IL VIENT ANNONCER 3 GRANDES RÉVOLUTIONS DIGITALES

L’événement de la sphère web ce mois-ci, c’était bien évidemment LeWeb’11, avec quelques des grandes personnalités, de Google à Facebook, en passant par mille et unes start-up plus ou moins intéressantes. Mais un des intervenants était un peu plus éclectique dans cette nébuleuse technologique et contrastait de l’enthousiasme général. Tout le monde s’extasie de l’avenir glorieux des médias sociaux, lui voit tout le contraire. Portrait d’un homme à contre-courant, mais loin d’être illuminé.

Je vous présente donc George Colony, un PDG d’un cabinet de conseil tout à fait normal, Forrester Research, créé en 1983 et coté au NASDAQ. Mais derrière cette première façade plutôt banale d’un business-man qui a réussi dans le marketing et la technologie se cache un grand visionnaire, qui aime s’adonner à la contre-culture, aller creuser là où personne ne voit d’intérêt. Et là où il frappe fort, c’est de monter sur la scène de Le Web’11 et de mettre au grand jour des tendances qui pourraient fortement révolutionner l’avenir du web.

George Colony, PDG de Forrester à LeWeb’11

RETOUR SUR LES PRÉDICTIONS DE CE GOUROU DU WEB

Pour revenir rapidement sur son récent speech, que vous pouvez regarder via la vidéo un peu plus loin dans cet article, il y a quelques éléments importants. On oubliera malheureusement les citations de Socrate qui ne nous intéressent qu’accessoirement. George Colony est à mi-chemin entre consultant et météorologue. Il prédit la pluie et le beau temps de l’internet depuis quelques décennies et il n’a pas l’air de se tromper souvent, au point que toutes les grandes firmes américaines lui demandent conseil pour leurs stratégies de développement. La météo est un peu mitigée, et il nous annonce 3 grandes tempêtes sociales très prochainement. Des tempêtes, oui, car l’univers de la technologie est en perpétuelle évolution, et ces changements ne sont pas cycliques, mais imprévisibles. On ne s’y attend pas.

1. Le web va mourir : George Colony annonce la fin du web (le web étant cette partie de l’internet classique où l’on accède à une page en cliquant dans son navigateur sur son ordinateur – l’internet dans sa globalité ne va pas disparaître, loin de là, il faut savoir comprendre le vocabulaire de notre protagoniste). L’internet sera révolutionné par un univers d’applications, des écosystèmes organisés qui seront probablement signés Google, Apple ou Amazon, et même Microsoft, que Forrester voit bien revenir sur le devant de la scène.

2. La sphère sociale est saturée : On voit déjà cette tendance depuis quelques temps avec l’arrivée d’une nébuleuse de réseaux sociaux, toujours plus nombreux, toujours plus avant-gardistes. Il en sort tous les jours et on ne sait plus comment tous les utiliser. George Colony annonce au grand jour que les réseaux sociaux ont atteint leur limites, c’est fait. Il n’y a plus assez de temps ni de monde pour que ces réseaux sociaux continuent à croître. Il n’y a plus assez de temps dans une journée pour être sociable. Il nous indique que les américains passent plus de temps sur les réseaux sociaux qu’à prier, qu’à téléphoner, qu’à envoyer des e-mails ou à faire de l’exercice. Il va encore plus loin en annonçant, aussi inquiétant que cela puisse paraître, que ces mêmes américains consacrent quasiment autant de temps à tweeter et à mettre à jour leur statut qu’à s’occuper de leurs enfants ou faire du shopping, pourtant grand maître du temps libre aux États-Unis depuis très longtemps.

Autre élément, la population connectée est arrivée à son maximum ou presque. Que ce soit en Europe, aux États-Unis ou dans les grandes villes des pays en développement, le taux d’adoption des réseaux sociaux atteint jusqu’à plus de 95% de la population. C’est beaucoup et cela va être difficile de tabler sur de fortes croissances des chiffres des plateformes sociales.

George Colony vous donne un conseil d’ami très simple : si vous êtes en train de développer ou lancer un réseau social, aussi beau soit-il, arrêtez tout de suite, vous avez 99% de chances de ne pas réussir. Et il a même le tact de dire que toutes les plateformes sont une perte de temps pour les internautes, en citant clairement Foursquare, et qu’elles iront droit aux oubliettes, comme une sélection naturelle à la Darwin des réseaux sociaux, les mauvais perdront, et seuls les plus efficaces, les plus attractifs et utiles survivront.

3. Il reste beaucoup à faire dans l’univers de l’internet social : George Colony nous annonce une vague d’opportunités. La tendance est maintenant d’interagir avec les clients, de les accompagner, communiquer avec les adeptes d’une marque, construire des communautés; c’est l’entreprise sociale. On ne parlera bientôt plus des petits réseaux sociaux comme Foursquare ou des amateurs des livres de votre quartier. Cette dernière opinion est d’ailleurs en totale opposition avec la vision de Ben Parr, tête pensante de Mashable. Mais tout deviendra social.

Le speech de George Colony à LeWeb’11, à Paris

 

TOUJOURS UNE LONGUEUR D’AVANCE

George Colony estime donc que l’internet social est une bulle sur-estimée, sur-cotée par rapport à son importance réelle. On voit bien que la probable capitalisation boursière de 100 milliards de dollars de Facebook est démesurée par rapport à son chiffre d’affaires « ridicule » de quelques milliards, quand on compare ces chiffres aux autres grandes firmes internationales cotées en bourse. Cette bulle va exploser, pour donner naissance à un monde post-social où de nouveaux acteurs vont arriver et dominer le marché, à part si les acteurs actuels arrivent à adapter leurs stratégies pour mieux répondre aux exigences des internautes.

George Colony est un grand personnage. Son intervention a été quelque peu alternative et unique en son genre. Il a l’habitude de ces prises de position audacieuses, mais pas du tout infondées. On lui donne souvent les qualités d’honnêteté et d’authenticité. Il connaît son métier, il connaît l’industrie de la technologie et de l’internet depuis de nombreuses années, et il ne veut pas coller ses opinions à ce que disent ses confrères, mais veut partager selon des chiffres, les statistiques, les études de marché qu’il réalise, selon le monde réel et non pas sur les bruits qui courent. Et c’est une formule qui marche. Forrester dont il est à la tête est une des petites entreprises les plus dynamiques au monde selon Forbes et Fortune et un des endroits les plus agréables pour travailler. Il donne ses conseils devant les Nations Unies, dans les colonnes des plus grands journaux et sur les plus grandes chaînes américaines. Il peut se vanter de réaliser un chiffre d’affaires de plus de 250 millions de dollars et d’avoir un salaire de 1000 dollars par jour (oui, par jour) sans compter ses participations et autres rémunérations.

Au-delà de ses prédictions, dont on peut retrouver des analyses plus complètes sur le web, George Colony est avant-tout comme un conseiller particulier des plus grands CEO du web, comme par exemple Steve Ballmer de Microsoft, qu’il a accompagné durant de nombreuses années. Les têtes pensantes de la Silicon Valley le considèrent un petit peu comme une boîte à questions, dont les réponses éclairées leur permettent de décider leur future orientation. Il est unique dans son paysage et aime aller contre la pensée majoritaire, il ne se fie qu’à son instinct et à ses analyses, et non pas à ce qu’il peut lire dans un journal ou à ce que ses confrères disent et pensent. Il fait évoluer les managers avec leur temps. Sa façon de faire plaît, et surtout est récompensée puisqu’il est souvent cité dans Forbes ou Fortune parmi les grandes têtes pensantes de l’industrie technologique et le prestige de ses clients n’est plus à démontrer.