En cette rentrée des classes, rien de tel qu’un cartable neuf, des stylos, un compas, mais surtout un Slip propre ! J’ai rencontré Guillaume Gibault, créateur de la marque de sous vêtements Le Slip Français. La rentrée des classe, pour eux, se fait 11 rue Debelleyme dans le 3ème arrondissement de Paris, dans leur magasin éphémère. Voici le récit de notre échange.

Logo-Slip-Français

Julien Caillot : Guillaume peux-tu te présenter en quelques mots ? Qui es-tu ? Et d’où viens-tu ?
Guillaume Gibault : Bonjour ! J’ai 28 ans, je suis parisien et 2 ans après ma sortie d’HEC en 2009, je me suis lancé dans le Pari un peu fou de lancer une marque de sous vêtement entièrement fabriquée en France, Le Slip Français !

Julien Caillot : Comment est né Le Slip Français ? Quel est le concept ?
Guillaume Gibault : Le Slip Français est né comme beaucoup de belles histoires, complètement par hasard. Je suis persuadé depuis toujours que le storytelling marketing et le made in France permettent de créer de grandes aventures à l’image des Louis Vuitton ou Hermès. Un soir de 2011, en racontant cette idée à des amis, l’un d’eux, fan du mot « Slip » me dit cette grande vérité profondément philosophique : « C’est bien gentil tes histoires de marketing mais ça ne peut pas marcher avec tous les produits ! C’est par exemple impossible avec un Slip ! » Je lui réponds alors que si je fais « Le Slip Français », je dois pouvoir en vendre quelques uns ! 2 ans plus tard, nous en avons vendus plus de 25,000 et nous apprêtons à exporter notre marque au Japon. Le hasard fais bien les choses !

Julien Caillot : A qui s’adresse vos différents produits ?
Guillaume Gibault : Le Slip Français est principalement une marque pour Hommes, et nous commençons à connaitre un peu plus précisément notre cible : moyenne d’âge 36 ans et ce dont nous sommes très fiers, seulement 35% de Franciliens (Paris + IDF). Nous vendons donc partout en France et pas seulement à une clientèle bobo amusée par le concept.
Nous avons aussi quelques produits pour femme, réalisés en collaboration avec de grandes marques ( Princesse Tam Tam, Claudie Pierlot) et pensons étoffer cette offre en 2014.

Julien Caillot : Nous vous avons vu récemment dans « Envoyé Spécial » et dans « 13h15 le dimanche » sur France2, dans des sujets consacrés au « Made in France », pensez vous que ce phénomène est une mode ? Les consommateurs sont ils prêts à acheter plus cher pour avoir du « Made in France » ?
Guillaume Gibault : Je pense que le Made in France est un vrai sujet de fond : les gens veulent aujourd’hui savoir comment et ou sont fabriqués les produits qu’ils consomment. Ils sont à l’affut d’histoires, de localité, de proximité et de produits qu’ils comprennent. Je pense par contre que la couverture média à outrance sur le sujet est par contre bien un effet de mode et qu’elle ne durera pas éternellement.  Sur la différence de prix, je pense que les consommateurs sont prêt à payer un peu plus cher pour du made in France mais sont surtout prêt à mettre le prix pour s’offrir une marque qui leur plait et leur parle. Le sujet pour moi n’est pas de justifier un prix plus cher par le simple made in France mais bien un défi pour les marques d’arriver à créer une offre attractive à prix compétitif tout en étant made in France. Le Made in France doit être inclus dans la marque, en être une des dimensions, mais pas la résumer entièrement. Le Slip Français par exemple est une marque de sous vêtement française, franchouillarde, décalée, amusante, 2.0 et made in France. C’est à mon sens bien plus large que le simple made in France.

Julien Caillot : L’été vous a-t-il permis de sortir quelques nouveautés Le Slip Français ? Maillots de bain? Bikini ? …
Guillaume Gibault : Pas encore de Bikini pour cette année ! Mais l’année prochaine peut être ! Pour cet été nous avons lancé notre ligne de Maillots de bain, Slip et Short, une serviette de plage et une petite collection de Tshirts, Marinière et Sweats pour compléter notre gamme.

Julien Caillot : Il y a quelques mois nous vous avons vu réussir le pari financier de rassembler assez d’argent sur MyMajorCompany pour un nouveau projet « Le Slip qui sent bon » ! Qu’en est il ? où en êtes vous ?
Guillaume Gibault : Le Slip Qui Sent Bon a été un franc succès ! Nous avons collecté 223% de notre objectif (22 300 € sur 10,000€ demandés) en 3 mois et avons lancé cette prouesse technologique il y a 10 jours sur le site. Avec les préventes sur My Major Company, nous en avons déjà vendu 500 sur les 1000 de la première production ! Ca va sentir bon du Slip ;-)

Julien Caillot : Internet a permis à votre marque d’exister, comment communiquez vous ? quelle est votre stratégie internet (web et social)?
Guillaume Gibault : Internet est un pilier de notre marque, nous sommes le Slip made in France 2.0 et sans les outils modernes nous n’aurions pas pu grandit aussi vite.
Pour nous, la vente en ligne est en fait une affaire de contenu : un bon contenu attire du trafic et ce trafic permet de faire des ventes. Une fois l’offre bien définie et le site marchand bien mis en place, notre seul objectif et d’attirer le plus de visiteurs possible sur notre site.
Nous imaginons donc toutes les idées décalés pour le Slip et détournons le quotidien et l’actualité pour créer un contenu original qui s’intègre dans une ligne éditoriale forte et clairement établie dans la durée.
Ce contenu se propage littéralement sur les réseaux sociaux car il y est par définition très adapté. Cette viralité crée notre notoriété tout en créant du trafic sur notre site et donc du Chiffre d’affaires ! C’est la magie d’internet ! On se fait connaitre tout en faisant des ventes !

Julien Caillot : Vendez vous exclusivement vos produits sur internet ?
Guillaume Gibault : Si nous sommes convaincus que la vente par internet est notre meilleur canal de distribution (80% de nos ventes), nous le couplons à une distribution sélective (30 concept Stores en France et corner aux Galeries Lafayette) qui permet de porter la notoriété de notre marque sur d’autres types de clientèle tout en augmentant nos volumes globaux de production. C’est aussi une belle vitrine pour crédibiliser notre aventure auprès de nos partenaires étrangers et particulièrement les asiatiques dont bien souvent la première question est «  Where are you distributed ? » La réponse « At Galeries Lafayette » fonctionne en général très bien !