Florent Hernandez: Bonjour Mr Donot, pouvez-vous commencer par vous présenter brièvement ? Quel parcours vous a amené à diriger l’Argus de la Presse aujourd’hui ?

Alexis Donot: Je suis tombé très tôt dans la communication puisque j’ai débuté mon parcours professionnel chez Publicis en 1993 – J’étais en charge de la lettre d’information interne et je participais à l’organisation des différents événements sur lesquels l’entreprise était présente, comme par exemple Roland Garros ou le Trophée Lancôme. J’ai continué dans le même secteur puisque j’ai ensuite rejoint l’Argus de la presse pour monter un service Minitel à destination des professionnels des RP. Puis j’ai enchaîné sur le lancement d’une activité de veille audiovisuelle que j’ai dirigée et développée pendant 12 ans. En 2007, je suis devenu Secrétaire Général de l’Argus, en charge notamment des fonctions support, et en 2009, je suis devenu Directeur Général. C’est à ce moment-là que j’ai lancé un vaste projet d’entreprise appelé « Univers » et qui visait à nous repositionner sur le marché avec une nouvelle gamme d’offres tournée vers l’innovation et le service.

Aujourd’hui l’Argus de la presse compte 10.000 clients et réalise 43 millions de chiffre d’affaires avec 450 collaborateurs.

Florent Hernandez: Pouvez vous préciser rapidement à nos lecteurs l’activité de l’Argus de la presse ? Presse classique, veille, e-reputation, média sociaux… A qui s’adressent vos offres ?

Alexis Donot: L’Argus de la presse est une entreprise de service et de conseil en relations médias. Nous accompagnons nos 10.000 clients dans le développement de leur notoriété, la mesure de leur présence dans les médias et les réseaux sociaux, ainsi que l’évaluation de leur image. En définitive nous aidons nos clients à savoir ce qui se dit sur eux, sur leurs produits, leurs concurrents, leurs marchés dans l’ensemble des médias, qu’ils soient traditionnels ou 2.0 ; c’est vraiment une approche 360° unique en France. Nous les aidons à analyser et comprendre leur présence médiatique, et surtout nous les accompagnons pour optimiser leur visibilité et leur réputation.
Nos clients sont principalement des entreprises et des agences de communication, mais nous travaillons également beaucoup pour les collectivités locales, les administrations, les associations et le monde politique. En termes de taille, nos clients sont aussi bien des TPE que des multinationales. Finalement, toute organisation doit s’informer et piloter sa réputation, c’est stratégique, à fortiori à l’ère du 2.0.
La gamme d’offres que nous avons constituée vise à les accompagner sur l’ensemble du cycle de la communication : identifier les réseaux d’influence que sont les médias et les journalistes ; mesurer la présence de leur marque, produits, dirigeants, personnalités dans les médias traditionnels et les médias sociaux ; et enfin analyser l’ensemble de cette médiatisation pour optimiser leur stratégie de communication.
Pour réaliser l’ensemble de ces prestations, l’Argus de la presse s’est organisée autour de 4 pôles d’activités.
• YOUNOMIE assure la mise en relation entre les médias et les professionnels de la communication. Une plateforme en ligne propose des outils de type CRM et rassemble plus d’un million de journalistes et de médias au niveau international.
• L’ARGUS DE LA PRESSE veille sur l’information et la réputation dans les médias traditionnels, soit 17.500 sources d’information (presse, radios, télévisions et web).
• AURA MUNDI veille sur l’information et la réputation dans les médias sociaux, soit 16 millions de sources web sur l’ensemble du globe.
• MAP INSITUT analyse et mesure l’impact de la médiatisation et de la réputation afin d’identifier d’éventuels axes d’amélioration.

Florent Hernandez: Votre positionnement est entre l’agence de RP, l’agence de e-reputation, voir l’agence marketing ou de communication… Vous semblez ne pas vous positionner sur un savoir faire précis, mais plutôt sur plusieurs cœur de métier, touchant aux médias, de manière plus transversale. Cette analyse est-elle bonne ? Voulue ? Et si oui, quels avantages ce positionnement offre-t-il ?

Alexis Donot: Notre positionnement répond à une logique puisque nous accompagnons nos clients sur l’ensemble de la chaîne de valeur des relations médias. Notre offre se décline en quatre pôles d’activités que j’ai présentés précédemment. Chacun de ces pôles est une entité à part entière et nos clients peuvent faire appel à l’ensemble, ou uniquement à un ou deux. Toutes les combinaisons sont possibles ; et à chaque fois ce sont des experts métier qui accompagnent nos clients. Nous cumulons différents savoir-faire qui se complètent et composent notre cœur de métier qui reste la veille de l’information et l’optimisation des relations médias. En quelques années notre positionnement a largement évolué avec une gamme d’offres à plus forte valeur ajoutée.

Etre présent sur quatre métiers est un atout formidable. Nos clients disposent d’un partenaire unique ayant des expertises complémentaires qui créent une sorte de cercle vertueux. Nos clients sont aidés dans leurs relations avec les médias, ils bénéficient d’une veille à 360°, et pour finir ils peuvent analyser l’ensemble de leur empreinte médiatique afin d’optimiser leur stratégie de communication. C’est ça notre promesse, et elle s’accompagne d’une GRC axée sur la proximité, l’écoute et l’accompagnement.

La notoriété et la réputation représentent aujourd’hui de tels enjeux que nous avons voulu développer des expertises appropriées et créatrices de valeur. Avoir une telle gamme d’offres présente de nombreux avantages pour nos clients et pour l’Argus car nous sommes devenus un partenaire qui travaille en proximité et qui adresse toutes les problématiques de relations médias. Tous les jours nous gérons des dossiers plus ou moins délicats, avec des exigences toujours plus fortes et nos clients doivent pouvoir compter sur nous 7 jours sur 7.

Florent Hernandez: L’argus de la presse a parfaitement pris le virage 2.0 en proposant des offres concernant les blogs, les réseaux sociaux etc… Quels changements cela implique-t-il en interne ? Les méthodes ne sont pas les mêmes, les attentes non plus, quels besoins d’adaptation avez-vous eu à fournir ?

Alexis Donot: L’Argus assure la veille du web depuis dix ans, en revanche nous avons étendu récemment notre offre à la veille des médias sociaux. Il s’agit ici des blogs, des forums, des commentaires et des réseaux sociaux comme par exemple Twitter et Facebook. Le spectre de recherche est très large puisque nous analysons 16 millions de sources. Il est clair que la veille des médias sociaux est différente de celle des sites web d’information, le métabolisme n’est pas le même. On est dans quelque chose de plus déstructuré, de moins prévisible. C’est un univers où chacun parle de tout, où les rumeurs et les informations non vérifiées pullulent ; il faut savoir trier. C’est d’ailleurs pour ça que cette gigantesque caisse de résonnance est devenue un enjeu stratégique pour les marques.

Pour suivre tout ce bruit médiatique, nous avons collaboré avec un partenaire spécialisé dans les technologies dédiées à l’analyse des contenus web. Aujourd’hui nous disposons d’une infrastructure performante qui détecte les informations en permanence. Celles-ci font ensuite l’objet d’un tri et d’un enrichissement réalisés par des experts du web. Nos clients bénéficient d’une plateforme en ligne où ils peuvent suivre en temps réel ce qui se dit. Ils peuvent savoir qui dit quoi, à qui, quand, où, et si les informations diffusées sont plutôt positives, neutres, ou négatives. Nos outils sont souples et peuvent à chaque fois s’adapter aux besoins spécifiques de chaque client. Nous disposons d’une multitude de widgets pour personnaliser l’interface et son contenu.

Nous constatons depuis quelques temps un intérêt grandissant de nos clients par rapport aux médias sociaux. Peu à peu ils ont pris conscience du formidable levier de communication, mais ils ont aussi identifié les risques. Vous avez maintenant deux milliards d’internautes qui informent et s’informent en permanence. On est entré dans l’ère de la recommandation, donc chacun a un avis sur un produit ou un service. On se met à tout noter : un film, un restaurant, une entreprise, un lave-linge ou un téléphone. On parle aussi énormément, de tout et parfois de n’importe quoi. On parle de son entreprise, de politique, on fait part de son humeur du jour et du train en retard. On constate que tout le monde se prend au jeu et les dérapages sont nombreux. Même nos personnalités politiques deviennent « Twitter addict ». Pour le meilleur et pour le pire aussi.

C’est un changement de paradigme avec lequel il faut composer. Et force est de constater que le web a introduit de la complexité dans le monde du marketing et de la communication ; raison pour laquelle nous avons développé une offre à forte valeur ajoutée qui mêle expertise web, accompagnement et nouvelles technologies.

Florent Hernandez: Quelles sont selon vous les prochaines évolutions technologiques ou comportementales dans votre secteur ?

Alexis Donot: Il y a un phénomène qui n’est pas récent mais qui s’accentue : le toujours plus vite, et évidemment le zéro défaut. Le temps est devenu le principal enjeu. Dès qu’il se passe quelque chose dans les médias, nos clients veulent le savoir dans un délai très court. Il y a cinq ans on raisonnait en heures, maintenant on parle en minutes. Pour y parvenir, au-delà de la performance de notre organisation, c’est la mobilité qui a grandement favorisé ces progrès. Tous nos clients sont équipés de smartphones et de tablettes. Nous avons donc développé des applications spécifiques qui permettent de consulter leurs informations en temps réel, quel que soit l’endroit ou l’heure. Ils peuvent par exemple visionner leurs retombées médias, les commenter et les partager. Ça a un côté magique de pouvoir regarder sur son iPhone ou son Blackberry un extrait TV diffusé un quart d’heure avant. L’information « partout et tout le temps » devient la norme, notamment dans le secteur des médias et de la communication. L’Argus s’inscrit pleinement dans cette dynamique « mobilité ».

Dans ce qui se dessine pour les années à venir nous voyons arriver l’intérêt grandissant pour l’analyse et le croisement des contenus. Nous allons de plus en plus vers des notions de « big data » pour faire ressortir plus d’intelligence de cette masse énorme d’informations. Et pourquoi pas du prédictif ? Les technologies permettent d’aller loin, maintenant il ne faut pas se tromper et se concentrer sur des choses simples et efficaces réellement attendues par le marché.

Florent Hernandez: Si vous deviez donner à nos lecteurs 3 conseils pour bien gérer leurs relations avec la presse et les médias dans leur ensemble… ? 

Alexis Donot: Bien définir ses objectifs de communication
Les objectifs sont différents d’une campagne RP à l’autre : développer la notoriété d’une marque, annoncer le lancement d’un produit, faire parler d’un événement, générer de l’audience sur un média en ligne…. Il est donc essentiel de bien définir sa stratégie de communication.

Bien définir sa cible et ses publics
On parle maintenant de relations avec ses publics. Pour une entreprise il peut s’agir de ses clients, de ses fournisseurs, de ses prescripteurs, de ses employés ou de ses actionnaires. Les messages et les canaux employés ne sont pas les mêmes, il faut vraiment segmenter. Du coup il faudra aussi cibler les bons journalistes et blogueurs, ainsi que les bons médias, pour s’assurer que le message est bien repris dans sa forme optimale et qu’il est vu et compris par les différents publics.

Utiliser les bons vecteurs de communication et notamment les médias sociaux
La montée en puissance des médias sociaux représente un levier de communication formidable qu’il faut s’avoir manier pour aller à la rencontre de ses publics. Le changement notable réside dans la diffusion toujours plus rapide de l’information à un auditoire très large qui peut devenir relai.
On cite souvent Twitter comme étant à l’origine de nombreuses informations. Tout le monde tweete, l’attaché de presse tweete sur une nouveauté, le journaliste tweete en live lors d’une conférence de presse, le consommateur tweete suite à une expérience ou à la lecture d’un article. Mais attention au « Twitter m’a tuer », les médias sociaux sont à utiliser avec méthode et discernement.

Et j’en profite pour vous inviter à lire notre dernière publication : Communiquez 2.0 les médias sociaux au service du marketing et de la communication sur le blog Culture RP http://culture-rp.com