Logo_capitaine_train_petitJ’interview Jean-Daniel Guyot, dans les bureaux de Capitaine Train, en plein coeur de Paris.

Il nous raconte son parcours depuis sa première startup Wizzgo, à Capitaine Train, lancée avec 30.000€, et qui a levé 2,5 M€ en juin dernier.

Gary Bismuth : Bonjour Jean-Daniel Guyot, tu es le cofondateur de Capitaine Train, la plateforme de vente de billets de train, peux-tu nous présenter les cofondateurs ?

Jean-Daniel Guyot : Nous sommes 3 cofondateurs ingénieurs : Martin Ottenwaelter, Valentin Surrel et moi-même. Nous avons créé Capitaine Train après Wizzgo, une première expérience de startup qui a plutôt bien marché techniquement. 400.000 utilisateurs en 6 mois. Wizzgo a bien marché sauf que c’était un sujet chaud à l’époque et les chaînes de télé nous ont attaqué en justice. On a du fermer Wizzgo en une semaine.

Gary Bismuth : Peux-tu rappeler le concept de Wizzgo ?

Jean-Daniel Guyot : Wizzgo était un enregistreur numérique online, […] On pouvait regarder, dans le métro, sur son Iphone, le film téléchargé de la veille.

Gary Bismuth : Comment êtes-vous passé sur Capitaine Train par la suite ?

Jean-Daniel Guyot : […] Quand on discutait en pause-midi chez Wizzgo on avait envie de refaire la moitié du web français et voyages-sncf était sûrement le premier sur la liste. Il s’est trouvé qu’au moment où on s’est arrêté, l’autorité de la concurrence a terminé une procédure qui a duré 7 ans et condamnant la SNCF à un abus de position dominante : 5M € d’amendes et l’obligation d’ouvrir son système de réservation […]

Gary Bismuth : C’était le déclic ?

Jean-Daniel Guyot : On s’est retrouvé à ce moment-là et on s’est dit c’est parti. On va montrer qu’on est capable de faire largement mieux que le site historique de la SNCF. Et on ne s’est pas arrêtés à ça. Au delà de juste faire mieux, on a trouvé qu’il y avait plein de choses à faire plus intéressantes, le problème se trouve dans tous les pays européens : en Allemagne, en Italie,… Partout, on a des sites monopolistiques et qui ont une expérience d’achat qu’on considère comme pas assez « web ». La deuxième chose est qu’il y a une ouverture de la concurrence sur le rail. Clairement, n’importe quel opérateur peut venir faire n’importe quelle route. C’est l’idée de l’Europe, le réseau est européen, n’importe qui peut sur ce marché de libre-échange créé son entreprise et mettre ses trains dessus.

Cela veut dire que ça va devenir un énorme bazar, s’il y a 3 compagnies qui font Paris-Bruxelles, comment je sais vers qui aller ? Il y a déjà 4 compagnies en France : SNCF , IDTGV , Wigo, Thello. Ces 4 compagnies ont 4 systèmes de réservations différentes. Et personne ne compare les prix entre deux routes […] ni ne pense à les combiner entre elles quand cela est intéressant. C’est simplifier mais aussi enrichir l’offre proposée aux clients du train.

Gary Bismuth : Tu peux nous présenter l’équipe ?

Jean-Daniel Guyot : On a 11 ingénieurs (la problématique était d’abord une problématique d’ingénierie), 3 personnes au support client (2 pour la france – 1 pour l’allemagne) , 1 personne marketing, bientôt 1 personne en communication, 1 office manager et les 3 cofondateurs.

Gary Bismuth : Aviez-vous une stratégie marketing ?

Jean-Daniel Guyot : Non, pas véritablement. Notre objectif était de faire le meilleur produit possible et donner le meilleur service client. Si on a déjà ça, on part sur de bonnes bases. […] Maintenant que nous avons le meilleur produit, on a une approche marketing,  on veut le faire connaître et plus uniquement auprès de 10.000 geeks mais auprès de tout le monde : que l’on soit une entreprise ou une mère au foyer.

Gary Bismuth : Quelle est ta journée type ?

Jean-Daniel Guyot : Il n’y a pas de journée type, c’est quelque chose que j’apprécie. A la base, je suis un junior… Je ne suis plus responsable de la technique, un des cofondateurs est CTO (responsable technique) de Capitaine Train. Je gère un peu tout. Un jour, je peux voir des journalistes, un autre jour des partenaires,  d’autres entreprises, je m’occupe aussi de la stratégie, je m’occupe de gérer l’équipe existante,  de monter une nouvelle équipe en marketing et communication, et de milliards de petits détails. Il n’y a vraiment pas de journée type à part que je me lève le matin et que je viens travailler.

Gary Bismuth : Avec quels investissements avez-vous débuté ?

Jean-Daniel Guyot : On a démarré en mettant 10.000€ chacun (30.000€ en tout). Ce n’est pas vraiment pour l’argent mais pour notre implication. C’est pas beaucoup 10.000 € mais pour nous, c’est une grosse somme. On a eu la chance de pouvoir vivre avec notre chômage pendant 1 an. Mais le problème est que c’est un marché très lent. On a mis un an et demi de déboires et d’obstinations pour obtenir le premier contrat. Ensuite, on a cherché du love money et il a fallu vivre avec jusqu’à février 2012.

Gary Bismuth : En février 2012, Capitaine Train lève 1,4 M€ puis en juin 2013, 2,5 M€. C’est assez exceptionnel pour une startup créée il y a 4 ans. Comment avez-vous rencontré vos investisseurs ?

Jean-Daniel Guyot : A l’époque personne ne nous connaissait puisqu’on n’avait même pas sorti le produit fini, on avait quelques clients. Mais on avait prouvé qu’on pouvait satisfaire les clients car les clients restaient. Une fois qu’ils essayaient, ils accrochaient. Comme on est dans un marché de récurrence, c’est très important. Index ventures et CM-CIC capital privé (des fonds d’investissements ndlr) ont aussi apprécié l’ambition qui nous anime. C’est un marché énorme avec une approche unique, sans précédent sur le train en tout cas. L’équipe leur a plu.

Et ils nous refait confiance par la suite, une fois qu’ils ont vu qu’on avait construit une équipe technique très solide et qu’on s’était connecté à la Deutcheban et à d’autres opérateurs. On a alors ouvert le site.

Gary Bismuth : Pour finir, quel est l’objectif à long terme ?

Jean-Daniel Guyot : A terme, c’est de devenir la référence européenne du train et donner aux clients toute l’offre ferroviaire.

Gary Bismuth : Merci d’avoir accordé cette interview à Business Actor.