BeepJob est un site de petites annonces d’emploi dont l’originalité réside dans le recrutement flash en ligne et géolocalisé, permettant ainsi aux candidats situés aux alentours d’y répondre immédiatement. Lancé en béta en juillet 2011, le site compte aujourd’hui plus de 60.000 candidats et plus de 4.000 recruteurs. Nous avons rencontré ses deux co-fondateurs, Audren de Valbray et Pierre Doublet.


Valérie Demyttenaere : Audren de Valbray et Pierre Doublet bonjour, merci d’avoir accepté de répondre aux questions de Business Actor. Pouvez-vous commencer par vous présenter à nos lecteurs ?

Nous nous sommes rencontrés sur les bancs de l’ESSCA, une école de commerce à Angers en 2005 et après 5 ans d’études et de discussions autour de l’entrepreneuriat, nous avons décidé de nous lancer directement dans l’aventure en 2010 après notre diplôme. Nous sommes tous les 2 issus de familles d’entrepreneurs et le choix a donc été rapidement fait. Restait juste à avoir une idée sur laquelle on avait confiance pour commencer…


Valérie Demyttenaere :
Expliquez-nous précisément le fonctionnement de BeepJob.

Nous avons voulu simplifier et accélérer au maximum la mise en relation entre candidat et recruteur. Un recruteur peut donc poster une offre d’emploi en une minute et un candidat y répondre en un clic depuis le site ou depuis son application mobile. Recruteurs et candidats ont accès à un tableau de bord pour gérer leurs candidatures.

Précisons que le site est gratuit pour les candidats et pour les recruteurs sauf si ceux-ci souscrivent à une option Flash (dernière minute) ou Premium (Mise en avant).


Valérie Demyttenaere :
Comment vous est venue l’idée de ce service ?

Il y a deux ans c’était le boom de la géolocalisation, on a donc voulu surfer sur cette tendance et trouver un secteur qui ne l’utilisait pas encore. L’emploi est alors venu tout naturellement même si au départ notre service devait cibler plus les particuliers que les professionnels.


Valérie Demyttenaere :
Quels ont été selon vous les « temps forts » de votre projet ?

Évidemment le lancement de la béta en juillet 2011, puis le lancement de l’application Iphone en avril 2012 et enfin la première annonce flash payante le même mois.


Valérie Demyttenaere :
Quels ont été les principaux obstacles à franchir pour monter votre projet ? Avec le recul dont vous disposez déjà aujourd’hui, qu’auriez-vous pu faire de plus – ou au contraire n’auriez pas dû faire ?

  1. Le premier obstacle a été de comprendre la partie technique du développement d’un site internet ; nous avons tous les deux fait une école de commerce et avons donc commencé à apprendre les bases du code pour déchiffrer ce que l’on nous racontait.
  2. Le second a été de cerner le marché de l’emploi en ligne, marché simple en apparence mais particulièrement compliqué en réalité.
  3. Le dernier obstacle a été de faire monter la mayonnaise en n’ayant pas de déséquilibre entre candidats et recruteurs et tout cela sans argent pour communiquer.

Avec le recul on n’aurait certainement pas cherché à lever des fonds rapidement après le lancement mais bien plus tard ; cela nous a pris beaucoup de temps et ça n’a servi quasiment à rien.


Valérie Demyttenaere :
Lors de son lancement en 2011, le site était tout d’abord consacré aux seules offres de travail temporaire. Comment êtes-vous parvenus à le faire évoluer pour s’ouvrir à d’autres formes d’emploi ?

Au début nous voulions uniquement faire de l’annonce flash (recrutement de dernière minute) mais nous nous sommes rendus compte que le marché français n’était pas adapté et n’avait pas les réflexes pour ce genre de chose ; très rapidement nous avons ouvert le site à tous les types d’emploi.

L’annonce Flash est aujourd’hui une option supplémentaire que nous proposons mais ça va prendre du temps pour éduquer l’offre et la demande.


Valérie Demyttenaere :
Compte tenu de la situation du marché de l’emploi en France d’une part, et d’autre part de son aspect « mobile », une offre telle que la vôtre est certainement promise à un bel avenir. Que vous manque-t-il aujourd’hui pour réellement « décoller » ?

Aujourd’hui le marché de l’emploi est très tendu du côté des recrutements et les recruteurs ne sont pas prêts à payer des sommes folles pour trouver un candidat puisque beaucoup de personnes sont disponibles ; là-dessus notre business model basé sur le Freemium est particulièrement intéressant.

Sur l’aspect mobile nous n’en sommes qu’au début mais nous sommes persuadés que les candidats vont postuler de plus en plus depuis leur téléphone. Aujourd’hui pour réellement décoller il nous faut surtout du temps pour faire connaître notre service…


Valérie Demyttenaere : Quelles sont aujourd’hui vos perspectives d’avenir ? Le site peut-il s’ouvrir au marché du recrutement des cadres ? Pensez-vous pouvoir exporter votre concept à l’international ?

Les perspectives sont très larges, nous avons pas mal de choses dans les starting blocks ; le marché des cadres nous semble en revanche verrouillé et devrait sortir du champ des petites annonces classiques.

Exporter le concept à l’international est en revanche tout à fait envisageable et 2013 devrait être intéressant à ce niveau là…


Valérie Demyttenaere : Merci à tous les deux. Où pouvons-nous vous retrouver sur la Toile ?

Sur notre site bien sûr, mais aussi sur Twitter et Facebook.