Jean-Marie Santander est co-fondateur et PDG de Global EcoPower, une entreprise spécialisée dans la construction clé en main de centrales électriques basées sur les énergies éolienne et solaire-photovoltaïque. Passionné par le monde des énergies renouvelables, il milite activement pour une transition énergétique globale et soutenue par le secteur privé. Business Actor vous propose aujourd’hui de découvrir cette entreprise et son dirigeant via une interview de ce dernier.


Florent Hernandez : Jean-Marie Santander, pouvez-vous nous présenter Global Eco-Power en quelques lignes ?
Jean-Marie Santander : Global EcoPower est un constructeur « clé en main » de centrales autonomes d’énergie mettant en œuvre des énergies renouvelables. Dans la chaine de valeur d’une centrale de production d’électricité, il y a trois valeurs essentielles : le développement, la construction et l’exploitation. Global EcoPower s’est concentré, pour l’instant, sur la construction « clé en main ». Aujourd’hui Global EcoPower construit des centrales éoliennes et photovoltaïques. La société n’exclut pas de construire des centrales mettant en œuvre d’autres énergies renouvelables et des centrales de cogénération, qui seraient associées aux complexes agro-solaires que le Groupe envisage de construire.

Global EcoPower bénéficie désormais du label « entreprise innovante ».

Florent Hernandez : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’entreprendre dans le domaine des énergies propres ?
Jean-Marie Santander : D’abord, pour créer une société, devenir un entrepreneur, il faut être passionné ! Puis pour répondre à votre question, il faut être passionné par les énergies renouvelables.

Depuis une vingtaine d’années j’ai construit des centrales éoliennes, des centrales photovoltaïques, des centrales de cogénération à partir du biogaz issu de la pâte à papier, d’épluchures de pommes de terre, etc. J’ai également construit des centrales de cogénération à partir du gaz naturel. Avec Global EcoPower, nous avons construit un complexe agro-solaire composé de 55 000 m2 de serres et d’une centrale photovoltaïque en toiture, l’agriculteur produisant plusieurs centaines de tonnes de fraises et de framboises.

Les énergies renouvelables, c’est mon ADN !

Je sais que créer une société dans le monde des énergies renouvelables et en pleine crise financière, c’est difficile. Mais je suis un passionné et la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables me fascine depuis que j’ai 15 ans.

Le développement des énergies renouvelables constitue un enjeu majeur dans un contexte d’accroissement de la consommation, d’électricité (voiture électrique, développement des pays émergents…), de limitation de la production nucléaire, d’épuisement du potentiel des ressources fossiles et de réduction obligatoire des gaz à effet de serre.Global-EcoPowerLight

Florent Hernandez : La société est aujourd’hui cotée, pouvez-vous nous donner quelques chiffres qui la résument : effectif, chiffre d’affaires ?
Jean-Marie Santander : Global EcoPower est cotée sur le compartiment Alternext de NYSE Euronext Paris.

Les chiffres d’affaires pour les exercices 2012 et 2013 ont été respectivement de 5,6 et 12,4 millions d’euros. Les EBITDA ont été respectivement de 1,07 et 3,3 millions d’euros. Comme Global EcoPower n’a aucune dette, tout l’EBITDA a concouru à renforcer la trésorerie de la société.

Actuellement l’effectif est de douze personnes. Au début de l’année prochaine un nouvel ingénieur va nous rejoindre.

Florent Hernandez : Vous avez récemment lancé une offre de financement populaire, pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?
Jean-Marie Santander : Oui, nous venons de lancer une émission obligataire subordonnée d’une durée de quatre ans, non-constitutive d’une offre publique sans prospectus soumis au visa de l’AMF. Cette obligation versera des coupons chaque semestre. Le taux de rendement global sur 4 ans est de 26% ce qui offre aux investisseurs un taux de rendement actuariel de 6,32% par an, nets de frais de gestion et hors fiscalité. Un investissement obligataire de ce type permet à tout épargnant de participer directement au financement d’un projet éolien. Le montant unitaire est de mille euros.

L’investisseur qui souscrira à cette obligation interviendra directement dans la société INVESTEOLE SA (détenue à 99,98% par GLOBAL ECOPOWER). La société INVESTEOLE SA détient elle-même à 100% la société SAS PARC EOLIEN DE LA VALLEE DU DON, qui est la société dite « support de programme » d’une centrale éolienne de 10 MW, sur les communes de Vay, Nozay et Marsac-sur-Don, en Loire Atlantique. Composée de 5 turbines de 2 MW chacune, la centrale est prévue pour être raccordée au réseau public d’ERDF en 2015.

C’est la première fois en France qu’il est offert à une personne qui veut investir un minimum de mille euros de participer directement au financement d’une centrale éolienne de 10 MW.

Florent Hernandez : Quel a été le résultat de cette offre ?
Jean-Marie Santander : Cette opération vient de débuter et doit se terminer le 31 décembre 2014. Comme vous le savez nous sommes tenus à une certaine confidentialité qui nous empêche de communiquer sur cette opération autrement que par un communiqué de presse.

Florent Hernandez : Quel est selon vous l’avenir proche de la production énergétique en France ?
Jean-Marie Santander : D’après le rapport d’octobre 2014 émis par le Commissariat Général du développement durable, la consommation d’énergie primaire en 2012 s’est élevée à 259,4 MTep, représentant 22 360 GWh. Il n’y a que 8,8% de ce chiffre qui est généré par les énergies renouvelables. La production d’origine éolienne a représenté 0,5% en 2012 et d’origine solaire photovoltaïque 0,14%. Et oui, malgré tout le bruit fait par les « anti-éolien », la participation éolienne dans le « mix énergétique en métropole » ne s’est élevée qu’à 0,5% en 2012 !

Les énergies renouvelables en 2012 n’intervenaient donc qu’à la quatrième place. Elles arrivent loin derrière l’électricité primaire non renouvelable (nucléaire) à 41%, les produits pétroliers à 30% et le gaz à 15%.

L’Union européenne s’est fixé comme objectif que la part des énergies renouvelables dans sa consommation finale d’énergie à l’horizon 2020 soit de 20%, ce qui se traduit par un objectif pour la France de 23%. Il nous reste du chemin à faire, notamment avec l’augmentation de la consommation d’électricité qui est due au développement, notamment, de la voiture électrique.

Comme le disait notre ministre, Madame Ségolène Royal, « nous avons deux patries, la France et la Planète…. » que moi j’écris avec un « P ». Le gouvernement actuel entend optimiser la qualité de vie par le développement des énergies renouvelables, qui sont, il faut également le souligner, un foyer de création d’emplois. Global EcoPower en est la preuve : fondée en pleine crise financière, la société a créé une douzaine d’emplois directs et plus d’une cinquantaine d’emplois indirects.

Florent Hernandez : Quels sont vos prochains objectifs ?
Jean-Marie Santander : Faire de Global EcoPower le premier acteur français indépendant intervenant dans les énergies renouvelables, gardant les mêmes valeurs depuis sa création début 2009. Et avec la même passion.

Comme je l’ai écrit dans mon livre « Le vent de Vénus », « … J’ai compris que le succès est la conjonction de l’intelligence, de l’audace, du travail acharné, de l’action et du moment juste … ». Global EcoPower et ses collaborateurs sont dans cette philosophie.