Et de 184 ! En ce 6 juillet 2016, la compagnie du géant américain Google a fait l’acquisition de sa 184ème compagnie depuis le 12 février 2001, et leur rachat de Deja, une compagnie américaine spécialisée dans les réseaux Usenet. Et cocorico, il s’agit d’une compagnie française, nommée Moodstocks, pionnière en termes d’intelligence artificielle et de reconnaissance faciale, ce qui laisse présager de nouvelles merveilles par la société Google qui est tellement plus qu’un simple moteur de recherche.

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Certes, Google n’est pas la seule compagnie à racheter d’autres sociétés plus petites qu’elles mais plus spécialisées. Récemment, les rachats de la compagnie aérienne belge AER Lingus par International Airlines Group, ou le passage de Poker Stars du Rational Group au Amaya Group, pour des sommes assourdissantes, avaient déjà beaucoup fait parler.

Mais Google s’est vraiment déchaîné au cours de ces dernières années, et l’annonce de ses nouvelles acquisitions avait atteint des sommets en 2014, avec pas moins de 34 nouveaux partenaires. Toutefois, leur compulsivité s’était un peu calmée cette année, puisque Moodstocks est leur premier achat de l’année, mais il se situe sur un marché où Google ne s’était encore pas trop aventuré ouvertement jusque-là, plus penché sur l’Internet et la téléphonie mobile.

On retiendra comme leurs principaux coups d’éclats les rachats du système Androïd en 2005, d’AOL la même année, ou bien sûr de YouTube en 2006 et de Waze, le système de navigation GPS et avertisseur de radar, en 2013. Leur plus grosse dépense restant le rachat, pour une somme record de 12 milliards et 500 millions de dollars, de Motorola Mobility, en 2011, pour se placer au sommet de la concurrence d’Apple sur le marché des téléphones portables et applications mobiles.

La question que pose tous ses achats ne se situe pas du côté de Google, dont la logique totalitaire est connue de tous, mais plutôt du côté de ceux qui se font racheter, souvent anonymement, par une compagnie sans aucune mesure avec celle qu’ils étaient parvenue, souvent au prix de grands sacrifices, à créer.

Prenons donc l’exemple de Moodstocks, société créée en 2008 par deux parisiens, Denis Brulé et Cédric Deltheil. Cette compagnie avait développé une technologie de détection et d’identification de visages et d’objets via son smartphone. La compagnie a tout de suite tenu à rassurer ses clients actuels sur son site internet que rien ne changera pour eux … jusqu’à la fin de leur abonnement. Mais les responsables laissent également entendre qu’un petit temps de latence est à prévoir dans les prochaines semaines, le temps de finaliser l’accord et de définir une nouvelle feuille de route, que Google devrait leur dicter. Le prix du rachat n’a pas été précisé, mais il est fort à parier que les deux jeunes français n’aient plus à se soucier de quelconques fins de mois jusqu’à la fin de leur vie, Google étant d’un naturel généreux avec ses collaborateurs.

Il semblerait aussi qu’ils pourront continuer à travailler à Paris, en collaboration avec les équipes de recherche et de développement de Google. Une légère perte d’indépendance donc, mais à un prix qui ne fait pas hésiter, et surtout avec des moyens décuplés pour continuer à travailler de leur passion, sans souci du lendemain. Un confort, et l’assurance d’une retraite dorée pour les créateurs de Moodstocks, une nouvelle corde à son arc pour Google : l’accord semble clairement gagnant-gagnant.

Alors y a-t-il un perdant ? Car cette incroyable hégémonie de Google, et de ses 184 succursales, posent de nombreuses questions en matière de respect de la concurrence et de partage des pouvoirs. Quand il n’y aura plus personne à acheter, et que Google régnera sur nos ordinateurs, nos voitures, nos téléphones et nos maisons, le client lambda ne sera-t-il pas celui qui aura le plus perdu son indépendance ?