A l’heure où la crise économique imprègne le pays d’une morosité encore inégalée, et où le taux de chômage ne cesse de grimper, les plans sociaux se multiplient pour bon nombre d’entreprises françaises. Danone n’échappe pas à la règle, malgré le fait que la société s’y soit jusque-là toujours refusée.


Franck Riboud, l’homme derrière l’empire Danone

Fils d’Antoine Riboud, PDG de BSN (ancien nom du groupe Danone), Franck Riboud prend la relève de son père en 1996 alors que la famille ne détient qu’1 % du capital. Dès 1980, il  fait ses premières armes dans le groupe où il exercera un certain nombre de fonctions allant du contrôle de gestion, en passant par le marketing, et la vente.

Il sera ensuite directeur des ventes chez Heudebert avant d’être nommé, en septembre 1989, directeur du département chargé de l’intégration et du développement des sociétés nouvelles de la branche Biscuits. En juillet 1990, il prend la tête de la société des Eaux Minérales d’Evian en tant que Directeur Général et prendra ensuite, en 1992, la tête du département développement du groupe.

L’arrivée très stratégique de Franck Riboud à la tête du groupe permet ainsi de recentrer les activités de Danone autour de quatre grands métiers : l’eau, les produits laitiers frais, la nutrition infantile et la nutrition médicale. Il ne cessera de faire évoluer le groupe.


Une décision motivée par les cordons de la bourse

Suite au Conseil d’Administration qui s’est tenu le 12 décembre dernier, le plan social a été approuvé puis présenté aux partenaires sociaux le lendemain. Leur but avec cette démarche est d’effectuer une économie de 200 millions d’euros sur une période de deux ans afin de regagner en compétitivité en Europe. En effet, le groupe avait annoncé en mai dernier une baisse historique de ses ventes en Espagne, mais également une réduction de son profit dans plusieurs pays européens dans lesquels il est implanté.

Du fait de la crise, et notamment de la montée en puissance du hard discount et des marques premiums, les ventes de yaourts ont souffert en France et en Espagne. Cela pousse le groupe à booster sa compétitivité avec ce plan économique, une décision qui découle d’une double contrainte : casser les prix d’une part tout en faisant face à une augmentation continue du coût des matières premières. Aujourd’hui les 51 % de chiffre d’affaires réalisés dans les pays en voie de développement, et les 2/3 de bénéfices sur les marchés « matures » ne suffisent plus.

Avec ces décisions drastiques, Franck Riboud vise à remettre l’économie de Danone à flots, notamment face à la pression d’actionnaires et suite à l’arrivée, en novembre dernier, du financier américain Nelson Peltz au capital du groupe.


Protéger les salariés avant tout

Le groupe précise que les départs ne se feront que sur la base du volontariat et que seules les fonctions supports et de management sont concernées par cette coupe sur les emplois. Franck Riboud s’est engagé par ailleurs à ne pas toucher aux emplois dans les usines. Une affaire à suivre de près…