En ce début d’année, coup de projecteur sur Connexion Verte, une entreprise innovante proposant de fournir un accès haut-débit là où les opérateurs traditionnels ne peuvent le faire. Par quel moyen ? Le satellite, bien sûr ! Jean-Baptiste Deshayes, Directeur Technique, répond à nos questions.

 

Connexion Verte _ Logo

Charles de Cassan : Jean-Baptiste bonjour, vous êtes aujourd’hui Directeur Technique de Connexion Verte. Mais qu’est-ce que Connexion Verte ?

Jean-Baptiste Deshayes : Connexion Verte est un fournisseur d’accès internet qui a pour unique choix l’accès internet par satellite bi-réactionnel.


Charles de Cassan : Et quelle fonction occupez-vous au sein de cette organisation?

Jean-Baptiste Deshayes : Je suis l’interface entre les techniciens d’Eutelsat et le déploiement de notre outil sur le terrain. Je suis aussi en charge de toute la partie support et service après-vente que nous internalisons.


Charles de Cassan : A qui vous adressez-vous et pourquoi irait-on choisir ce mode d’accès internet plutôt que les traditionnels opérateurs (SFR, Orange, Bouygues, Free, etc.) que nous connaissons bien ?

Jean-Baptiste Deshayes : Nous nous adressons d’abord à ceux qui ont des besoins en accès à haut débit. Ceux qui ne sont pas la priorité des gros opérateurs classiques. Connexion Verte est aussi une alternative à la fibre optique qui, de par son coût de déploiement, gagne à être rentable dans les zones à forte densité de population.

Sauf que notre pays ne se résume pas seulement aux grandes agglomérations, mais également aux campagnes, petites villes, centres urbains, dans lesquels les besoins sont finalement les mêmes.  Pour les acteurs traditionnels de l’accès internet, il n’y a pas de véritable rentabilité à aller rapidement déployer la fibre optique dans les zones à faible densité. C’est donc là que nous intervenons.


Charles de Cassan : Vous adressez-vous plus aux particuliers ou aux entreprises ?

Jean-Baptiste Deshayes : A vrai dire, aux deux : particuliers et entreprises. Pour chacun d’entre eux, certains se situent en zone blanche, c’est-à-dire sans connexion internet ni téléphone. Cette catégorie représente la cible historique de Connexion Verte.

L’autre cible est la zone grise : ceux qui bénéficient d’une connexion haut-débit, mais d’une connexion très instable, quasi inexploitable. De plus, ces laissés pour compte se trouvent être abandonnés par les fournisseurs d’accès à internet.

Les entreprises situées en zone grise sont encore plus concernées, car une majorité d’entre elles travaillent quotidiennement avec internet dans l’utilisation de leurs outils, d’échange de fichiers, etc. Leurs besoins en consommation internet s’élargissent de plus en plus, mais la taille du tuyau reste le même. En France, 2 millions d’entreprises sont dans ce cas.


Charles de Cassan : Dans quel autre cas pourrions-nous avoir besoin de vos services ?

Jean-Baptiste Deshayes : Dans le cadre de l’organisation d’un évènement particulier. D’une certaine manière, nous faisons revivre le marché de l’évènementiel.

Un exemple concret que je peux vous donner : il y a quelque temps, une compétition de moto ne pouvait se réaliser en raison d’un accès insuffisant à internet sur le lieu de l’évènement. Nous avons pu faire vivre cette compétition en donnant à chacun des acteurs (presse, spectateurs, etc) un accès au très haut débit en pleine campagne ! Certains constatent avec stupéfaction qu’il est possible de produire du broadcast TV au milieu de nulle part, parfois même plus facilement qu’en plein centre de Paris !

Connexion Verte 1

Charles de Cassan : Pourquoi avoir décidé d’investir dans ce nouveau mode d’accès internet ?

Jean-Baptiste Deshayes : Lorsque nous avons vu arriver, il y a un an et demi, les nouvelles générations de satellites dédiées à la télécommunication, nous nous sommes dit qu’il y avait là une véritable opportunité à saisir et que nous allions pouvoir résoudre un certain nombre de problèmes d’accès internet existants.

L’accès internet par satellite s’affranchit de toute notion de place géographique. De plus, il représente un mode d’accès égalitaire. Prenons le cas de l’ADSL : si un client s’affranchit d’un abonnement à 40 euros par mois et se trouve situé à 500 mètres d’une des bornes d’accès, il va bénéficier de la quasi-totalité des services, ainsi que d’un débit important. Alors qu’un autre client, plus éloigné de cette borne mais qui paye le même prix, n’aura pas accès à la plupart des services à cause d’un débit beaucoup plus bas. Trouvez-vous cela juste ?

Ce n’est pas le cas avec le satellite. Le satellite fournit un accès internet à chacun et de manière égalitaire dans sa consommation de données.


Charles de Cassan : Envoyer un satellite en orbite, c’est cher non ?

Jean-Baptiste Deshayes : Oui, c’est un investissement non sans risques qu’Eutelsat a eu le courage de  prendre en lançant son satellite KA-SAT en orbite. Le prix d’une telle opération se situe entre 400 et 600 millions d’euros. Et il faut savoir que la durée de vie d’un satellite est limitée dans le temps.


Charles de Cassan : Parlez-nous à présent du début de Connexion Verte. Comment l’aventure a-t-elle commencé ?

Jean-Baptiste Deshayes : C’est d’abord l’histoire d’une rencontre. Connexion Verte était la marque de distribution d’un opérateur d’infrastructure qui s’appelait 720°, créé en 2003. Son fondateur s’appelle Benoit Defoug. Agriculteur et fils d’agriculteur, il connaît parfaitement bien les problèmes de connexion en zones peu ou pas desservies et a donc décidé de créer son propre opérateur d’accès internet.

Pour ma part, je viens du monde de l’ingénierie web et de l’open source. J’ai créé il y a 13 ans une société, EXOCA, dans l’ingénierie et le développement web sur-mesure. L’esprit était de trouver des solutions là où il n’y en avait pas. Trouver un système d’automatisation qui soit respectueux de la pratique des gens. On retrouve d’ailleurs ce même esprit dans Connexion Verte.

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Charles de Cassan : Quel avenir voyez-vous pour Connexion Verte ?

Jean-Baptiste Deshayes : Aujourd’hui, nous fournissons du haut débit à plus de 3.000 clients. Selon nos prévisions, c’est un chiffre qui devrait plus que doubler d’ici la fin de l’année. Le marché va encore s’accélérer dans les 2 ou 3 prochaines années. Nous devrions donc atteindre 250.000 clients d’ici 3 ans.

Je dirais que notre principal défi n’est pas de trouver plus de clients à terme, mais de toujours pouvoir assurer un service de qualité à une demande croissante.


Charles de Cassan : Merci Jean-Baptiste,

Jean-Baptiste Deshayes : Merci, Charles.