De plus en plus de sites communautaires dédiés au thème des voyages atterrissent dans les résultats de requêtes Google et veulent franchir la frontière du concept au business.

Chacun use de sa propre identité pour conceptualiser son idée auprès d’une assemblée d’early adopters, dans l’espoir de passer la douane sans encombre malgré un contrôle renforcé du grand public et une fouille approfondie des investisseurs. On comprend mieux la motivation de ces jeunes pousses quand on sait que d’après la Fédération e-commerce et ventes à distance (Fevad), les ventes des sites de tourisme (e-tourisme) pesaient 12 Mds d’euros en 2011  avec une croissance de 14% versus 2010. Mais comment s’imposer dans ce secteur ultra-concurrentiel ?

Citons pour références Travelavenue, Wipolo, Gogobot, Monnuage, Triip, Trip Tuner et gardons pour la fin ceux qui se prêtent au jeu de l’interview : Libertrip et Tripnco

Julien Poszywala, co-fondateur de Libertrip, «mi-réseau social, mi-planificateur de voyages» découvert récemment sur FrenchWeb, nous livre son point de vue :

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Maxime Pollet : Comment Libertrip, portail dédié à la conception de voyages et au partage communautaire, peut-il transformer nos façons de consommer du «voyage» ?

Aujourd’hui, la plupart des sites de voyages vendent du voyage comme des paires de chaussures, ce sont des sites e-commerce, avec des listes de prix et des formulaires. Ces sites ont complètement retiré le rêve, la découverte, l’inspiration, qu’on trouvait autrefois en agence de voyage.

A contrario, les nouveaux espaces réintroduisent de l’humain et de l’authenticité dans les échanges, car chacun peut contribuer. Ces sites dépoussièrent le forum de voyage car le contenu est présenté de façon structurée avec de jolis visuels, ce qui facilite le partage auprès de ses amis qui sont devenus des prescripteurs, comme l’était l’agent de voyage. Chez Libertrip, le voyage est représenté sous la forme d’une timeline, ce qui permet de bien le visualiser et d’avoir un voyage transportable sur les réseaux sociaux.

Le voyage démarre dès la préparation, et ces nouveaux sites l’ont compris.

Cette vision souligne l’opportunité que tentent de saisir ces nouveaux intermédiaires : apporter gratuitement des services innovants pour se différencier des pure players déjà établis tels que GoVoyages, Promovacances ou Lastminute et séduire de nouveaux profils de consommateurs.

Dans ce contexte, Ouriel Darmon et Damien Angeli, co-fondateurs du nouveau portail dédié au voyage collaboratif, 1er prix de la dernière édition des talents du CERED, nous présentent TripnCo.

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Maxime Pollet : Quelle nouvelle approche TripnCo, plateforme dédiée au Voyage Collaboratif, propose à ses membres ainsi qu’à ses partenaires tours opérateurs ?

TripnCo est à la croisée des chemins entre une agence de voyage, un réseau social et la mise à disposition d’outils d’organisation. Sur TripnCo, les membres (utilisateurs-voyageurs) comme les tours opérateurs sont représentés par leurs profils et peuvent discuter sur l’organisation de leurs voyages.

TripnCo permet de choisir un voyage parmi l’offre de professionnels et de particuliers, ou de proposer soi-même son propre voyage, puis de trouver des co-voyageurs pour partager cette expérience, partager les coûts fixes du voyage, partager une compétence ou encore réduire son empreinte écologique. Pour trouver ses co-voyageurs, on peut diffuser facilement son voyage sur ses réseaux sociaux, ou proposer son voyage aux tribus de passionnés de TripnCo (kitesurfers, passionnés de photo …).

Cette approche qui replace l’humain au centre de l’expérience du voyage, facilite les interactions entre co-voyageurs et organisateurs et exploite d’une manière innovante les nouvelles opportunités liées à l’essor des réseaux sociaux.

Si ces nouveaux portails de l’e-tourisme veulent créer de véritables communautés autour de leurs offres ou attirer des communautés déjà existantes, ils devront aussi se différencier auprès des cyberacheteurs par des avantages concurrentiels significatifs tels que le prix et l’attractivité de thématiques de voyages.

Pour y parvenir, tout en s’accordant des taux de commissions suffisants pour équilibrer leur résultat d’exploitation, ces nouveaux intermédiaires devront par ailleurs apporter à leurs fournisseurs, opérateurs de voyages, des volumes conséquents qui généreront suffisamment de chiffre d’affaires pour imposer leur business model sur le marché de l’eTourisme.