Nous avons eu le plaisir d’interviewer Guillaume Potier, membre de l’équipe de la prometteuse start-up Balloon, solution d’évènementiel 2.0. Nous revenons avec Guillaume sur l’aventure Balloon, son parcours, le futur de la société et sa vision de l’entrepreneuriat.

Florent Hernandez : Bonjour Guillaume, peux tu commencer par te présenter, ton parcours, tes activités et ce qui t’a amené dans ce monde de l’entrepreneuriat ?

Guillaume Potier : Guillaume, 25 ans, niçois d’origine, j’ai suivi une formation d’ingénieur informatique aux Mines de Saint Etienne (ISMIN) que j’ai poursuivi par un Mastère d’une année à HEC avant de me décider à me lancer dans l’entreprenariat sur Paris avec deux acolytes, Andrei et Romain.

 

FH : Peux tu nous présenter Balloon ? Quel est le principe général ?

GP : Balloon est une startup parisienne qui développe des applications web et mobiles permettant de collecter et d’analyser des questions, des idées, du feedback dans tous types de meetings.

Nous avons près d’une centaine de clients, comme L’Oréal, Total, Google, le Medef, Capgemini, Havas… Nous avons couvert plus de 300 événements allant de 10 à 2500 users simultanés, échangeant/participant en temps réel. Nous opérons en grande partie encore à Paris mais couvrons désormais régulièrement des événements à New York, à Shanghai, à Rome, à Stockholm, à Dubai, à Sydney…

Nous venons de terminer notre incubation à l’incubateur d’HEC Paris et nous sommes aujourd’hui une fine équipe de 8 personnes complémentaires (3 Dev guys, 4 Biz guys et un Product guy) en plein coeur de Paris dans nos nouveaux locaux :)

 

FH : Quelle est la clé du succès de Balloon ? Pourquoi la solution fonctionne-t-elle ? 

GP : Le mot « succès » est peut-être un peu trop élogieux ou encore trop prématuré ;) Plusieurs facteurs ont fait que nous en sommes là actuellement, j’en retiendrai trois tout particulièrement:

  • L’équipe: nous sommes trois fondateurs complémentaires et nous attachons à exceller chacun dans notre domaine de compétence : Andrei s’occupe à merveille de toute la partie commerciale, Romain ne se contente pas seulement de réfléchir et designer le produit mais aussi de gérer tous les aspects administratifs et chronophages au quotidiens de Balloon. Quant à moi, je m’occupe de veiller au bon développement technique de notre solution.
  • Notre philosophie : le modèle Lean Startup. Nous nous efforçons de placer nos clients au coeur de nos réflexions ainsi que de sortir régulièrement de nouvelles moutures de notre solution prenant compte de la plupart de leurs feedbacks. Nous conservons une solution simple, épurée de tout le superflu, et itérons au mieux sur les différentes briques que nous testons avec nos clients les plus fidèles.
  • La chance: plusieurs facteurs chance nous ont porté au début de notre aventure. Un « time to market’ propice au lancement de notre produit, des premiers clients payants alors que nous étions toujours étudiants ou encore une forte viralité que nous n’avions pas envisagé : en effet, la plupart des personnes utilisant nos solutions dans un meeting / une conférence sont à leur tour amenées à en organiser et utilisent notre solution qu’ils ont déjà donc testé en conditions réelles.

 

FH : A qui s’adresse cette solution ? 

GP : Notre solution s’adresse à tout type de public : de la grosse boite du CAC40 qui organise des séminaires en interne avec nombre de leurs collaborateurs (L’Oréal, Total, SNCF..) à l’association (MEDEF, Techcrunch..) en passant par l’éducation ou les plus petites entités (HEC, ESSEC, PME..).

 

FH : Quels sont les principales difficultés que tu as rencontré depuis le commencement de ton aventure avec Balloon ?

GP : Je crois que la plus grosse difficulté est celle que nous rencontrons actuellement : constituer et manager au quotidien une équipe talentueuse, efficace et créative! Nous sommes en bonne voie, Balloon recèle de perles rares, mais c’est certainement ce qui a demandé et demande encore le plus de travail et difficultés à nous trois fondateurs, quelque chose qu’on est forcé d’apprendre sur le terrain, en situation réelle et à laquelle nous n’étions pas bien équipés ;)

 

FH :  Quelle est ta journée type ?

GP : Ce qui est bien avec sa startup, c’est qu’il n’y a pas réellement de journée type. En grande partie il est vrai je m’occupe de mon pôle technique, encadrant mes développeurs, développant moi-même et travaillant sur le produit. Mais cette tâche de fond est agrémentée par des rendez-vous clients, des prestations pour de grands événements (Women’s Forum, L’Oréal à NYC, l’université d’été du MEDEF..), des points d’équipe, des rencontres d’investisseurs, du recrutement mais aussi des tâches insoupçonnées telles que de la peinture, de la pose de moquette ou encore du montage de meubles lors de notre récent emménagement ;)

 

FH : Balloon est une solution prisée dans le monde de l’évènementiel. Que penses-tu de « l’évènementiel 2.0″ ? 

GP : Je pense que dans peu de temps, une conférence, un meeting, un séminaire ou une formation non équipée d’outils interactifs / web (je pense à du Balloon, mais aussi à du streeming, des agendas, des outils de networking..) aura un goût bien fade pour les participants qui repartiront en n’ayant pas maximisé leur temps et leurs échanges durant ce déplacement.

 

FH : Comment vois-tu l’évènementiel dans 5 ans ? 

GP : Aucune idées vraiment. Nous n’avons pas vocation à devenir experts dans l’événementiel, mais plus dans la façon dont les gens se réunissent et interagissent. C’est sur ce point que nous nous efforçons de nous montrer visionnaires.

 

FH : Si tu avais 3 conseils à donner aux jeunes entrepreneurs qui vont lire cette interview, quels seraient-ils ?

 GP : Ces conseils sont bien évidemment tintés de mon expérience chez Balloon, mais cela serait plutôt ça :

  • Ne vous lancez pas seul ou mal accompagné, cherchez des profils complémentaires
  • Croyez impérativement à votre vision et votre produit : c’est l’unique chose qui vous fera tenir dans les moments durs. Monter sa startup ce n’est pas pour être riche, aménager ses horaires ou faire uniquement ce qui plait : ces points en découleront avec un peu de chance si vous avez eu raison dans votre vision et que vous vous y êtes accrochés jusqu’au bout.
  • Parlez. Beaucoup. A votre famille, à vos amis, à de potentiels clients, à d’autres jeunes entrepreneurs. Vous êtes en terrain inconnu, pas besoin de faire signer de NDA et de développer secrètement votre idée dans votre garage. Prenez tout le feedback que vous pourrez récolter. Adaptez, pivotez si besoin.

 

FH : Dans 2 ans, Balloon aura explosé world wide et aura été rachetée par une multinationale. Tu monteras alors une nouvelle entreprise. Qu’est ce que fera cette nouvelle société ? 

GP : Ahah. 2 ans, cela semble bien tôt ;) D’autant plus que nous avons encore tellement à accomplir, je ne sais pas si nous accepterions de vendre Balloon tant que nous aurons pas accompli notre objectif, et changé définitivement la façon dont les gens se réunissent et échangent.

Mais il est certain en effet, que je ne troquerais pas mes peines, mes joies, mes succès, mes fardeaux d’entrepreneur pour une vie d’employé. Un fois qu’on y a goûté je pense que c’est très dur d’y renoncer. Par contre, aucune idée pour la suite. Peut-être une société B2C pour changer un petit peu? Avec la même équipe ou une nouvelle qui sait? ;)

 

FH : Où peut-on trouver des infos sur vos prestations, fonctionnement, contacts…?

GP : Tout est disponible sur notre site internet : balloonup.com. Vous pouvez aussi suivre @balloon sur Twitter pour vous tenir au courant de nos événements, nouveautés. Quant à moi, vous pouvez aussi me retrouver sur Twitter à @guillaumepotier ou sur mon blog imctobitch.com pour continuer à échanger!