Florent Hernandez: Bonjour Mr Chirol, pouvez-vous commencer par vous présenter rapidement à nos lecteurs ? Quelles sont vos activités et quel est votre rôle exact chez Panasonic ?

 

Julien Chirol: Je suis en charge du développement commercial chez Panasonic solaire depuis 3 ans avec un focus particulier sur la France et le Benelux. Depuis un an je m’occupe du développement des « nouveaux pays du photovoltaïques » comme le Danemark, la Slovénie, Israël, l´Ukraine, les pays d’Afrique du Nord… Enfin, depuis quelques mois j’ai également intégré la division « Eco Solutions » qui va regrouper tous les produits Panasonic pour construire les maisons du futur.

 

Florent Hernandez: Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette nouvelle division « Eco Solutions » ? Quel est son rôle ?

 

Julien Chirol: Il faut savoir que Panasonic se structure en divisions verticales, chaque division correspondant à une famille de produits. La division Eco Solutions sera elle transversale, c’est-à-dire qu’elle prendra dans chaque autre division les produits qui pourront constituer la maison ou la construction du futur, pour offrir une solution écologique complète Panasonic. On retrouvera donc des produits comme les modules photovoltaïques, des systèmes de stockage de l’énergie, des pompes à chaleur, des systèmes de gestion intelligente de l’énergie, des LED, des piles à combustible, le tout proposé dans un même package.

 

Les packages seront bien sûr adaptés aux demandes des différents marchés européens.  Notre force est d’avoir déjà une palette de produits de haute qualité, ce qui permettra d’offrir ces solutions sans avoir à dépendre de sous-traitants. De plus, au Japon où est notre siège, ce type de système se banalise rapidement, nous bénéficions déjà d’expériences réelles sur ce nouveau marché.

 

Florent Hernandez: Panasonic semble donc miser sur le photovoltaïque, avec de nombreux investissements. Quels sont les produits, services, technologies que Panasonic propose ou va proposer dans un avenir proche ? 

 

Julien Chirol: Il est vrai que nous comptons développer fortement notre division photovoltaïque en nous démarquant avec des produits uniques ou à forte valeur ajoutée. Nous poursuivons donc le développement de notre technologie HIT qui nous permet d’avoir un rendement surfacique supérieur de 30 à 40% par rapport aux technologies classiques. Les modules de nouvelle génération sont prévus pour 2014.

 

De plus, nous relancerons également d´ici 2013 notre nouveau HIT Double, le seul module au monde permettant de générer de l’électricité des deux côtés. Ceci nous permettra de gagner des parts de marchés sur le tertiaire et l´industriel.

 

Enfin, nous lancerons très vraisemblablement des onduleurs bidirectionnels intégrant des batteries pour le stockage de l´énergie dans les deux années à venir. Nous sommes leader mondial sur les batteries Li-ion et nous sommes numéro un au Japon sur les onduleurs photovoltaïques. Nous avons donc en interne la technologie et le savoir-faire pour réussir.

 

Au niveau des services, l´idée est d´arriver à offrir un package à court terme avec modules, onduleur, batterie… Nous envisageons également les possibilités d’ajouter une option de financement.

 

Florent Hernandez: Et dans un avenir plus lointain, quel sont les objectifs et ambitions de Panasonic sur ce marché ? 

 

Julien Chirol: Le but du groupe Panasonic est de devenir l´entreprise numéro un dans l´innovation verte dans le secteur électronique. La division Eco Solutions sera bien sûr moteur pour arriver à atteindre cet objectif. Nous comptons donc prendre de la hauteur par rapport au marché du seul photovoltaïque, amené à être de plus en plus banalisé et où les produits du Sud Est asiatique domineront.

 

Notre objectif est donc bien de travailler sur l’intégration de notre savoir et de nos technologies sur le photovoltaïque sur des segments à forte valeur ajoutée. La construction de la maison du futur ou l´intégration du solaire dans les véhicules en sont de bons exemples.

 

Florent Hernandez: Aujourd’hui, l’industrie, le high tech, ne sont pas franchement proches de l’écologie dans l’opinion publique. Que pensez-vous de cela ? Quelle communication mettre en place pour rapprocher dans les esprits « Technologie » et « Environnement » ? 

 

Julien Chirol: C´est une vérité particulièrement d´actualité avec la crise financière que nous subissons. C´est en fait un bras de fer entre les entreprises « traditionnelles » et un secteur innovant qui mettra à mal le modèle économique actuel. Il faut trouver un compromis, et c’est la responsabilité de chacun :

– Les gouvernements qui se doivent d´être plus neutres et indépendants afin de véritablement servir l´intérêt des citoyens actuels, tout en pensant aussi aux générations futures.

– Les médias qui ont le plus d´influence sur l´opinion publique. Ils doivent faire appel à de véritables experts pour s´assurer de la véracité de leurs propos.

– Les entreprises et leurs dirigeants qui doivent accepter un comportement plus responsable, quitte à diminuer leurs profits ou leur budget marketing. Les gouvernements pourraient également les motiver via des aides.

– Les particuliers qui doivent agir de façon plus rationnelle, en ne pensant pas seulement à leur confort mais également à ce qu´entraîne leurs achats pour le futur. Les dernières générations ont oublié cela et c´est pourquoi nous nous retrouvons dans la crise environnementale actuelle. C´est bien sûr aussi lié à une volonté de s´informer sur ces problèmes et à la disponibilité d’informations fiables.

 

Enfin, une communication orientée sur le futur de nos enfants et sur les économies financières potentielles doit être mise en place par ces différents acteurs afin de réconcilier technologie, environnement et avenir.