Anna Wintour, rédactrice en chef de l’édition américaine du magazine Vogue, voit ses responsabilités élargies et devient également directrice artistique de l’ensemble des publications du groupe Condé Nast, l’un des plus gros groupe de presse au monde. Si elle renforce ses pouvoirs dans le monde de la mode, elle devient également l’une des femmes les plus puissantes dans le secteur de la presse et des médias.

Avec son classique carré et ses lunettes noires, Anna Wintour est une icône de la mode, aussi bien prisée pour ses avis tranchés et pertinents sur les dernières créations et tendances, que reconnue pour son soutien à de jeunes designers en devenir.

Ce rôle additionnel est une promotion de taille pour celle qui s’occupait de la rédaction de Vogue US depuis 1988 et qui allait fêter son 25e anniversaire au sein de la sacro-sainte maison de mode. Elle supervisera donc le contenu éditorial des 18 magazines de Condé Nast, dont Vanity Fair, Wired ou encore GQ, des 27 websites ainsi que de toutes les applications pour mobile et tablettes. Elle remplace S.I. Newhouse Jr. qui, à l’age de 85 ans, avait commencé a se retirer des affaires depuis octobre 2012.

Condé Nast souffre, comme toutes les autres maisons de presse, de la crise économique et de la chute des tirages et du nombre de ses lecteurs au profit du support digital. Cette réorganisation hiérarchique n’est qu’une étape pour assurer la transition du support papier vers le numérique.

Les magazines de mode ont en effet entrepris des mesures drastiques de réduction des coûts pour les dépenses éditoriales (photo shoots, taxis, production), l’une des marques de fabrique de Condé Nast. Cela constituera l’un des objectifs d’Anna Wintour avec son nouveau rôle. Elle devra aussi dénicher de nouveaux talents et développer le design et l’esthétisme des publications de la maison d’édition. Selon elle, l’esthétisme « n’est pas lié a une machine ou un iPhone ou un iPad, mais aux personnes ».

Metteur en scène de cette réorganisation, Charles Townsend, PDG de Condé Nast, déclare qu’ « Anna a joué un rôle moteur dans le succès du groupe et c’est un grand privilège d’étendre son influence au reste de l’organisation ». Cette promotion met fin aux rumeurs sur son éventuelle nomination pour un poste d’ambassadeur des États-Unis en Europe au sein de l’équipe d’Obama. Business versus politique : est-ce mieux en terme de pouvoirs?