Patrice Pelata, l’ex-directeur général de Renault, qui avait dû renoncer à ses fonctions au sein du groupe en avril 2011, suite à la fausse affaire d’espionnage industriel, est nommé « Vice-Président Exécutif et Chief Automotive Officer » chez Salesforce.com, le spécialiste américain du cloud computing pour les entreprises.


28 ans au service de Renault

Âgé de 57 ans, cet ingénieur diplômé de Polytechnique et de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, avait rejoint le groupe Renault dès 1984 en tant que chef d’atelier. La fausse affaire d’espionnage qui secoue l’entreprise en 2011 met brutalement un terme à une remarquable ascension au sein du groupe. En effet, la mise à pied début 2011 de trois de ses cadres, injustement accusés par la direction d’avoir livré des informations hautement confidentielles au gouvernement chinois, révèle un malaise profond et diffus en interne quant à des méthodes brutales de management. Les médias se saisissent alors d’autant plus volontiers de l’affaire que celle-ci semble un moment prendre une tournure politique aiguë, en soulevant notamment la question de la protection du secret industriel et de la guerre économique.

La marque au losange voit son image se dégrader considérablement, sans que toutefois ses résultats financiers s’en trouvent par ailleurs affectés. Sa célèbre signature « Drive the change » est détournée sur la toile en « Change the driver », en référence à l’implication personnelle du très médiatique Carlos Ghosn, PDG du groupe, dans la gestion de l’affaire.

Devenu bras droit indispensable et fidèle de Carlos Ghosn, Pelata est acculé à la démission, actée par le conseil d’administration du 11 avril 2011. La presse évoque de fortes pressions élyséennes dans la réorganisation interne de l’entreprise et sa mise à l’écart. Personnage pourtant très apprécié au sein de l’entreprise – il aurait reçu plus de 200 messages de soutien de la part des salariés à l’annonce de sa démission – Patrice Pelata, qui conserve une place dans le groupe au sein de RNBV (une structure commune à Renault et Nissan, chargée de coordonner leurs activités) est toutefois relayé définitivement à l’ombre. Il finit par quitter l’alliance à l’été pour rejoindre une société californienne spécialisée dans les nouvelles technologies.


De l’industrie automobile aux nouvelles technologies

Ayant occupé diverses hautes fonctions au sein du groupe Renault-Nissan en France comme au Japon, ce spécialiste de l’industrie automobile internationale sera chargé de la mise en œuvre de la stratégie automobile de Salesforce. Sa mission consistera ainsi à formuler des propositions de technologies, notamment autour des réseaux sociaux et du cloud computing, pour le secteur automobile.

Revendiquant plus de 100.000 clients à travers le monde, Salesforce propose une palette de services BtoB de cloud computing, et parie sur « l’entreprise sociale et collaborative ». Le cloud computing, très en vogue actuellement dans le monde professionnel du numérique, désigne des services de stockage, de partage et d’exploitation de données informatiques à distance. Il offre ainsi à ses clients la possibilité de se lancer dans des projets internes comme externes, sans que toutefois les investissements coûteux en matériels et/ou logiciel informatiques qu’ils supposent ne viennent constituer un frein à leur lancement. Sans reposer sur des innovations technologiques fondamentalement révolutionnaires, le cloud computing s’apparente en fait à un service d’externalisation des capacités de stockage.