Béatrice Foucher, 48 ans, ingénieure de formation, a été nommée au 1er septembre 2012 Directrice du Programme Véhicule électrique chez Renault. Un timing parfait, qui coïncide avec le lancement de la Zoé (pour Zéro Émission), la citadine électrique de Renault au Mondial de l’auto de Paris, qui se tient du 29 septembre au 14 octobre.

Il y a trois semaines encore, Béatrice Foucher était directrice de produit de la marque, c’est-à-dire en charge de l’élaboration des futures Renault. Elle aura été la première femme à occuper ce poste stratégique au sein du groupe. Le ton est donné : Béatrice Foucher est une personne qui aime faire bouger les lignes !

A compter du 1er septembre 2012, Béatrice Foucher est nommée Directrice du programme Véhicule Électrique, rattachée hiérarchiquement à Philippe Klein, Membre du Comité Exécutif, Directeur Plan, Produit, Programmes du Groupe. C’est donc sur elle que reposera le lancement et le futur succès commercial (on le souhaite) de la Zoé, pierre angulaire de la stratégie électrique pour laquelle l’alliance Renault-Nissan BV a récemment investi la « bagatelle » de 4 milliards d’euros.

Plus qu’un pari technologique, la voiture électrique représente pour Béatrice Foucher un défi auprès des automobilistes et des entreprises, qu’il va falloir convaincre d’investir dans un véhicule dont l’autonomie est limitée à 150 km :

« Il faudra forcément du temps pour changer l’état d’esprit des gens, habitués depuis des décennies à faire 500 kms avec un plein. C’est évident qu’ils n’allaient pas se précipiter en disant qu’ils attendaient la révolution électrique ! », déclare Béatrice Foucher, réputée pour son pragmatisme et son franc-parler.

Diplômée en 1988 du titre d’ingénieure AGRO Paris Tech et d’un Master en Management Qualité à Centrale Paris / ESCP, elle s’est toujours vu travailler dans l’industrie. En 1989, agée de 25 ans, Béatrice Foucher pousse — « un peu par hasard » admet-elle — la porte de Renault, lors d’une campagne de recrutement lancée par l’équipementier automobile. Elle rentre à la Direction de la Qualité. L’univers, très masculin, ne l’a jamais empêché de trouver rapidement sa place au sein du groupe.

Elle rejoint en 1993 la Direction des Études Clientèles, puis en 1996 la Direction du Produit où elle occupe successivement les postes d’adjoint Chef de Produit Laguna 2, Chef de Produit Espace 4, Chef de Projets prospective, avant d’être nommée Directrice de Gamme M2S en 2005, puis Directrice du Produit en avril 2007.

 

Une touche qui fait toute la différence

Intégrer les études sociologiques, interpréter les tendances du marché et savoir faire confiance à son «flair» personnel, pour définir et concevoir à l’avance les modèles qui sortiront dans les cinq ans à venir, voilà la marque de fabrique de Béatrice Foucher.

Et pour cela, elle doit être en mesure de concilier des exigences bien souvent contradictoires — ingénieurs, designers, marketing — afin d’aboutir à l’émergence d’un modèle de véhicule qui se vendra.

 

Fin 2007, l’électrique : nouveau credo de la marque

Seulement trois mois après sa nomination, Carlos Ghosn, PDG de la marque au losange, annonce le lancement d’une gamme de voitures électriques. Et c’est à Béatrice Foucher que revient la responsabilité d’élaborer cette nouvelle gamme :

« C’était une idée de rupture. Il nous a fallu un an de réflexion pour nous fixer les idées. »

La Zoé est rapidement sortie des analyses clientèles : le véhicule répond au besoin d’une voiture « abordable » (15.700 euros, bonus écologique déduit), petit format, calibrée pour l’immense majorité des citadins dont l’usage quotidien de leur véhicule n’excède pas 100 km.

Pour Béatrice Foucher, l’autonomie reste — à tort ou à raison— le principal frein à l’achat d’un véhicule tout électrique. Mais elle reste persuadée que la révolution est en marche :

« Je pense qu’il y a une vraie prise de conscience collective des enjeux environnementaux, en particulier chez les jeunes. Pour mes enfants, je suis aussi vieille que la voiture thermique et le véhicule électrique aussi jeune que leur iPhone. »

© Frédéric Stucin