laquelle on a investi et qu’on capitalise pour d’autres projets clients. Nous pouvons ainsi tester et éprouver le concept. L’idée est de permettre à l’utilisateur qui se connecte à PureConcerts de retrouver grâce à son réseau de connaissances sur Facebook ceux qui ont les mêmes goûts musicaux que lui, et de lui présenter l’agenda des dates auxquels ses artistes préférés se produisent. Sur PureConcerts, les recommandations sont 100 % personnalisées pour chaque internaute. Nous avons donc une plateforme qui permet de traiter en temps réel le graphe social et on croise cela avec le catalogue de produits ou de contenu de clients ; on a monté des partenariats avec la Fnac et France-billets afin d’accéder aux bases de concerts et de billetteries. PureConcerts est un vrai site de e-commerce, sur lequel on peut retrouver les concerts de plus de 80 000 artistes, en revanche on ne propose pas directement la vente en tant que telle : on redirige ensuite sur le panier de la Fnac (le bon artiste à la bonne date), mais on traite toutes les problématiques du merchandising (base de contenu, rafraîchissement et croisement des goûts et intérêts).

Voici donc l’illustration de ce que pourrait être du social commerce en temps réel sur un site de biens culturels par exemple.

Lali Dugelay : Quel est le business model de Graphinium ?

Jimi Fontaine : Notre business model est basé sur l’usage et la pertinence de nos produits car on a pris le parti de proposer une solution en mode SaaS. Hormis quelques frais de set up relativement légers on travaille uniquement à l’usage et à la performance. On se doit de produire des solutions pertinentes, donc on investit beaucoup en R & D. On a fait pas mal de travaux avec un laboratoire de mathématiques afin d’être le plus précis possible sur les recommandations. Nous sommes rémunérés au nombre de personnes qui utilisent l’API ou le moteur, et dans un cadre de e-commerce au nombre de nouveaux clients acquis grâce à la solution.

 

Lali Dugelay : Quels sont vos objectifs et perspectives d’évolution ?

Jimi Fontaine : L’un de nos objectifs est de monter une plateforme complète au moins à un niveau européen. Nous avons une grande partie R & D et technologique très pointue, et on a beaucoup travaillé avec des laboratoires depuis 9 mois. Certains de nos papiers ont été repris dans des conférences internationales donc on est assez contents, et je pense que nous aurons de belles nouvelles à annoncer en début d’année.

Par ailleurs, on envisage une levée de fonds pour le deuxième trimestre 2013, que l’on souhaite faire dans de bonnes conditions. On investit sur quelques gros clients avec lesquels on a signé pour mesurer et évaluer la création de valeur qu’on apporte précisément aux e-commerçants. La levée de fonds nous permettra d’accélérer notre développement et de planifier une V2 de la plateforme.

 

Lali Dugelay : Comment nos lecteurs peuvent-ils vous contacter, suivre votre actualité ?

Jimi Fontaine : Graphinium.com, Twitter, Facebook. Le blog arrive très bientôt sur notre site avec des articles de fond sur le social commerce. On travaille à une newsletter pour l’année prochaine.