Florent Hernandez : Bonjour Didier Barbet ; tu es entrepreneur, conférencier, et très impliqué dans la fédération des auto-entrepreneurs. Peux-tu rapidement nous décrire ton parcours, ce qui t’a amené là, et quelles sont tes motivations pour avancer dans ce milieu ?

Didier Barbet : Bonjour Florent. Je suis avant tout passionné par l’aventure humaine que représente l’entrepreneuriat. Le goût du risque et ma créativité m’ont toujours mené vers de nouveaux projets à explorer. Très jeune, j’ai été confronté à l’impérieuse nécessité d’avoir un revenu pour assumer mon autonomie et ma liberté. Je suis né comme cela, et je finirai je le crois bien volontiers ainsi. Les grands noms de l’entrepreneuriat des années 80 et 90 sont une source d’inspiration.

Dès 1998, après obtention de mon baccalauréat, j’ai pu officialiser une première activité rémunératrice où je positionnais des machines à café dans des petites entreprises autour de chez moi. Confronté au besoin en fonds de roulement, j’ai dû céder l’entreprise dans le giron familial avant d’enclencher un virage stratégique par le salariat dans une société de sécurité informatique innovante. Quatre années fabuleuses où j’ai connu une évolution fantastique du poste de meilleur vendeur à celui de manager d’équipe pour finir à l’une des directions régionales du groupe à 24 ans. Un apprentissage important, les notions d’augmentation de capital, de déploiement international, de management… sont autant de points clés qui me donnent une confiance aujourd’hui inébranlable.

J’ai ensuite lancé plusieurs entreprises sur le même modèle avec des succès divers jusqu’à ce que je décide de voyager à l’étranger et de me former à l’ESSEC. Quand le statut d’auto-entrepreneur est arrivé, j’ai tout de suite compris l’enjeu en lançant un réseau social professionnel, puis une association devenue ensuite par la force des rencontres la Fédération des auto-entrepreneurs.

L’idée que l’on puisse contribuer à changer le monde en entreprenant est une de mes principales motivations. J’ai toujours eu la chance d’avoir les revenus en conséquence de mon travail acharné ce qui me donne une grande liberté dans ce que j’entreprends aujourd’hui.


Florent Hernandez : Tu as fondé la société Diatelys, qui propose une solution de réseau social. Peux-tu nous en dire un peu plus ? Quelles sont les cibles ? Quel est le fonctionnement ?

Didier Barbet : Diatelys est un réseau social de nouvelle génération. Il s’adresse au marché des TPE, PME, professions libérales, commerçants, artisans, associations, collectivités et parfois aux évènements éphémères et aux personnalités. Nous déployons très rapidement et sur un simple formulaire à remplir un réseau social personnalisé aux couleurs et aux besoins de nos clients. Ceux-ci peuvent désormais avec Diatelys gérer leur communauté interne à l’entreprise ou destinée à rassembler et fédérer leurs clients, prestataires, partenaires, presse,… autour de leur marque ou de leur produit, en construisant une notoriété et une image résolument sociales. Les contributions des utilisateurs et des réseaux sont consolidées sur un agrégateur de contenus global pour maximiser la visibilité de ces dernières. Diatelys est aussi un outil pour les community manager et les agences digitales qui souhaitent viraliser leur information par eux mêmes et leur réseau en centralisant les fonctions sociales de l’ensemble des plateformes sur lesquelles ils sont connectés.

logo diatelys


Florent Hernandez : Le secteur du social media semble entrer dans une phase de maturité, quelles sont pour toi les grandes tendances pour l’année 2013 ? Vers quoi le web va-t-il évoluer ? A quoi faut-il s’attendre selon toi ?

Didier Barbet : Je suis convaincu par trois tendances qui sont aujourd’hui au cœur de la vision stratégique de Diatelys :

PERSONAL – MORAL – GLOBAL

Personnalisable et « user centric », le compte personnel de l’utilisateur gère en réalité le réseau social personnel des utilisateurs qui peuvent ensuite rejoindre plusieurs communautés sur invitation ou simple inscription.

« Moral », le double sens de ce mot est voulu : moraliser les réseaux sociaux en particulier ceux utilisés par les entreprises (personnes morales) et faire le lien entre les individus et le besoin réciproque des deux entités de se rapprocher dans un cadre virtualisé.

Nous agissons en fonction d’un principe de vie où aujourd’hui des frontières physiques séparent les hommes ce qui n’est pas le cas sur les réseaux internet et sociaux. Diatelys global est le centre névralgique des communautés que nous déployons et qui peuvent à l’instar d’un facebook ou d’un google+ avoir le sentiment réel d’appartenance à une communauté plus importante que le réseau (Diatelys Moral) pour lequel ils ont découvert Diatelys.


Florent Hernandez : Tu es expert dans l’entrepreneuriat et dans le développement d’entreprise. Selon toi, quelles sont les clés pour passer d’un statut d’auto-entrepreneur à une TPE ou PME ? Quels sont les risques ? Et les challenges?

Didier Barbet : Depuis 2008, j’œuvre en faveur de l’entrepreneuriat, des entreprises et des entrepreneurs. Beaucoup se lancent désormais en auto-entrepreneur pour tester une idée, valider un projet, tenter une nouvelle aventure en adoptant une nouvelle posture. Transformer une activité indépendante et non salariée, parfois accessoire ou ponctuelle, en très petite ou moyenne entreprise avec pour objectif de recruter et de créer de la valeur n’est pas une mince affaire.

Il faut d’abord se rendre bien compte que jamais l’entrepreneuriat n’a été aussi populaire dans notre pays. Bien qu’en avance sur la tendance en 2009, la France n’a pas su depuis embrayer convenablement sur une véritable reconnaissance de cette population entrepreneuriale. Pourtant, les auto-entrepreneurs créent des entreprises et de l’emploi dans notre pays qui en a bien besoin vu le contexte de crise généralisé.

C’est la raison pour laquelle j’organise depuis 4 ans un concours de business plan en ligne dont le thème était en 2012 : « de l’auto-entrepreneur à la PME ». Nous parions sur la création d’un véritable écosystème opérationnel d’experts et de professionnels pour faciliter le passage d’un stade à l’autre. Le financement, l’accompagnement, la formation et la reconnaissance sont autant de sujets à mettre sur la table en 2013 pour maximiser nos chances de réussites individuelles pour la mise en route d’un projet collectif. Évidemment, rester seul est une erreur dans 90 % des cas et augmente les chances d’échec. Changer les mœurs et les attitudes névrosées sont mes deux leitmotivs du moment.


Florent Hernandez : Si tu devais donner 3 conseils à un entrepreneur sur le point de se lancer ?

Didier Barbet : Il faut sans conteste être résistant à l’échec. C’est la base, vous vivrez plus d’obstacles à franchir et de difficultés à surmonter que de réussites à fêter, c’est le propre de la vie de l’entrepreneur…

Ouvrir son carnet d’adresses pour profiter d’un échange en retour de contacts tout en utilisant ces nouveaux contacts pour confronter son modèle d’entreprise préparé et anticipé sur un document clé (business plan).

Et mon dernier conseil est d’oublier tout ce que la vie nous a appris auparavant, de laisser libre court à son imagination, ses rêves et ses ambitions, sans oublier de penser le monde comme un village. L’expérience des autres, l’expérience internationale, la richesse des cultures sont autant de forces et d’atouts pour réussir aujourd’hui !


Florent Hernandez : Si tu devais à l’inverse déconseiller 3 choses à un jeune entrepreneur ?

Didier Barbet : Le manque d’humilité et penser que la réussite se fera seule sont deux attitudes à abandonner. L’entreprise doit être un projet collectif avec une vision commune et partagée, a minima avec son équipe et plus largement avec ses clients et son écosystème. Enfin, j’invite tous les startupers et créateurs d’entreprise à bien réfléchir au business model de leur projet : comment rencontrez-vous vos clients, comment faites-vous de l’argent pour financer votre développement sans attendre une hypothétique levée de fonds !


Florent Hernandez : Où pouvons-nous te retrouver sur le web pour plus d’info ?

Didier Barbet : Je suis présent sur les réseaux sociaux à commencer par Diatelys. Facebook, google+ et twitter sont connectés à mon profil Diatelys. J’ai aussi un site personnel :  et j’invite tous les entrepreneurs à participer au concours de business plan www.startupcontest.fr. Je suis également présent sur le site de la Fédération des Auto-entrepreneurs.