Rencontre avec Cedric Giorgi, fondateur de Cookening.com, plate-forme offrant de partager un repas chez l’habitant partout dans le monde et qui s’ouvre au public d’ici le début du mois de juin.

Justine Joliveau : Bonjour Cedric Giorgi. Pouvez-vous vous présenter, quel est votre parcours ?

Cedric Giorgi : Cela fait sept ans que je travaille dans le monde des startups. J’ai commencé dans une société qui s’appelait Goojet et qui s’est transformée en Scoop.it où j’ai été, pendant quatre ans, directeur marketing. En parallèle j’ai été co-éditeur et organisateur d’événements pour TechCrunch France pendant un an et demi.
J’ai ensuite ouvert le bureau parisien de Seesmic, lorsque Loïc Le Meur a décidé de se développer à l’international. Au même moment j’ai quitté TechCrunch France et rejoint l’organisation de LeWeb où j’ai travaillé sur trois éditions, Londres et Paris en 2011 et 2012.
Quand, Seesmic s’arrête en novembre 2011, je décide de poursuivre une idée que j’avais depuis un voyage avec AirB’n’B. Je voulais développer un service permettant de partager un repas chez l’habitant partout dans le monde et de pouvoir accueillir chez soi.

Justine Joliveau : A la veille du lancement en Béta de votre plate-forme, pouvez-vous nous parler un peu de cette idée, devenue depuis Cookening ?

logo CookeningCedric Giorgi : Je me suis lancé dans l’aventure Cookening début 2012. La première étape a été de trouver des associés pour développer le produit et la plate forme. J’ai un parcours plus marketing, communication et business développement, j’étais donc à la recherche d’un développeur et également d’un designer. Grâce au réseau je m’associe à Sébastien qui est développeur et à Julien, qui est le designer. On commence le développement de la plate-forme en mai 2012, on teste des choses, on apprend à travailler ensemble avant un pré-lancement en novembre passé. A ce moment là on ouvre une partie, celle permettant de créer des profils d’hôtes. On a ensuite travaillé à partir des feedback reçus.

En mars 2013 nous avons ouvert, en mode privé, l’autre partie afin de tester les système de réservation et de paiement. Nous préparons maintenant le lancement en bêta public, sans invitation, pour la fin mai/début juin.

Justine Joliveau : L’expérience utilisateur est un point fondamental dans votre approche. Pourquoi et en quoi cela se traduit-il ?

diner cookeningCedric Giorgi : Cookening n’est pas une innovation technologique mais une innovation d’usage. Nous cherchons à créer un nouvel usage dans la vie réelle. Notre finalité est dans l’expérience off-line. Sauf qu’une expérience Cookening démarre d’abord en ligne et que nous demandons aux personnes de revenir sur le site, afin de se donner une appréciation mutuelle. Il y a donc tout un parcours utilisateur à bien gérer, il y a également des freins à lever, en particulier au niveau de la confiance dans le relationnel, les hôtes recevant des inconnus à leur table.
En effet, la relation entre l’hôte et l’invité se construit en ligne avec l’échange d’un certain nombre d’informations. Puisque les gens vont passer un moment ensemble il est important que chacun sache qui est l’autre. Le site demande de mettre une photo, de connecter au moins une adresse mail, de laisser une description de soi, les gens sont invités à donner un maximum d’informations. Il faut donc outrepasser certaines appréhensions.
Dans le domaine de la gastronomie je suis persuadé qu’il faut donner envie ; parce qu’on parle de nourriture, de bons moments autour d’une table. Il faut que le design soit à la hauteur, qu’il y ait une vraie direction artistique. Depuis le début on se dit qu’il faut qu’on arrive non seulement à créer une plate-forme mais aussi une marque, qu’on arrive à se différencier de part notre approche. Julien, notre designer, est là pour gérer cette expérience utilisateur avec tout ce que cela englobe. Il est à la fois le designer et le chef produit. Chez nous la technique est au service de l’expérience utilisateur, pas l’inverse.
Le cuistot de la bande c’est moi. En 2012 j’ai commencé à faire des dîners chez moi, avec des étrangers. La source de nos réflexions vient de ces dîners là, plutôt de moi donc. En partant de situations réelles, on réfléchit au développement. C’est comme cela qu’on s’est rendu compte, qu’en fait, à part leurs préférences alimentaires, les invités n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent manger. Ils veulent être surpris, c’est tout. Et c’est à ce moment là que ça se transforme en expérience hors ligne. C’est très intéressant d’avoir des associés moins dans la partie accueil, ça permet de tempérer. C’est bien d’être utilisateur de son service mais il ne faut pas développer un service juste pour soi !

Justine Joliveau : En tant que startup porteuse d’une innovation d’usage, comment appréhendez-vous votre lancement public ? Le passage à long terme vers le mainstream ?

Cedric Giorgi : On se pose beaucoup la question mais pour le moment je n’en ai aucune idée. Aujourd’hui, par exemple, les jeunes retraités nous intéressent énormément : ils ont du temps, ils savent cuisiner, ils ont un patrimoine cuisine très intéressant. Comment les toucher avec ce nouvel usage, qui s’appuie beaucoup sur Internet ?
Il y a donc un certain nombre de barrières qu’il nous faudra lever: avec le paiement en ligne, la langue etc, Mais cette population nous intéressent et on peut les intéresser.
On est une startup, on essaye d’aller au plus vite mais en même temps, lorsqu’on créé un nouvel usage cela prend du temps. On y va par étapes. D’abord il faut éduquer nos premiers utilisateurs, qu’ils se fassent évangélistes du système, qu’ils montrent l’exemple aux autres… qu’il y ait un effet d’entrainement.
profil cookeningPuis le service évolue. Les early-adopters sont bien dans l’esprit du site, ils comprennent. Quand on ouvre un service, des gens viennent et utilisent le service juste pour sa finalité, sans avoir compris le cheminement, la culture. Et ça peut être dangereux parce qu’il y a une perte de la culture, du concept. Il est donc très important d’avoir ton cœur d’audience bien accroché.
C’est ce qu’on a anticipé en axant un produit orienté vers le plus grand nombre, plutôt qu’un simple listing du type petites annonces. Si on avait fait des choses vraiment très brutes on aurait eu que les personnes orientées uniquement su l’idée d’accueil. Alors que là, avec cet accompagnement on vise plus large. Au final c’est de la rencontre que fait Cookening. On le dit pas comme ça parce que ça sonne flirt, mais au final tout le monde aime bien rencontrer des gens, il faut donc qu’on puisse sélectionner la table en fonction de son intérêt et pas seulement de la cuisine.

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